L’extrême droite allemande accuse les Eglises d’agir comme sous le nazisme
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L’extrême droite allemande accuse les Eglises d’agir comme sous le nazisme

Les églises en Allemagne, "peu importe qu'elles soient protestante ou catholique, sont totalement politisées", a déclaré Alice Weidel deux jours avant Noël

Alice Weidel,  co-dirigeante du parti de l'Alternative pour l'Allemagne, à Berlin après les élections allemandes, le 25 septembre 2017. (Crédit :Sean Gallup/Getty Images)
Alice Weidel, co-dirigeante du parti de l'Alternative pour l'Allemagne, à Berlin après les élections allemandes, le 25 septembre 2017. (Crédit :Sean Gallup/Getty Images)

L’une des chefs de file du parti Alternative pour l’Allemagne (AfD) a accusé les Eglises allemandes de rejouer le « même rôle peu glorieux qu’elles ont joué » sous le nazisme, la formation d’extrême droite se jugeant opprimée.

« Nous savons maintenant que les Eglises (en Allemagne), peu importe qu’elles soient protestante ou catholique, sont totalement politisées », a déclaré Alice Weidel à l’hebdomadaire Focus, selon des extraits d’un entretien à paraître samedi, deux jours avant Noël.

Les représentants de ces religions ont ces derniers mois vivement critiqué l’AfD et son discours anti-migrant et anti-islam. Pour Mme Weidel, ils sont donc coupables de collusion avec le gouvernement allemand de la chancelière Angela Merkel, ennemie jurée du parti d’extrême droite.

« La séparation de l’Eglise et de l’Etat n’est plus respectée » et « de larges pans des Eglises, à quelques exception près, jouent le même rôle peu glorieux qu’elles ont joué sous le IIIe Reich », a encore estimé cette haute responsable de l’AfD, formation habituée aux propos polémiques sur le passé nazi de l’Allemagne et qui a fait une entrée tonitruante au Parlement avec près de 13 % des suffrages lors des législatives de septembre.

Les Eglises protestante et catholique allemandes ont peu protesté en tant qu’institution contre le régime national-socialiste (1933-1945), l’opposition ou la résistance étant essentiellement le fait de pasteurs ou de prêtres isolés, rappelle l’agence de presse DPA.

Ces derniers mois, elles ont toutefois pris à plusieurs reprises position contre l’AfD et ses positions anti-migrants. L’évêque protestant de Berlin, Markus Dröge, a ainsi appelé les chrétiens à quitter l’AfD.

Alexander Gauland, à gauche, et Alice Weidel, candidats du parti d’extrême-droite Alternative pour l’Allemagne (AfD) au soir des élections générales, à Berlin, le 24 septembre 2017. (Crédit : John MacDougall/AFP)

« L’AfD est le seul parti chrétien qui reste » en Allemagne, a de son côté insisté Mme Weidel. Selon elle, l’Union chrétienne démocrate (CDU) d’Angela Merkel n’a rien de chrétien et « les valeurs chrétiennes n’y jouent plus aucun rôle », une référence à l’ouverture du pays à des centaines de milliers de demandeurs d’asile en grande majorité musulmans.

L’Alternative pour l’Allemagne, au contraire, dispose avec le groupe « Chrétiens dans l’AfD » d’une « association de croyants très grande et très forte », a-t-elle encore affirmé à Focus.

Parti islamophobe, anti-migrants et anti-système, l’AfD a fait une entrée en force le 24 septembre dernier à la chambre des députés où elle compte 92 députés, une première pour un parti de ce genre dans l’Allemagne d’après-guerre.

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