Hamas et Jihad islamique saluent la démission de Liberman
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Hamas et Jihad islamique saluent la démission de Liberman

"Le gouvernement peut terminer son mandat. En tout cas, en attendant, le portefeuille de la Défense ira au Premier ministre Benjamin Netanyahu," a déclaré Tzachi Hanegbi

Le ministre de la Défense Avigdor Liberman dirige une réunion de faction de son parti Yisrael Beytenu à la Knesset, le 29 octobre 2018. (Miriam Alster/Flash90)
Le ministre de la Défense Avigdor Liberman dirige une réunion de faction de son parti Yisrael Beytenu à la Knesset, le 29 octobre 2018. (Miriam Alster/Flash90)

Dans un coup de théâtre, le ministre de la Défense, Avigdor Liberman, a annoncé mercredi sa démission et a appelé à la dissolution du gouvernement et à la convocation de nouvelles élections.

Le ministre a dénoncé devant la presse le cessez-le-feu comme une « capitulation devant le terrorisme ». « L’Etat achète le calme à court terme au prix de graves dommages à long terme pour la sécurité nationale », a-t-il dit.

« La ligne que nous avons suivie au cours des derniers mois est complètement fausse », a de son côté asséné M. Liberman, d’une voix posée.

Avec le cessez-le-feu en particulier, « nous avons apporté une réponse insuffisante, inadéquate et inacceptable au tir de 500 roquettes » contre Israël, a-t-il dit.

« L’Etat achète le calme à court terme au prix de graves dommages à long terme pour la sécurité nationale », a poursuivi Avigdor Liberman.

Liberman a aussi critiqué la décision du gouvernement de permettre le transfert de 15 millions de dollars qataris dans la bande de Gaza destinés principalement à payer les salaires des fonctionnaires du mouvement terroriste islamiste palestinien du Hamas.

« Nous devons nous entendre sur une date pour des élections le plus tôt possible », a-t-il dit, alors que l’échéance de la mandature est actuellement fixée à novembre 2019. L’annonce est survenue après une réunion du parti Yisrael Beytenu au cours de laquelle il a informé les députés de sa décision.

La veille, Liberman et d’autres ministres avaient sévèrement critiqué le Premier ministre Benjamin Netanyahu au sujet d’un cessez-le-feu qui aurait été conclu avec des groupes terroristes palestiniens à Gaza.

Le ministre de la Coopération régionale Tzachi Hanegbi à la Knesset, le 9 juillet 2017. (Yonatan Sindel/Flash90)

Le ministre du Likud, Tzachi Hanegbi, a déclaré au radiodiffuseur public Kan qu’il serait prêt à être lui-même ministre de la Défense si le poste lui était proposé.

Une source du Likud en réponse à la démission du ministre de la Défense Avigdor Liberman a déclaré qu’il n’est « pas nécessaire de procéder à des élections en cette période sécuritaire des plus sensibles » malgré le fait que la coalition perd cinq sièges avec la démission de Yisrael Beytenu.

Sans Yisrael Beytenu, la coalition détient toujours une majorité de 120 sièges à la Knesset. « Le gouvernement peut terminer son mandat », a-t-il dit dans un communiqué. « En tout cas, en attendant, le portefeuille de la Défense ira au Premier ministre Benjamin Netanyahu. »

Avigdor Liberman a déclaré lors d’une conférence de presse à Jérusalem que son parti Yisrael Beytenu, qui représente cinq sièges, quittait la coalition – un départ à effet immédiat.

Cette initiative laisse la coalition du Premier ministre Benjamin Netanyahu avec une très mince majorité de 61 membres du 120 à la Knesset, plongeant la législature dans une tourmente qui pourrait – mais pas nécessairement – entraîner des élections anticipées.

La démission de Liberman « renforce le fait que le Premier ministre a cédé à la terreur aux dépens des habitants du Sud », a déclaré le député Yair Lapid, chef de Yesh Atid.

Le groupe terroriste du Hamas a qualifié la démission du ministre de la Défense, Avigdor Liberman, de « victoire politique pour Gaza ». « La démission de Liberman est une reconnaissance de la défaite de l’impuissance [d’Israël] contre la résistance palestinienne », a déclaré le groupe terroriste au pouvoir à Gaza dans un communiqué. Le Hamas a déclaré que sa « fermeté » avait provoqué un « choc politique » en Israël.

