L’offensive de la Turquie en Syrie pourrait déplacer plus d’un million de Kurdes
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Interview

L’offensive de la Turquie en Syrie pourrait déplacer plus d’un million de Kurdes

Pour l'analyste Jonathan Spyer, l'armée d'Erdogan bombarde des zones civiles, sans causer de massacres ; il estime que les Kurdes rejetteront l'aide humanitaire proposée par Israël

Raphael Ahren est le correspondant diplomatique du Times of Israël

Des civils syriens arabes et kurdes fuient avec leurs biens au milieu des bombardements turcs sur la ville de Ras al-Ain, au nord-est de la Syrie, le 9 octobre 2019. (Delil SOULEIMAN / AFP)
Des civils syriens arabes et kurdes fuient avec leurs biens au milieu des bombardements turcs sur la ville de Ras al-Ain, au nord-est de la Syrie, le 9 octobre 2019. (Delil SOULEIMAN / AFP)

L’intensification de la campagne militaire turque dans le nord de la Syrie pourrait entraîner le déplacement forcé de plus d’un million de Kurdes et le meurtre de dizaines de civils kurdes, selon un éminent analyste qui a passé un temps considérable dans la région.

« Cela dépend de jusqu’où les Turcs veulent aller », déclare Jonathan Spyer, chercheur associé au Forum du Moyen-Orient [Middle East Forum] et au Jerusalem Institute for Strategy and Security. « Jusqu’à un million de personnes pourraient être déplacées, à tout le moins. Et [la probabilité d’] un résultat qui est probablement pire, étant donné la nature de certaines des personnes avec lesquelles les Turcs travaillent dans cette campagne, est vraiment très élevée. »

La Turquie a lancé mercredi une offensive contre les zones kurdes du nord-ouest de la Syrie, menant une intense campagne de bombardements et provoquant l’exode de dizaines de milliers de personnes. Quelques jours plus tôt, le président Donald Trump avait annoncé que les États-Unis allaient retirer ses troupes de la région, donnant ainsi le feu vert à l’opération, qui a été largement condamnée. La milice kurde syrienne attaquée était le seul allié américain dans la campagne qui a fait tomber le groupe de l’Etat islamique en Syrie.

Le ministre turc des Affaires étrangères, Mevlut Cavusoglu, a déclaré que l’armée a l’intention de se déployer sur 30 kilomètres dans le nord de la Syrie et que son opération durera jusqu’à ce que tous les « terroristes soient neutralisés », faisant référence aux Forces démocratiques syriennes (FDS), principalement kurde.

Alors qu’il est peu probable que l’armée turque commette des massacres délibérés, on peut s’attendre à ce que les alliés d’Ankara, la prétendue Armée nationale syrienne – un groupe hétéroclite de miliciens djihadistes à qui Erdogan a chargé d’effectuer une grande partie du travail de préparation de l’offensive – agissent avec violence contre la population kurde, a ajouté Spyer.

« Je pense que l’armée turque elle-même, les forces régulières d’Erdogan, auront reçu l’ordre assez clair de ne pas commettre de massacres », a-t-il dit. Cependant, Ankara bombarde indistinctement les zones peuplées, a-t-il ajouté.

« Sans vouloir être injuste envers les Turcs, ils ne tiennent pas compte habituellement de l’endroit où atterrissent les bombes. Et cela aura un effet sur la population civile. »

Né au Royaume-Uni et vivant aujourd’hui à Jérusalem, Spyer est l’un des principaux experts israéliens de la nation kurde, ayant passé beaucoup de temps sur le terrain, y compris pendant la période de la guerre civile syrienne au cours de laquelle 11 000 Kurdes ont péri. Il a créé un vaste réseau de contacts kurdes en Turquie, en Irak et en Syrie.

Dans une interview accordée jeudi, M. Spyer a évoqué non seulement les victimes potentielles de l’opération cyniquement nommée Opération Peace Spring [Printemps de la paix] du président turc Recep Tayyip Erdogan, mais aussi le sentiment des Kurdes du nord de la Syrie d’être une fois encore abandonnés par leur principal allié, les États-Unis.

Il a également parlé de ce que les Kurdes attendent d’Israël et a expliqué le vif intérêt tactique de Jérusalem à préserver le statu quo, qui empêche l’Iran de pénétrer en Syrie orientale.

The Times of Israël : Dans quelle mesure l’opération militaire actuelle de la Turquie est-elle dangereuse pour la population kurde de la région ?

Jonathan Spyer : Cela dépend jusqu’où les Turcs veulent aller. À l’heure actuelle, il y a eu des bombardements de l’autre côté de la frontière, de Tell Abiad à l’ouest, jusqu’à un endroit appelé Derik, qui se trouve juste à la frontière entre la Syrie et l’Irak.

Si l’intention des Turcs est, comme l’a déclaré le président Erdogan à l’Assemblée générale des Nations unies, d’aller de l’avant et de créer une zone tampon de 30 km de part et d’autre de cette frontière, alors le risque de déplacement de population est extrêmement élevé. Parce que cela impliquerait essentiellement que les Turcs conquièrent plus ou moins la totalité des principales zones de population kurde du nord de la Syrie.

