Lille : Retrouvailles entre des rescapés juifs et leurs sauveurs
Rechercher

Lille : Retrouvailles entre des rescapés juifs et leurs sauveurs

Le 11 septembre 1942, 24 cheminots lillois réussissent à sauver 34 juifs de la déportation vers le camp d'extermination d'Auschwitz

Plaque commémorative des rescapés juifs et des cheminots leur ayant sauvé la vie, cérémonie du 11 septembre 2016 (Crédit : Capture d'écran/France 3)
Plaque commémorative des rescapés juifs et des cheminots leur ayant sauvé la vie, cérémonie du 11 septembre 2016 (Crédit : Capture d'écran/France 3)

Le 11 septembre 1942, les Allemands organisent la déportation de 500 juifs depuis la gare de Lille Fives (Nord-Pas-de-Calais) vers le camp d’extermination d’Auschwitz.

Apprenant la nouvelle, des cheminots décident de se mobiliser afin de venir en aide aux déportés. Vingt-quatre cheminots mobilisés réussiront à sauver 34 juifs de la déportation.

Cette histoire est restée méconnue pendant près de soixante dix ans.

Grégory Celerse, historien, a permis à cet événement de sortir de l’ombre, après quatre années de recherches, rapporte le site France 3 régions. « Pratiquement personne à Lille, même à Lille, n’avait entendu parlé de ces cheminots. Il a fallu commencer à chercher, à croiser toutes les sources existantes, toutes les archives. On a retrouvé des gens (rescapés) en Israël, aux Etats-Unis, au Canada, » a déclaré l’historien à France 3.

Grâce à ce travail de recherche, les rescapés, les cheminots et leurs familles ont pu se rencontrer pour la première fois, le 11 septembre 2016, 74 ans jour pour jour après le sauvetage, lors d’une cérémonie très émouvante.

La cérémonie était organisée à Lille ou cinq rescapés avaient fait le déplacement, accompagnés de leur famille. Certains cheminots de l’époque, toujours en vie, étaient présents, les autres représentés par leur famille.

L’émotion était au rendez-vous. « Votre grand-père a sauvé ma mère, (…) et maintenant nous sommes six enfants », a déclaré la fille d’une des rescapées, venue pour l’occasion d’Israël.

Une autre jeune femme explique que sa mère a toujours voulu connaître l’identité de celui qui l’avait sauvée. « On ne serait pas là si Marcel et les autres cheminots n’avaient pas fait leur ‘devoir’ », a déclaré à l’occasion de la cérémonie, la fille d’une autre rescapée, des sanglots dans la voix.

« C’est une émotion telle, que j’ai du mal à résister, » a déclaré de son coté un rescapé, Jacques Stulzaft, sauvé par Marcel Hoffman, rapporte France 3.

D’après plusieurs témoignages, les cheminots n’avaient pas raconté à leur famille ce qu’ils avaient fait pendant la guerre, seuls les rescapés étaient au courant.

« Ça fait une émotion contrastée, parce qu’ils [les enfants des rescapés] ont toujours vécu dans cet esprit avec les parents qui ont raconté, et nous [les enfants des cheminots], on a découvert ça il y a six mois grâce à monsieur Celerse et ça fait bizarre », témoigne le petit-fils d’un cheminot.

Les noms des rescapés et de leurs sauveurs ont été gravés sur une plaque commérant cette date du 11 septembre 1942.

De son côté, l’historien Grégory Celerse a publié un livre intitulé Sauvons les enfants, aux éditions Les Lumières de Lille.

En savoir plus sur :
C’est vous qui le dites...