L’Iran voudrait assassiner l’envoyée américaine à Pretoria pour venger Soleimani
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L’Iran voudrait assassiner l’envoyée américaine à Pretoria pour venger Soleimani

"Politico" rapporte que Lana Marks, ambassadrice en Afrique du Sud, a probablement été choisie en raison de sa proximité avec Trump, qui a ordonné l'assassinat du général iranien

Lana Marks et son époux, Dr. Neville Marks, lors d'un dîner de la Mental Health Association de Palm Beach County, au Colony Hotel de Palm Beach, en 2012. (Meghan McCarthy/Palm Beach Post via AP)
Lana Marks et son époux, Dr. Neville Marks, lors d'un dîner de la Mental Health Association de Palm Beach County, au Colony Hotel de Palm Beach, en 2012. (Meghan McCarthy/Palm Beach Post via AP)

L’Iran aurait préparé l’assassinat de l’ambassadrice américaine en Afrique du Sud dans le but de venger celui du général iranien Qassem Soleimani, a rapporté dimanche le site d’information Politico.

L’article, qui cite des rapports des services de renseignement américains vus par un fonctionnaire du gouvernement américain et un autre fonctionnaire connaissant les documents, indique que l’ambassadrice Lana Marks a probablement été choisie en raison de sa proximité avec le président américain Donald Trump.

L’Iran a rejeté cette allégation.

Téhéran a déjà riposté au meurtre de Soleimani en janvier, en tirant des missiles sur une base américaine en Irak, ce à quoi les États-Unis n’ont pas répondu. Cependant, l’assassinat d’un ambassadeur américain pousserait probablement à la guerre une région déjà tendue.

Les responsables américains ont déclaré que le régime iranien chercherait probablement à venger davantage sa mort.

Lana Marks, 66 ans, créatrice de mode et de sacs à main de luxe basée à Palm Beach, en Floride, est une amie de longue date du président américain et était membre du club exclusif Mar-a-Lago de Trump en Floride avant d’être nommée ambassadrice en 2018.

L’ambassadrice américaine en Afrique du Sud, Lana Marks, à côté de respirateurs artificiels fournis par le gouvernement américain, à l’aéroport OR Tambo de Johannesburg le 11 mai 2020. (Crédit : Leon Kgoedi, United States Embassy South Africa via AP)

Elle est née et a grandi en Afrique du Sud. Elle a été PDG de la marque Lana Marks Collections, destinée aux célébrités. Née Lana Banks, elle a grandi dans la ville de Port Elizabeth, où sa famille occupait une place importante dans la communauté juive de la ville.

Le 3 janvier dernier, Trump a ordonné l’attaque de drones en Irak qui a tué Soleimani, le chef de la force extraterritoriale al-Qods du corps des gardiens de la révolution iranienne et l’un des plus puissants fonctionnaires iraniens. À l’époque, le président américain a indiqué que Soleimani planifiait des attaques contre les troupes américaines dans la région, mais les responsables de la Maison Blanche ont depuis donné différentes justifications à ce meurtre, notamment la dissuasion.

En réponse à la frappe, l’Iran a tiré des volées de missiles balistiques sur les bases irakiennes abritant des troupes américaines. Aucune victime n’a été signalée à l’époque, mais il a été révélé depuis que des dizaines de soldats avaient subi des lésions cérébrales suite aux explosions.

Photo prise le 13 janvier 2020 lors d’une visite de presse organisée par la coalition dirigée par les Etats-Unis pour lutter contre les ramifications du groupe Etat islamique, montre une vue des dommages à la base aérienne militaire d’Ain al-Asad abritant des troupes américaines et d’autres troupes étrangères dans la province occidentale irakienne d’Anbar, suite à une attaque de missiles iraniens. (Ayman HENNA / AFP)

Toutefois, Politico indique que l’Iran chercherait toujours à se venger et envisagerait plusieurs cibles, dont Lana Marks.

D’après le site d’information, la diplomate aurait été informée des menaces qui pesaient sur elle et qui impliqueraient l’ambassade iranienne en Afrique du Sud.

Politico révèle que les responsables américains avaient connaissance de la menace sur l’ambassadrice depuis le printemps, mais qu’elle était devenue plus tangible ces dernières semaines.

L’article souligne également que l’Iran mènerait une opération clandestine en Afrique du Sud et que Lana Marks pourrait être plus vulnérable que les envoyés dans d’autres pays, où les États-Unis ont une meilleure coordination sécuritaire avec les autorités locales.

L’attaque sur Soleimani a exacerbé les tensions déjà fortes entre les États-Unis et Téhéran, qui n’ont cessé de s’intensifier depuis que Trump a retiré Washington de l’accord nucléaire de 2015. Cet accord, négocié sous l’administration de Barack Obama, avait imposé des restrictions au programme nucléaire iranien en échange de la levée des sanctions internationales.

Le commandant principal des Gardiens de la révolution, le général Qassem Soleimani (au centre), assiste à une réunion avec le Guide suprême, l’Ayatollah Ali Khamenei (hors cadre) et les commandants des Gardiens de la révolution à Téhéran, en Iran, le 18 septembre 2016. (Bureau du Guide suprême iranien via AP)

Depuis, Washington a imposé des sanctions paralysantes à l’Iran, y compris à son industrie pétrolière et gazière vitale, poussant le pays dans une crise économique qui a déclenché plusieurs vagues de protestations sporadiques et sans leaders.

Une action ouverte de l’Iran contre les États-Unis constituerait un écart important par rapport aux méthodes habituelles de la République islamique, qui a préféré par le passé utiliser des mandataires régionaux pour mener à bien ses desseins.

Les groupes terroristes soutenus par l’Iran ont souvent pris pour cible des civils.

C’est le cas de l’attaque du groupe terroriste libanais du Hezbollah contre des touristes israéliens en Bulgarie en 2012, en représailles au meurtre par Israël d’un des dirigeants du groupe soutenu par l’Iran.

Lundi, le ministère iranien des Affaires étrangères a démenti l’article de Politico : « Ces remarques sans fondement font partie de la campagne de contre-espionnage de l’administration Trump contre l’Iran. Le recours par le régime américain à des allégations et des mensonges contre l’Iran au seuil de l’élection présidentielle américaine et parallèlement à ses pressions pour utiliser les mécanismes du Conseil de sécurité de l’ONU dans le but d’accroître la pression sur la nation iranienne était prévisible », a réagi le porte-parole du ministère, Saeed Khatibzadeh, selon le site d’information semi-étatique Fars.

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