Lille: Prison ferme pour un jeune homme pour apologie du terrorisme sur internet
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Lille: Prison ferme pour un jeune homme pour apologie du terrorisme sur internet

Le prévenu devait répondre de la publication sur les réseaux sociaux de photos et vidéos du groupe Etat islamique et de textes célébrant son action

Un homme devant son ordinateur. Illustration. (Crédit : Pixabay)
Un homme devant son ordinateur. Illustration. (Crédit : Pixabay)

Un jeune homme de 21 ans, converti à l’islam, a été condamné jeudi en comparution immédiate à Lille à 18 mois de prison dont 12 mois avec sursis probatoire pour apologie du terrorisme sur les réseaux sociaux.

À l’encontre de ce Roubaisien, arrêté quelques jours après la décapitation de Samuel Paty, le tribunal a suivi les réquisitions du procureur, qui avait demandé 18 mois de prison dont 12 assortis d’un sursis probatoire pendant deux ans avec obligation de soins, ainsi que le maintien en détention.

« Le tribunal pense que vous saviez très bien ce que vous faisiez », lui a dit le président, estimant que la détention devrait constituer pour lui « une forme de désintoxication ».

Le prévenu, aux longs cheveux noirs noués en queue de cheval, devait répondre de la publication sur les réseaux sociaux de photos et vidéos du groupe Etat islamique (EI) et de textes célébrant son action, entre 2019 et son arrestation le 19 octobre 2020.

Cet ancien élève sans problème de l’enseignement privé catholique a plaidé la « maladresse » et la « naïveté », le rapport brouillé avec le réel à cause des jeux vidéo, mais aussi la volonté d’informer. Son compte Twitter s’intitulait d’ailleurs « Informé ».

« Les 130 morts du Bataclan, vous pensez qu’ils ne sont pas vraiment morts ? », lui a lancé le procureur, Antoine Berthelot.

Les gens sont évacués de la rue Oberkampf à proximité de la salle de concert du Bataclan à Paris, le 14 novembre 2015. (Crédit : AFP PHOTO / MIGUEL MEDINA)

Parmi les publications qui lui sont reprochées, un texte publié sur Instagram où il vante l’action de l’EI au Sinaï égyptien, où l’organisation distribuerait des bonbons aux enfants et ouvrirait des centres de santé gratuits après avoir instauré la charia.

« Il se positionne comme un fact-checkeur, mais sa diffusion n’est pas factuelle, informative, mais bien évidemment apologétique, et il fait une apologie qui n’est pas grossière, c’est une démarche bien plus insidieuse, bien plus redoutable parce qu’elle est plus furtive », a estimé le procureur.

« C’est presque du négationnisme, même si le terme est impropre : on vient dire que le terrorisme n’est qu’une modalité d’une action légitime », s’est-il insurgé, pointant la publication de « contenus qui ont pour vocation de normaliser l’action de l’Etat islamique ».

Jamais condamné mais suivi par les renseignements territoriaux à la suite de sa conversion à l’islam en 2015, cet habitant de Roubaix, où il a un emploi, se serait progressivement rapproché du salafisme avant de basculer dans un lecture « ultra-radicale de la religion », a résumé le président.

Il a été interpellé trois jours après la décapitation du professeur d’histoire-géographie Samuel Paty.

Des proches et collègues de Samuel Paty pendant la Marche Blanche à Conflans-Sainte-Honorine, le 20 octobre 2020. (Crédit : Bertrand GUAY / AFP)

S’il n’est pas poursuivi pour cela, d’innombrables vidéos jihadistes ont été retrouvées sur son matériel informatique, parmi lesquelles celle de l’assassin présumé de Samuel Paty, en cours de montage.

« J’ai fouiné un peu trop loin avec ma curiosité, mais j’ai toujours affiché ma position contre les crimes commis », a assuré le jeune homme.

« Il est là pour payer pour tout le monde ! », a déploré son avocate, Me Nora Missouri, plaidant une « curiosité malsaine » de la part d’un « jeune homme perdu qui n’avait pas réfléchi à l’impact de ses publications ».

Elle a déploré que ses tweets condamnant les attentats ne soient pas mentionnés, dénonçant une « enquête faite à la va-vite », dans un dossier qui aurait mérité mieux qu’une comparution immédiate.

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