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Liban : le Hezbollah prêt à participer à nouveau aux réunions du gouvernement

Formé en septembre 2021 après 13 mois d'interminables tractations, le gouvernement ne s'est pas réuni depuis le 12 octobre à cause de tensions sur l'explosion au port de Beyrouth

Le leader du Hezbollah Hassan Nasrallah lors d'un discours retransmis par vidéo depuis un lieu secret pendant une cérémonie marquant l'anniversaire du prophète Mahomet dans une salle de Beyrouth, au Liban, le 22 octobre 2021. (Crédit : AP Photo/Hussein Malla)
Le leader du Hezbollah Hassan Nasrallah lors d'un discours retransmis par vidéo depuis un lieu secret pendant une cérémonie marquant l'anniversaire du prophète Mahomet dans une salle de Beyrouth, au Liban, le 22 octobre 2021. (Crédit : AP Photo/Hussein Malla)

Le groupe terroriste chiite libanais du Hezbollah et son allié, le mouvement Amal, ont annoncé samedi qu’ils étaient prêts à participer à nouveau aux réunions du gouvernement, après plus de trois mois de blocage politique ayant aggravé la grave crise économique du pays.

« Nous annonçons notre accord pour participer aux réunions du Conseil des ministres destinées à approuver le budget national et à discuter du plan de sauvetage économique et de tout ce qui concerne l’amélioration des conditions de vie des Libanais », ont affirmé les deux mouvements chiites dans un communiqué conjoint.

Formé en septembre 2021 après 13 mois d’interminables tractations politiques, le gouvernement ne s’est pas réuni depuis le 12 octobre en raison de tensions autour de l’enquête sur l’explosion dévastatrice du 4 août 2020 au port de Beyrouth qui a fait plus de 200 morts.

Pointées du doigt pour négligence criminelle, les autorités sont accusées par les familles des victimes et des ONG de vouloir torpiller l’enquête pour éviter des inculpations.

Une manifestante libanaise porte son chien et tient une pancarte lors d’une manifestation contre le groupe terroriste Hezbollah et la visite du ministre iranien des Affaires étrangères Hossein Amir-Abdollahian, Beyrouth, Liban, 6 octobre 2021. (AP Photo/Hussein Malla)

Les ministres du puissant Hezbollah pro-iranien et du mouvement Amal avaient notamment affirmé qu’ils boycotteraient les réunions du gouvernement jusqu’au remplacement du juge Tareq Bitar, chargé de l’enquête.

L’impasse politique a aggravé la crise économique qui frappe le pays depuis 2019 et qui a été classée par la Banque mondiale comme étant la pire au monde depuis 1850, avec une dépréciation inédite de sa monnaie et une paupérisation de la population.

Réagissant à l’annonce des deux mouvements chiites, le Premier ministre Najib Mikati a affirmé dans un communiqué qu’il « convoquera le Conseil des ministres pour une réunion dès qu’il recevra le projet de budget du ministère des Finances ».

Le Hezbollah et le mouvement Amal ont indiqué que leur décision de participer aux réunions gouvernementales constituait une « réponse aux besoins des citoyens », citant « l’effondrement du taux de change de la livre libanaise, le déclin du secteur public, l’effondrement des revenus et du pouvoir d’achat » de la population.

Le Premier ministre libanais Najib Makiti pendant une session du parlement confirmant le nouveau gouvernement dans un théâtre de Beyrouth connu sous le nom de Palais de l’UNESCO, le 20 septembre 2021. (Crédit : AP/Bilal Hussein)

Sur fond d’une inflation galopante, environ 80 % de la population au Liban vit en dessous du seuil de pauvreté selon l’ONU et la monnaie locale a perdu plus de 90 % de sa valeur sur le marché noir.

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