Liberman fustige Netanyahu pour sa politique du Hamas: « Une véritable reddition »
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Liberman fustige Netanyahu pour sa politique du Hamas: « Une véritable reddition »

Le chef d'Yisrael Beytenu dit que le Premier ministre n'a jamais réussi à assurer la sécurité des habitants du sud et qu'il n'a "aucune réponse ou solution" à la violence en cours

Raoul Wootliff est le correspondant parlementaire du Times of Israël

Avidgor Liberman, le président d'Yisrael Beytenu, s'exprime lors d'un meeting du parti à Neve Ilan, à l'ouest de Jérusalem, le 22 septembre 2019. (Noam Revkin Fenton/Flash90)
Avidgor Liberman, le président d'Yisrael Beytenu, s'exprime lors d'un meeting du parti à Neve Ilan, à l'ouest de Jérusalem, le 22 septembre 2019. (Noam Revkin Fenton/Flash90)

Au milieu d’une escalade de la violence avec Gaza, le chef d’Yisrael Beytenu, Avigdor Liberman, a violemment accusé le Premier ministre Benjamin Netanyahu dans un post féroce sur Facebook mercredi, l’accusant de « capituler » devant le groupe terroriste du Hamas et de n’avoir « aucune réponse ou solution » aux tirs de roquettes dans le sud.

Avec ce post, rédigé au cours de la deuxième journée d’intenses combats avec le Jihad islamique palestinien après l’assassinat ciblé par Israël du commandant du groupe terroriste Baha Abu al-Ata, Liberman a attaqué le Premier ministre pour ses promesses répétées de détruire le Hamas et rétablir la sécurité au Sud d’Israël, sa politique actuelle envers les dirigeants de Gaza et son absence apparente de politique à long terme concernant l’enclave.

« Au fil des années, dans les campagnes électorales, Netanyahu et ses membres du Likud ont souligné qu’ils sont les seuls à pouvoir éradiquer le pouvoir du Hamas. En fait, Netanyahu ne fait que renforcer le pouvoir du Hamas », a affirmé M. Liberman, citant une vidéo de campagne diffusée par Netanyahu à la veille des élections de 2009, dans laquelle il promettait de « briser le gouvernement du Hamas à Gaza… et de rétablir la sécurité des résidents israéliens ».

« Jusqu’à il y a deux jours, la politique officielle de l’État d’Israël était que le Hamas était le souverain et était responsable de tout tir de roquettes depuis la bande de Gaza, quel que soit l’auteur des tirs », a dit M. Liberman.

« Depuis deux jours, Netanyahu a accordé une exemption au Hamas. Le Hamas n’a plus aucune responsabilité, petite ou grande, à Gaza et les tirs de roquettes sur Israël par des ‘forces rebelles’ ne sont plus du tout l’affaire du Hamas.

Des chars israéliens sont postés près de la frontière avec la bande de Gaza, le 13 novembre 2019. (EMMANUEL DUNAND / AFP)

Mardi matin à l’aube, des avions de chasse de l’armée de l’air israélienne ont tiré des missiles de précision sur un bâtiment du quartier Shejaiya de la ville de Gaza où se trouvait Abu al-Ata, haut commandant du Jihad islamique palestinien, l’éliminant et tuant sa femme, dans une opération conjointe de Tsahal et du service de sécurité du Shin Bet.

Depuis lors, au moins 250 roquettes ont été tirées sur des agglomérations israéliennes, tandis qu’Israël a mené plusieurs séries de frappes sélectives contre des cibles du Jihad islamique et des Brigades des martyrs d’Al-Aqsa.

Toutefois, Israël s’est singulièrement abstenu de mener des frappes contre le groupe terroriste du Hamas, les dirigeants de facto de la bande de Gaza. En général, comme Liberman l’a dit, le modus operandi de l’armée israélienne a été d’attaquer les cibles du Hamas en réponse à toute violence émanant de la bande de Gaza, car elle considère le groupe terroriste comme le souverain de cette enclave.

Le porte-parole de Tsahal, Jonathan Conricus, a déclaré mercredi qu’Israël avait envoyé des messages au Hamas, par l’intermédiaire de tiers non identifiés, exhortant le groupe terroriste à ne pas prendre part à cette série de combats et qu’en retour Tsahal ne lancerait pas de frappes contre lui.

« C’est une reddition à une organisation terroriste », a accusé Liberman. « Poursuivre la politique de normalisation transformera le Hamas en un nouveau Hezbollah à notre frontière sud dans trois ans. »

Liberman a déclaré qu’en dépit de la réponse israélienne, « il est clair qu’une nouvelle série de tirs n’est qu’une question de temps ».

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu fait une déclaration à la presse après une réunion du cabinet de sécurité suite à l’escalade de la violence dans la bande de Gaza, au Quartier général de l’armée, la Kirya, à Tel Aviv, le 12 novembre 2019. (Miriam Alster/Flash90)

Affirmant pour la deuxième fois qu’il avait cherché à assassiner de manière ciblée Abou al-Ata l’année dernière alors qu’il était ministre de la Défense mais que Netanyahu avait bloqué l’opération, M. Liberman a déclaré que « la lutte antiterroriste ciblée est une condition nécessaire mais pas suffisante pour surmonter le problème du terrorisme. Parallèlement aux assassinats ciblés que j’ai réclamés, une politique sur Gaza doit être formulée ».

« Jusqu’à ce jour, personne d’autre que moi n’a essayé de répondre à la question de savoir ce qui mettrait un terme [au problème] avec Gaza. Toutes mes tentatives de soulever la question pour une discussion au sein du cabinet et de formuler une politique différente à l’égard de la bande de Gaza ont été bloquées par Benjamin Netanyahu », a accusé Liberman.

« Au lieu de trouver une vraie solution, Netanyahu et ses amis du Likud sont occupés à calomnier toute la journée. Ils n’ont pas de réponses ou de solutions et refusent de tenir une discussion de fond sur la situation », a-t-il poursuivi.

M. Liberman a été ministre de la Défense jusqu’en novembre dernier, date à laquelle il a annoncé sa démission, affirmant que M. Netanyahu « capitulait » devant le terrorisme après la conclusion d’un cessez-le-feu entre Israël et des groupes terroristes palestiniens à Gaza après un violent barrage de deux jours comprenant 400 roquettes tirées par le Hamas et autres groupes terroristes sur Israël.

Liberman a ensuite retiré les six députés d’Yisrael Beytenu de la coalition pour protester contre la gestion par le gouvernement de la violence à la frontière avec la bande de Gaza, ce qui a provoqué la crise politique actuelle qui pourrait voir le pays se diriger vers un troisième tour des élections en moins d’un an.

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