L’Iran devrait bientôt rejoindre la banque de développement des BRICS
Soumis à de lourdes sanctions internationales, Téhéran mise sur les BRICS pour développer des circuits financiers alternatifs et réduire sa dépendance au dollar
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DUBAÏ, Émirats arabes unis – La République islamique d’Iran devrait prochainement rejoindre la Nouvelle Banque de développement (NDB), l’institution financière créée par les pays des BRICS, a déclaré le gouverneur de la Banque centrale iranienne, Abdolnasser Hemmati, cité mercredi par les médias d’État, à la veille d’une réunion des ministres des Finances du bloc en Inde.
Le régime iranien reste soumis à de lourdes sanctions américaines et internationales et n’a toujours pas conclu d’accord de paix mettant fin au conflit qui l’oppose aux États-Unis et à Israël, ce qui incite d’autant plus Téhéran à rechercher des circuits financiers alternatifs, en marge du système dominé par le dollar.
La guerre a éclaté le 28 février, lorsque les États-Unis et Israël ont lancé une offensive contre l’Iran avec pour objectif déclaré de détruire son programme nucléaire et d’empêcher Téhéran de se doter de l’arme atomique. Téhéran a riposté en fermant notamment le détroit d’Ormuz, ce qui a provoqué un choc énergétique mondial.
Téhéran cherche depuis plusieurs années à approfondir ses relations économiques avec la Russie et la Chine et à réduire sa dépendance à l’égard des circuits financiers dominés par les États-Unis, dans le cadre d’une stratégie visant notamment à atténuer l’impact des sanctions occidentales.
L’adhésion de l’Iran doit encore être formellement approuvée par le Conseil des gouverneurs de la banque. Le service de communication de la NDB a indiqué à Reuters ne pas être en mesure de confirmer les informations faisant état de la prochaine adhésion de l’Iran.
L’Iran a rejoint les BRICS en 2024, à la faveur de l’élargissement du bloc destiné à renforcer les liens économiques entre les économies émergentes, et a depuis clairement manifesté sa volonté de devenir membre et actionnaire de la NDB.
Pour l’Iran, rejoindre la NDB pourrait ouvrir une nouvelle voie de financement pour des projets d’infrastructure et de développement, tout en renforçant ses liens économiques avec les autres membres des BRICS. Une adhésion ne permettrait toutefois pas, à elle seule, de contourner les sanctions américaines ni ne garantirait à Téhéran un accès aux financements internationaux.
Créée en 2015 par le Brésil, la Russie, l’Inde, la Chine et l’Afrique du Sud, la banque finance des projets d’infrastructure et de développement durable. Elle s’est depuis ouverte à d’autres économies émergentes, notamment aux Émirats arabes unis et à l’Égypte.
« Le résultat le plus important de la coopération entre les pays membres des BRICS est la création de la Nouvelle Banque de développement, et notre pays en deviendra bientôt membre », a déclaré Hemmati, selon les médias d’État.
Hemmati doit participer à la première réunion des ministres des Finances et des gouverneurs des banques centrales des BRICS organisée par l’Inde, qui assure cette année la présidence tournante du bloc.
Les membres des BRICS cherchent à réduire leur dépendance au dollar américain en favorisant les échanges commerciaux et les transactions financières libellés dans leurs monnaies nationales.
Hemmati a déclaré que, selon Téhéran, les pays membres pourraient davantage commercer dans leurs monnaies nationales et que l’Iran souhaitait développer des mécanismes de coopération monétaire bilatérale et trilatérale avec d’autres membres du bloc.
La NDB a précisé que l’adhésion était ouverte à tous les États membres de l’Organisation des Nations unies (ONU), qu’ils soient emprunteurs ou non. L’Ouzbékistan en est devenu le dixième membre le 5 juin.
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