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L’odeur des bébés rend les mères agressives et adoucit les pères – étude israélienne

Les scientifiques ont constaté que le produit chimique présent sur la tête des nouveau-nés avait un effet opposé sur les hommes et les femmes, et y trouvent une certaine logique

Image d'illustration : Une maman protectrice avec son nouveau-né. (Crédit : nicoletaionescu via iStock by Getty)
Image d'illustration : Une maman protectrice avec son nouveau-né. (Crédit : nicoletaionescu via iStock by Getty)

L’odeur d’un nouveau-né augmente ses chances de survie en rendant la mère plus agressive et le père moins agressif, ont suggéré des scientifiques israéliens dans une recherche évaluée par des pairs.

Ils ont été stupéfaits de constater que l’inhalation d’hexadécanal, une substance chimique qui est parfois émise par la peau humaine, notamment par la tête des nouveau-nés, a un effet totalement différent sur les hommes et les femmes.

Selon les scientifiques, leur expérience, qui vient d’être publiée dans Science Advances, est l’une des premières à établir un lien direct entre le comportement humain et une simple molécule captée par l’odorat.

Une équipe de l’Institut scientifique Weizmann a demandé à des volontaires de sentir de l’huile, dont certaines contenaient de l’hexadécanal et d’autres non. L’hexadécanal est inodore, mais les hommes qui l’ont reniflé sont devenus moins agressifs que ceux qui ne l’ont pas fait, tandis que les femmes qui l’ont reniflé sont devenues plus agressives.

« Nous avons été vraiment surpris », a déclaré la Dr Eva Mishor, auteure principale de l’étude, au Times of Israël. « Nous pensions que l’agressivité était un facteur social, mais nous ne nous attendions pas à ce qu’il provoque une réaction différente chez les hommes et les femmes ».

« Cependant, une fois que nous avons commencé à l’observer et à le comprendre, il y avait une certaine logique », a déclaré Mishor.

« L’effet semble être logique dans l’éducation des enfants, car dans le règne animal, l’agression masculine est souvent dirigée contre le nourrisson, ce qui met en danger la progéniture, tandis que l’agression féminine est dirigée contre les autres, la mère essayant de protéger le nourrisson. »

« L’agression masculine se traduit bien souvent par une agression envers les nouveaux-nés ; l’infanticide est un phénomène très réel dans le règne animal. En revanche, l’agression féminine se traduit généralement par la défense de sa progéniture. Donc, ce mécanisme olfactif que nous avons étudié peut en fait être un moyen pour un nourrisson, qui a une communication limitée, d’augmenter sa survie en obtenant l’effet dont il a besoin de la part de ses deux parents. »

Eva Mishor (à gauche) et le professeur Noam Sobel (Crédit : Institut scientifique Weizmann)

L’expérience principale de l’étude consistait à faire jouer les participants à un jeu, en leur faisant croire qu’ils étaient en compétition avec une autre personne alors que l’adversaire était en réalité un ordinateur.

L’adversaire se comportait de manière déloyale et les participants devaient réagir en produisant des sons en appuyant sur un bouton, dont certains étaient suffisamment forts pour blesser les oreilles d’un être humain qui les recevait.

Les femmes qui avaient reniflé de l’hexadécanal émettaient des sons plus forts que les autres femmes, tandis que les hommes qui avaient senti le produit chimique produisaient des sons plus doux.

Les scientifiques ont également effectué des scanners cérébraux sur certains volontaires et ont constaté que si les hommes et les femmes perçoivent l’hexadécanal comme inodore, leur réaction neurologique est très différente. Ils ont identifié des réactions très différentes dans certaines régions du cerveau.

Reconstruction 3D du cerveau, montrant les régions du cerveau en jaune et orange où la différence entre les femmes et les hommes était la plus prononcée après avoir senti l’hexadécanal. (Crédit : Institut scientifique Weizmann)

Les recherches ont été menées dans le laboratoire du professeur Noam Sobel, un neuro-scientifique qui étudie la fonction de l’odorat dans les interactions humaines et qui a conclu en 2015 que la poignée de main était peut-être à l’origine un moyen socialement acceptable de vérifier les odeurs des autres.

« Comme tous les mammifères, les humains se reniflent eux-mêmes et se reniflent les uns les autres tout le temps », a déclaré Sobel, commentant la nouvelle recherche, qu’il a co-écrite avec Mishor. « Maintenant, nous connaissons peut-être le résultat du reniflement des nouveaux-nés et nous avons une meilleure compréhension des mécanismes impliqués, ainsi que de son rôle possible dans l’Evolution. »

Les résultats de l’expérience Weizmann, qui montrent que les femmes réagissent de manière plus agressive lorsqu’elles ont la possibilité de soumettre leur adversaire à du bruit dans un jeu après avoir senti l’hexadécanal, alors que les hommes réagissent de manière moins agressive. (Crédit : Institut scientifique Weizmann)

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