Liberman : L’Iran se gausse d’Israël après les fuites de Barak
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Liberman : L’Iran se gausse d’Israël après les fuites de Barak

Tout en fustigeant Barak, Liberman reproche également à Netanyahu de ne pas attaquer l'Iran de manière efficace

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu, le ministre de la Défense Ehud Barak  (à gauche) et le ministre des Affaires étrangères Avigdor Lieberman (assis) lors d'une conférence de presse conjointe à Jérusalem, le mercredi 21 novembre 2012 (Crédit photo: Miriam Alster / Flash90)
Le Premier ministre Benjamin Netanyahu, le ministre de la Défense Ehud Barak (à gauche) et le ministre des Affaires étrangères Avigdor Lieberman (assis) lors d'une conférence de presse conjointe à Jérusalem, le mercredi 21 novembre 2012 (Crédit photo: Miriam Alster / Flash90)

L’ancien ministre des Affaires étrangères d’Israël a déclaré qu’Israël devenait la risée internationale et perdait une partie de sa capacité de dissuasion en raison de fuites sur les plans avortés visant à frapper l’Iran et d’autres conversations classifiées.

Les Iraniens, a-t-il ajouté, se moquent désormais des déclarations israéliennes « hésitantes » sur une éventuelle option militaire.

Liberman, le chef de file du parti d’opposition Yisrael Beytenu, s’est exprimé sur la Deuxième chaîne après que la chaîne de télévision ait diffusé de nouveaux enregistrements de l’ancien ministre de la Défense Ehud Barak critiquant le Premier ministre Benjamin Netanyahu.

Vendredi, la même station de télévision avait diffusé des extraits de bandes dans lesquels Barak détaillait trois tentatives avortées de frapper l’Iran en 2010, 2011 et 2012.

Barak, révelait dans les bandes que lui, Netanyahu et Liberman voulaient frapper les installations nucléaires itaniennes, mais en ont été empêchés par une opposition intérieure.

Liberman a fait valoir que les fuites coûtaient à Israël en termes de crédibilité internationale, en lui faisant perdre la confiance d’importants partenaires qui ne partageront plus des informations sensibles, et portaient atteinte à sa capacité de dissuasion. La direction du pays est perçue comme « hésitante » et comme « bavarde », selon lui.

אחרי ההקלטות, מגיעות התגובות

Posted by ‎חדשות 2‎ on Sunday, 23 August 2015

Tout en fustigeant Barak pour les enregistrements, Liberman a également saisi l’occasion pour reprocher à Netanyahu de parler sans cesse d’une éventuelle intervention militaire en Iran sans au final agir.

« Quand nous disons que toutes les options sont sur la table, les Iraniens se rient de nous », a déclaré Liberman.

Netanyahu parle de l’impératif de contrecarrer le programme nucléaire iranien en le qualifiant « de la mission de sa vie », a dit Liberman.

« Mais s’il ne peut pas obtenir que la décision qu’il souhaite soit approuvée par son propre cabinet, alors il y a un problème. »

Cette dernière remarque faisait référence à la diffusion d’un enregistrement vendredi, dans lequel Barak affirmait que Netanyahu voulait frapper l’Iran en 2010 et en 2011, mais n’avait pas réussi à obtenir l’approbation des ministres et des responsables de la sécurité.

Lorsque Menahem Begin a décidé d’éliminer le réacteur Osirak de Saddam Hussein en 1981, a rappelé Liberman d’un ton approbateur, « il n’en a pas parlé » à l’avance. Au contraire, « nous nous sommes réveillés un matin et le réacteur irakien n’existait plus. »

Foreign Minister Avigdor Liberman visits the Menachem Begin Heritage Center in Jerusalem on the 20th anniversary of former prime minister Begin’s death, Feb 27, 2012. (photo credit: Kobi Gideon / Flash90)
Avigdor Liberman visitant le Centre Menachem Begin à Jérusalem pour le 20e anniversaire de la mort de l’ancien Premier ministre, le 27 fevrier 2012. (Crédit photo: Kobi Gideon / Flash90)

Netanyahu avait cherché dimanche à minimiser l’impact des enregistrements de Barak, dont le premier avait révélé vendredi les délibérations israéliennes sur des attaques militaires contre l’Iran qui finalement ont été abandonnées, et le dernier – publié dimanche – dans lequel Barak qualifiait Netanyahu de « faible et indécis ».

« Le temps est venu de mettre un terme aux propos irresponsables sur les questions relatives à la sécurité du pays », a déclaré Netanyahu, selon la Deuxième chaîne.

La chaîne a diffusé dimanche de nouveaux extraits d’enregistrements de Barak, l’ancien ministre de la Défense de Netanyahu, faits apparemment au cours de conversations liées à la redaction d’une nouvelle biographie sur lui-même écrite par Danny Dor et Ilan Kfir.

Prime Minister Benjamin Netanyahu and Defense Minister Ehud Barak on Wednesday, November 14, the first day of Operation Pillar of Defense (photo credit: Kobi Gideon/GPO/Flash90)
Le Premier ministre Benjamin Netanyahu et son ministre de la Défense Ehud Barak le 14 novembre 2012 (Crédit photo : Kobi Gideon/GPO/Flash90)

« Bibi [Netanyahu] est faible, il ne veut pas prendre de mesures difficiles, sauf s’il y est obligé », disait Barak, en référence à la nomination par Netanyahu d’Avichai Mandelblit comme secrétaire du cabinet après que le nom de l’ancien procureur général ait été lié à l’affaire Harpaz – une tentative d’influencer sur le choix du nouveau chef d’état-major de Tsahal en 2010.

Barak a également critiqué Netanyahu pour sa difficulté à prendre des décisions.

« Bibi est plongé dans une sorte de pessimisme profond, et a tendance… devant choisir entre la peur et l’espoir, il préfère généralement la peur », selon Barak.

Le bureau du Premier ministre a déclaré dimanche que, « Netanyahu continue à agir de manière responsable et ferme pour le bien de la sécurité d’Israël et de ses citoyens, n’enterre pas sa tête dans le sable, désigne les dangers et les menaces telles qu’elles sont et agit avec détermination et esprit de décision, exactement comme il l’a fait il y a quelques jours en Syrie, et « comme il l’a fait dans des dizaines de décisions et d’opérations, dont certaines ne sont connues pas du public, et ce, pour de bonnes raisons. »

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