Les Palestiniens de la bande de Gaza ont ensuite fêté la démission en distribuant des friandises. Les Palestiniens ont également brandi des drapeaux palestiniens et des pancartes montrant la tête de Liberman, agrémentée d’une rayure, avec le slogan « Gaza a renversé Liberman ».

Le groupe terroriste du Jihad islamique palestinien a aussi salué mercredi la démission d’Avigdor Liberman, disant que les mouvements terroristes de Gaza étaient parvenus à désorganiser la politique israélienne en plus d’avoir « dissuadé » militairement l’Etat juif.

« Admirez l’hécatombe politique infligée aux chefs de l’occupation incapables de faire face à Gaza », a dit le porte-parole de l’organisation dans une déclaration.

Les parents des soldats israéliens Oron Shaul et Hadar Goldin s’entretiennent avec la presse sous la tente de protestation à l’extérieur de la résidence du Premier ministre Benjamin Netanyahu à Jérusalem le 29 juin 2016. (Hadas Parush/Flash90)

La famille d’un soldat de l’armée israélienne dont la dépouille est détenue à Gaza par le groupe terroriste du Hamas a salué les propos du ministre de la Défense sortant Avigdor Liberman expliquant sa décision de démissionner.

Dans ses commentaires, le ministre de la Défense a spécifiquement cité l’importance du retour des dépouilles du lieutenant Hadar Goldin et du sergent Oron Shaul, ainsi que celui des civils israéliens Avera Mengistu et Hisham al-Sayed, détenus à Gaza, qui sont encore en vie.

« Nous remercions le ministre Liberman pour son positionnement fort et déterminé à nos côtés pendant son mandat et tout particulièrement récemment », a déclaré la famille Goldin dans un communiqué.

« Il ne peut pas y avoir d’accord [avec le Hamas] sans rapatriement préalable de nos soldats [tombés au combat] et des civils. La responsabilité de ce retour repose uniquement sur les épaules du Premier ministre [Benjamin] Netanyahu », a ajouté la famille.

A gauche, Avi Gabbay, à une conférence à Tel Aviv le 11 juillet 2017 ; à droite Yair Lapid à une conférence à Herzliya, le 22 juin 2017. (Crédit : Miriam Alster/Flash90 ; Jack Guez/AFP/Getty Images via JTA)

Le président de l’Union sioniste, Avi Gabbay, s’est félicité de la démission d’Avigdor Liberman de son poste de ministre de la Défense, en disant : « C’est ainsi que les choses doivent se passer. Quand on a échoué dans sa tâche, on démissionne », ajoutant que Netanyahu devrait suivre son exemple.

« Les habitants du sud ne sont pas en sécurité et le Premier ministre doit donc aussi démissionner. Il est responsable de la sécurité tout comme le ministre de la Défense », a accusé Gabbay dans un communiqué publié immédiatement après l’annonce de Liberman. « Procédons à des élections », a-t-il dit, en promettant qu’il sera en mesure de « rétablir la sécurité ».

La vice-ministre des Affaires étrangères, Tzipi Hotovely, est la première haute responsable du Likud à dénoncer la démission de Liberman, le qualifiant d’homme politique « cynique ». « Il n’y a pas un seul citoyen en Israël qui regrette sa démission. Le gouvernement de droite peut fonctionner sans lui », a-t-elle déclaré.

Le parti HaBayit HaYehudi exige le portefeuille de la Défense suite à la démission d’Avigdor Liberman comme condition pour rester dans la coalition de Benjamin Netanyahu. « Le moment est venu de confier à Naftali Bennett et à HaBayit HaYehudi le portefeuille de la Défense », a déclaré Shuli Moalem, chef du groupe HaBayit HaYehudi à la Knesset. Si le chef du parti Naftali Bennett n’est pas nommé ministre de la Défense, le parti « ne restera pas membre du gouvernement ».

Immédiatement après l’annonce, le parti Meretz, parti de l’opposition, a annoncé qu’il proposera un projet de loi visant à dissoudre la Knesset la semaine prochaine. La présidente du Meretz, Tamar Zandberg, s’est félicitée de cette démission, affirmant que le pays serait mieux sans « le ministre raciste et corrompu qui a dégradé la politique israélienne. »

La présidente du Meretz, Tamar Zandberg, dirige une réunion de faction à la Knesset le 12 novembre 2018. (Crédit : Miriam Alster / Flash90)
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