L’Iran profiterait de l’instabilité en Irak pour placer des missiles anti-Israël
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L’Iran profiterait de l’instabilité en Irak pour placer des missiles anti-Israël

Le NY Times cite des responsables américains qui affirment que les missiles menacent également l'Arabie saoudite et les troupes américaines stationnées dans la région

Illustration : photo publiée le 25 août 2010 par le ministère iranien de la Défense, prétend montrer le lancement du missile sol-sol à courte portée Fateh-110 par les forces armées iraniennes, dans un lieu secret. (Crédit : AP Photo/Ministère iranien de la Défense, Vahid Reza Alaei, HO)
Illustration : photo publiée le 25 août 2010 par le ministère iranien de la Défense, prétend montrer le lancement du missile sol-sol à courte portée Fateh-110 par les forces armées iraniennes, dans un lieu secret. (Crédit : AP Photo/Ministère iranien de la Défense, Vahid Reza Alaei, HO)

L’Iran profite des tensions dans l’Irak voisin pour y stocker des missiles balistiques à courte portée, selon un article publié mercredi.

Citant des officiels américains des renseignements et de l’armée, le New York Times a rapporté que le stockage de missiles faisait partie d’un plan iranien de projection de forces au Moyen-Orient alors que les Etats-Unis augmentent leurs forces militaires dans la région après une série d’attaques sur l’Iran.

Des officiels du renseignement ont déclaré que les missiles menacent des alliés américains comme Israël ou l’Arabie saoudite, mais aussi des soldats américains stationnés dans la zone.

Les officiels n’ont pas commenté le type de missiles que l’Iran fait acheminer en Irak, mais l’article notait qu’un missile à courte-portée avec une portée de 965 kilomètres pouvait frapper Jérusalem depuis Bagdad.

L’élue du Michigan Elissa Slotkin quitte une réunion du House Democratic Caucus au Capitole à Washington, le 24 septembre 2019. (AP Photo/J. Scott Applewhite)

L’élue Démocrate Elissa Slotkin du Michigan, qui s’est récemment rendue en Irak, a déclaré au journal que l’installation par l’Iran de missiles chez son voisin irakien était ignorée.

« On ne prête pas assez attention au fait que des missiles balistiques ont été placés l’année dernière en Irak par l’Iran avec une capacité de projeter de la violence dans la région », a-t-elle déclaré.

Elle a ajouté que même si les Irakiens « ne veulent pas être tenus en laisse par les Iraniens, Téhéran était le mieux placé pour exploiter les manifestations anti-gouvernement en Irak.

Au moins 400 personnes sont mortes depuis que des manifestations, sans responsables politiques, ont secoué l’Irak le 1er octobre, avec des milliers d’Irakiens qui sont descendus dans les rues à Bagdad. Le sud de l’Irak à majorité chiite manifeste contre la corruption, le manque de services, d’emplois et appelle à mettre un terme au système politique qui a été imposé après l’invasion américaine de 2003.

Les protestations, qui comprenaient des manifestants critiquent l’influence iranienne dans le pays, ont conduit à la démission du Premier ministre Adil Abdul-Madi. Des officiels et experts ont prévenu d’une crise politique potentielle à cause de désaccord entre les responsables irakiens pour savoir quels partis contrôlent le plus grand groupe d’élus au Parlement.

Mardi, des manifestants anti-gouvernement dans la ville sainte de Najaf ont incendié des pneus et les ont lancés sur la porte principale du consulat iranien, l’incendiant pour la troisième fois en l’espace d’une semaine.

Des manifestants irakiens incendient le consulat iranien à Najaf, le 27 novembre 2019. (Crédit : AFP)

L’Iran a aussi été secoué par des récentes manifestations anti-gouvernement. Des groupes de défense des droits de l’Homme ont fait état de plus de 200 personnes tuées dans la répression.

Reuters a rapporté pour la première fois l’année dernière que l’Iran plaçait des missiles balistiques avec ses alliés chiites en Irak et travaillait à s’assurer que ses milices alliées dans le pays sont capables de construire plus de roquettes localement.

Le déploiement visait à améliorer la capacité de l’Iran à riposter contre toute attaque occidentale ou arabe sur son territoire, mais aussi à élargir ses options pour attaquer des ennemis régionaux, avait déclaré Reuters à l’époque.

Plus tôt cette année, une série de frappes aériennes en Irak sur des bases et des armes liées à l’Iran a été imputée à Israël par des responsables irakiens. Israël n’a pas confirmé son implication dans les attaques, même si le Premier ministre Benjamin Netanyahu a fait allusion à la possibilité que l’Etat juif ait frappé en Irak.

Des membres des Unités de mobilisation populaire se tiennent à côté d’un camion en feu après une attaque de drone imputée à Israël, à proximité du point de passage Qaim, dans la province d’Anbar, en Iraq, le 25 août 2019. (AP Photo)

Israël perçoit l’Iran comme sa principale menace. L’Etat juif a reconnu avoir mené de nombreuses frappes aériennes en Syrie ces dernières années pour empêcher le transfert d’armes sophistiquées, dont des missiles guidés, au groupe terroriste chiite libanais du Hezbollah, soutenu par l’Iran.

Israël a répété à de nombreuses reprises qu’il ne tolérera pas l’implantation militaire iranienne en Syrie et qu’il ripostera à toute attaque contre l’Etat juif.

Les tensions ont augmenté dans le Golfe persique depuis mai dernier, lorsque le président américain Donald Trump a unilatéralement abandonné l’accord nucléaire entre les grandes puissances et l’Iran et a commencé à réimposer des sanctions paralysantes dans une campagne de « pression maximale ».

Elles se sont de nouveau enflammées en mai dernier lorsque l’Iran a commencé à réduire ses propres engagements dans le cadre de l’accord et que les États-Unis ont déployé des moyens militaires dans la région.

Depuis, des navires ont également été attaqués, des drones abattus et des pétroliers saisis. En septembre, les installations pétrolières saoudiennes ont également été attaquées par un missile de croisière et un drone qui a frappé l’Iran.

Des responsables israéliens et américains ont averti que l’Iran pourrait planifier des attaques similaires.

La France, l’Allemagne et le Royaume-Uni ont déclaré mercredi que « la mise au point par l’Iran de missiles balistiques à capacité nucléaire » va à l’encontre d’une résolution du Conseil de sécurité de l’ONU demandant à Téhéran de ne mener aucune activité liée à ces missiles.

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