Liberman : Netanyahu a opposé son veto à l’assassinat de Abu al-Ata l’an dernier
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Liberman : Netanyahu a opposé son veto à l’assassinat de Abu al-Ata l’an dernier

Le chef d'Yisrael Beytenu déclare que le Premier ministre a "empêché de force" l'élimination du commandant du Jihad islamique palestinien à Gaza

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu (à droite) en compagnie du ministre de la Défense d'alors, Avigdor Liberman, lors d'une conférence de presse conjointe, le 30 mai 2016. (Yonatan Sindel / Flash90)
Le Premier ministre Benjamin Netanyahu (à droite) en compagnie du ministre de la Défense d'alors, Avigdor Liberman, lors d'une conférence de presse conjointe, le 30 mai 2016. (Yonatan Sindel / Flash90)

Le chef d’Yisrael Beytenu, Avigdor Liberman, a déclaré que le Premier ministre Benjamin Netanyahu avait bloqué l’année dernière l’assassinat ciblé du commandant du Jihad islamique palestinien Baha Abu al-Ata, une mesure prise par l’armée israélienne mardi.

« Il y a un an, Netanyahu a refusé l’assassinat ciblé [d’Abou al-Ata] et n’a pas réagi. Je pensais il y a un an que son heure était venue, mais le Premier ministre l’a empêché de force », a déclaré M. Liberman sur le site d’information Walla.

Selon la Douzième chaîne, les hauts gradés militaires israéliens s’opposaient à la frappe à l’époque, ce qui a incité Netanyahu à abandonner ce projet.

Mardi matin à l’aube, des avions de chasse de l’armée de l’air israélienne ont tiré des projectiles de précision sur un bâtiment situé dans le quartier Shejaiya de Gaza où se trouvait le commandant Abu al-Ata, l’éliminant et tuant sa femme, dans une opération conjointe de Tsahal et du service de sécurité Shin Bet.

Selon Tsahal, Abou al-Ata était le véritable « commandant en chef » du Jihad islamique dans la bande de Gaza, ayant ordonné au groupe de mener la plupart des importantes attaques à la roquette et aux frontières depuis l’enclave palestinienne ces derniers mois et prévoyant de faire davantage.

Le chef du Jihad islamique palestinien Baha Abu al-Ata attend à Gaza, le 21 octobre 2019. (Crédit : STR/AFP)

Peu après son assassinat, des terroristes ont commencé à lancer plus de 160 roquettes à courte et longue portée, la majorité d’entre elles sur les agglomérations israéliennes entourant Gaza et un petit nombre sur les grandes villes du centre du pays pendant toute la matinée. En réponse, l’armée israélienne a lancé une campagne de représailles aériennes contre le groupe terroriste du Jihad islamique palestinien à Gaza.

Lors d’une conférence de presse télévisée, M. Netanyahu a déclaré que le cabinet de sécurité avait discuté, au cours des derniers mois, de la possibilité de mener une opération visant Abu al-Ata, le qualifiant de « bombe à retardement », et qu’une décision finale avait été prise il y a dix jours étant entendu que Tsahal et le Shin Bet exécuteraient cette opération au moment voulu.

Certains députés de l’opposition ont accusé Netanyahu d’être motivé par des considérations politiques pour avoir ordonné la frappe, tandis que d’autres ont appelé à l’unité face aux attaques à la roquette et demandé que la politique soit laissée de côté.

Ces dernières semaines, des responsables militaires israéliens ont fait allusion à l’inscription d’Abu al-Ata sur leur liste d’assassinats ciblés, divulguant son nom et sa photo aux médias dans ce qui était largement considéré comme une menace tacite. L’assassinat ciblé d’un dirigeant palestinien à Gaza est un événement rare.

M. Liberman a été ministre de la Défense jusqu’en novembre dernier, date à laquelle il a annoncé sa démission, affirmant que M. Netanyahu « capitulait » devant le terrorisme après qu’un cessez-le-feu eut été conclu entre Israël et les groupes terroristes palestiniens à Gaza à la suite d’un barrage féroce de plus de 400 roquettes tirées par le Hamas et d’autres groupes terroristes sur Israël pendant deux jours.

Liberman a ensuite retiré les six députés d’Yisrael Beytenu de la coalition pour protester contre la gestion par le gouvernement de la violence à la frontière avec la bande de Gaza, ce qui a provoqué la crise politique actuelle qui pourrait voir le pays se diriger vers un troisième tour des élections en moins d’un an.

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