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L’influenceur gastronomique Jake Cohen nommé dans une plainte pour discrimination

L'homme est accusé de racisme, de sexisme ; il traiterait mal les employés de Feedfeed, leur criant dessus et leur tenant des propos offensants

Jake Cohen. (Crédit : capture d'écran YouTube)
Jake Cohen. (Crédit : capture d'écran YouTube)

New York Jewish Week via JTA — Jake Cohen, célèbre influenceur dans le milieu de la gastronomie, est nommé dans une plainte qui dénonce le racisme et le sexisme qui séviraient à FeedFeed, un réseau consacré à la gastronomie et « à ceux qui aiment cuisiner », précise le site, où il a été rédacteur et directeur des essais culinaires de 2018 à 2020.

Cette plainte fédérale pour discrimination a été déposée par deux anciennes employées de Feedfeed, Rachel Gurjar et Sahara Henry-Bohoskey, deux femmes de couleur, qui disent avoir subi de mauvais traitements et des violences verbales lorsqu’elles travaillaient au sein de l’entreprise, a fait savoir le Washington Post. Les fondateurs de Feedfeed, Dan et Julie Resnick, sont eux aussi mis en cause dans la plainte. Feedfeed possède des bureaux à Brooklyn et à Los Angeles.

Gurjar, embauchée au poste de coordinatrice des médias et Henry-Bohoskey, qui travaillait pour les réseaux sociaux de la firme, accusent Cohen de les avoir traitées sans respect aucun, leur criant dessus et tenant à leur égard des propos offensants. Elles prétenden également qu’il avait déconseillé à Gurjar d’avoir des enfants et qu’alors que la pandémie de coronavirus allait commencé, il avait déclaré : « Oh mon Dieu, j’ai tellement peur d’attraper le coronavirus parce que dans mon immeuble, il n’y a que des Asiatiques dingues, des riches qui reçoivent des colis qui viennent de Corée et de Chine ! »

« Mon manager Jake Cohen m’a harcelé, attaquée, il m’a hurlé des ordres dans le studio à des occasions multiples », a écrit Gurjar dans un communiqué paru sur Instagram où elle détaille les accusations.

Cohen, qui compte 599 000 abonnés sur Instagram et 1,4 million d’abonnés sur TikTok, est l’auteur d’un livre, Jew-ish: A Cookbook: Reinvented Recipes from a Modern Mensch, qui a été publié l’année dernière. Son fil Instagram est rempli de photos de plats juifs ; sa photo de profil est celle d’une challah de Shabbat et il évoque fréquemment les fêtes juives et la lutte contre l’antisémitisme sur les réseaux sociaux. L’année dernière, Jewish Week avait inscrit son nom dans sa liste des « 36 de moins de 36 » des jeunes Juifs « créateurs de changement » et, ces dernières semaines, Forward et Tablet l’ont présélectionné pour leur classement des personnalités juives sources d’inspiration et d’intérêt.

Cohen a reconnu, auprès du Washington Post, avoir tenu les propos sur les Asiatiques, disant le regretter mais il a ajouté que ses paroles avaient été déformées et qu’il avait, à ce moment-là, fait référence au film « Crazy Rich Asians », qui est sorti en 2018. Il a indiqué que sa discussion sur les enfants avec Gurjar avait plutôt porté sur son non-désir personnel d’enfant, et que ses propos n’avaient pas concerné sa collaboratrice. Dans une déclaration faite au Post, il a précisé que « j’ai traité tout le monde de manière équitable et juste chez Feedfeed et je n’ai jamais méprisé ou rabaissé celles et ceux qui travaillaient avec moi. »

Cohen a été sollicité par Jewish Week pour un commentaire. L’homme a quitté Feedfeed en 2020 pour travailler sur son livre et sur d’autres projets.

Selon le Post, la plainte met aussi en cause Giora Stuchiner, une ancienne employée israélienne de l’entreprise, qui aurait tenu des paroles racistes et offensantes à Henry-Bohoskey. Stuchiner aurait été renvoyée pour des propos profondément déplacés à l’égard d’un autre employé, fait savoir le journal.

Dans un communiqué, les fondateurs du site, Dan et Julie Resnick, ont affirmé que l’entreprise était attachée à la diversité et que la plainte décrivait un certain nombre de situations de manière erronée.

« Nous sommes profondément tristes d’en être arrivés là », ont-ils indiqué dans un communiqué, selon le Post. « Le nombre de mensonges et d’inexactitudes, de déclarations trompeuses sont trop nombreuses pour être mentionnées dans cette réponse brève mais tout sera présenté devant les juges ».

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