L’Irak publie des « aveux » de jihadistes français présumés transférés de Syrie
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L’Irak publie des « aveux » de jihadistes français présumés transférés de Syrie

L'Irak se considère compétent pour juger les jihadistes qui sont passés sur son territoire et prévoit jusqu'à la peine de mort pour quiconque ayant aidé une organisation terroriste

Un terroriste de l'État islamique brandissant le drapeau de l'organisation djihadiste. Illustration. (Crédit : Alatele fr/CC BY-SA/Flickr)
Un terroriste de l'État islamique brandissant le drapeau de l'organisation djihadiste. Illustration. (Crédit : Alatele fr/CC BY-SA/Flickr)

La justice irakienne a rendu lundi publics des extraits d’interrogatoires de trois Français parmi la dizaine de jihadistes présumés récemment transférés de Syrie vers l’Irak où ils seront jugés pour appartenance au groupe Etat islamique (EI).

Selon les propos rapportés par le Conseil supérieur de la magistrature irakien, la plupart de ces hommes -13 selon les autorités irakiennes, 14 selon ce communiqué – ont fait des « aveux » et expliquent avoir rejoint l’EI après avoir consulté sa propagande en ligne.

Les défenseurs des droits humains dénoncent régulièrement des risques de torture durant les interrogatoires en Irak ainsi que de procès inéquitables.

Selon la justice irakienne, un Français indique ainsi être entré illégalement en Syrie, puis avoir été rejoint par ses parents, son épouse et son frère. Il raconte avoir été recruté par un « ami » en Egypte, où il effectuait des séjours linguistiques.

« Il voulait aller combattre en Syrie et m’a convaincu, notamment en me montrant des vidéos de combat », a ainsi affirmé aux enquêteurs irakiens ce Français de 33 ans, converti à l’islam, que le Conseil ne nomme pas dans son communiqué.

Le texte indique néanmoins qu’il a vécu à Figeac (sud-ouest de la France), avant d’être arrêté avec son frère en Syrie.

Fin 2017, la milice kurde syrienne des YPG, qui constituent l’épine dorsale des forces antijihadistes en Syrie, avaient indiqué avoir arrêté Kévin Gonot, 33 ans, et Thomas Collange, 31 ans, deux demi-frères originaires de cette commune selon des informations de presse.

Un autre « Français de 37 ans » transféré de Syrie en Irak par la coalition internationale antijihadistes conduite par les Etats-Unis est cité.

Il n’est pas identifié mais uniquement présenté comme « d’origine tunisienne », ayant « servi dans l’armée française » et « résidé à Toulouse », dans le sud-ouest de la France.

L’homme affirme avoir servi dans l’armée française entre 2000 et 2010, notamment « en Afghanistan en 2009 ».

Comme le premier accusé cité, il a indiqué aux enquêteurs avoir d’abord rejoint le groupe jihadiste du Front al-Nosra en Syrie – ex-branche d’Al-Qaïda – avant de prêter allégeance au « calife » autoproclamé de l’EI Abou Bakr al-Baghdadi.

Tous disent être passés de Syrie en Irak, alors que de 2014 à 2017, le territoire contrôlé par l’EI s’étendait à cheval sur les deux pays, sur une zone vaste comme la Grande-Bretagne.

L’Irak se considère compétent pour juger les jihadistes qui sont passés, à un moment ou à un autre, sur son territoire et prévoit jusqu’à la peine de mort pour quiconque ayant aidé une organisation extrémiste, qu’il ait combattu ou non.

Ses juges ont déjà condamné trois Français à la perpétuité, dont un, Lahcène Gueboudj, 58 ans, affirmant avoir été capturé en Syrie, et une centaine d’étrangers, à la peine de mort.

Parmi les Français transférés en Irak, trois se sont convertis à l’islam tandis que les autres sont originaires ou descendants de parents originaires du Maghreb, a assuré lundi à l’AFP une source de sécurité irakienne.

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