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Littérature: un inédit de Céline, « Guerre », publié en mai en France

Le romancier, collaborationniste et antisémite, avait laissé ce roman parmi une masse de papiers en quittant Paris pour l'Allemagne en juin 1944 et le croyait à jamais perdu

Louis-Ferdinand Céline. (Crédit : Wikimedia commons/Domaine public)
Louis-Ferdinand Céline. (Crédit : Wikimedia commons/Domaine public)

Un roman inédit de Louis-Ferdinand Céline, Guerre, paraîtra le 5 mai en France aux éditions Gallimard alors que l’auteur croyait à jamais perdu ce récit du premier conflit mondial.

« Guerre » provient des fameux manuscrits de Céline retrouvés et révélés au grand public en août 2021.

Dans sa présentation de l’ouvrage, Gallimard évoque « une liasse de deux cent cinquante feuillets révélant un roman dont l’action se situe dans les Flandres durant la Grande Guerre ». Ils contiennent un « manuscrit de premier jet, écrit quelque deux ans après la parution de Voyage au bout de la nuit« , soit en 1934.

« Céline, entre récit autobiographique et œuvre d’imagination, y lève le voile sur l’expérience centrale de son existence: le traumatisme physique et moral du front », ajoute l’éditeur.

Le futur écrivain, âgé de 20 ans quand éclate la Première Guerre mondiale, est resté marqué toute sa vie par les horreurs des combats dans la région d’Ypres (Belgique) en 1914. Il dénonce dans Guerre un « abattoir international en folie », relève Gallimard.

Des affiches et des photos du romancier français Louis-Ferdinand Céline, le 17 juin 2011 (Crédit : AFP / LIONEL BONAVENTURE)

« J’ai toujours dormi ainsi dans le bruit atroce depuis décembre 14. J’ai attrapé la guerre dans ma tête. Elle est enfermée dans ma tête », dit un autre extrait.

Le récit s’ouvre quand « le brigadier Ferdinand » reprend conscience sur un champ de bataille où il a été grièvement blessé. Il mène sa convalescence dans un hôpital où il se lie avec une infirmière et un souteneur, Bébert. Sa hantise, comme celle de tous les blessés: devoir repartir au combat. Il y échappera en étant déclaré inapte et envoyé à Londres.

Le romancier, collaborationniste et antisémite, avait laissé ce roman parmi une immense masse de papiers lorsqu’il avait quitté Paris pour l’Allemagne en juin 1944.

Il apprit ensuite que son appartement avait été visité et dénonça un vol. L’identité des coupables reste un mystère aujourd’hui encore.

En 2020, le journaliste Jean-Pierre Thibaudat se signalait auprès des ayants droit de l’écrivain décédé en 1961: il détenait ces manuscrits depuis une quinzaine d’années.

Deux autres inédits, Londres, récit du départ de Céline pour la capitale britannique en 1915, et un conte médiéval, La Volonté du roi Krogold, seront publiés à l’automne par Gallimard.

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