Le président turc Recep Tayyip Erdogan s’exprime lors de la 74e Assemblée générale de l’ONU à New York, le 26 septembre 2019. (Crédit : Don Emmert / AFP))

C’est-à-dire, Tell Abiad et Derik et aussi Kobané et la ville de Qamishli. Jusqu’à un million de personnes pourraient être déplacées, au miniumum. Et [la probabilité] d’un résultat qui est probablement pire, étant donné la nature de certaines des personnes avec lesquelles les Turcs travaillent dans cette campagne, est en effet très élevée.

Mais nous ne connaissons pas encore les intentions des Turcs, et les Turcs eux-mêmes ne le savent peut-être pas encore. Il semble qu’Erdogan ait choisi d’agir très rapidement, après l’annonce de Trump dimanche, probablement dans l’intention de tester la détermination américaine et internationale.

S’il y a maintenant une réaction internationale très forte contre les Turcs, ils devront peut-être se contenter d’un ensemble plus limité d’objectifs. Ils devront peut-être se contenter, par exemple, de prendre le contrôle d’une zone située entre Tell Abiad et Ras al-Ayn. Et si c’est le cas, il s’agit bien sûr d’une menace bien moindre pour la population kurde. Nous avons déjà vu des civils kurdes quitter ces zones depuis le début des bombardements turcs.

Nous avons également assisté au meurtre de 109 combattants kurdes mercredi et jeudi, selon les Turcs.

Jonathan Spyer. (Autorisation)

C’est une information turque. L’information kurde parle de beaucoup moins de victimes. Ils parlent de 16 Kurdes tués à l’heure actuelle, et 33 blessés. C’est vraiment une sorte de brouillard de guerre en ce moment, parce qu’il y a très peu de rapports internationaux possibles dans la région.

Clarissa Ward de CNN est là-bas, mais je ne pense pas que d’autres équipes internationales y soient. Nous dépendons donc essentiellement d’informations provenant des FDS ou de l’armée turque, et c’est évidemment une situation très difficile en termes d’informations. Je recommande d’être très sceptique sur tous les chiffres en ce moment.

L’Observatoire syrien des droits de l’homme vaut toujours la peine d’être consulté pour ce genre de choses. Il semble sceptique à l’égard de certaines des revendications turques jusqu’à présent. Les Turcs affirment avoir fait des avancées territoriales et avoir conquis des villages près de Tell Abiad. Et l’Observatoire dit que ce n’est pas vrai. Il y a beaucoup de désinformation en ce moment, ça fait partie de la guerre.

On s’inquiète non seulement du déplacement des Kurdes, mais aussi d’un massacre potentiel si l’armée d’Erdogan tente de s’emparer agressivement du territoire.

L’armée turque elle-même, les forces régulières d’Erdogan, me semble-t-il, auront reçu l’ordre assez clair de ne pas procéder à des massacres. Mais ils bombardent aveuglément les zones peuplées à l’heure actuelle. Un hôpital de Ras al-Ayn a été frappé.

Deuxièmement, les alliés syro-turcs avec lesquels les Turcs travaillent, et qui semblent fournir beaucoup de combattants terrestres pour cette mission, est une chose qu’ils appellent l’Armée nationale syrienne (ANS) [aussi connue sous le nom d’Armée syrienne libre].

Des combattants soutenus par les Turcs de l’Armée syrienne libre se trouvent dans la région de Tal Malid, au nord d’Alep, alors qu’ils tirent vers les positions des Unités de protection du peuple kurde (YPG) dans le village d’Um al-Hosh, dans la région de Afrin, le 20 janvier 2018. (AFP Photo/Nazeer al-Khatib)

Qu’est-ce que c’est en fait ? Il s’agit d’un amalgame de toute une série de vestiges de la rébellion syro-arabe du nord de la Syrie, y compris des éléments sunnites-jihadistes très extrémistes qui, dans leur propre propagande, qualifient régulièrement le PKK [Parti des travailleurs du Kurdistan] et les Kurdes d’apostats, d’athées, de communistes et autres choses de ce genre. Ce n’est pas une force particulièrement disciplinée. Il s’agit d’une force profondément sectaire et sunnite islamiste avec une hostilité profonde et vérifiable envers la population kurde.

Les gens parlent de la Turquie en tant que membre de l’OTAN. Nous ne devrions pas y voir une armée de l’OTAN disciplinée prête à faire partie de ces institutions

Donc, si ces gens-là ont l’occasion d’interagir avec la population kurde, alors les résultats pourraient être profondément inquiétants. Et nous le savons parce que nous avons en quelque sorte un précédent, c’est l’opération Rameau d’olivier (bataille d’Afrin) [que la Turquie et l’armée nationale syrienne soutenue par Ankara ont menée au début de 2018], lorsque les Turcs ont détruit le canton kurde d’Afrin.

Cela a entraîné le déplacement de 200 000 personnes. Il n’y a pas eu un énorme massacre, parce que la population est partie à temps. Mais il y a eu des pillages généralisés et des assassinats de civils.

Cette photo publiée par le bureau de presse de la milice kurde, Unités de protection du peuple ou YPG, montre des manifestants brandissant des drapeaux géants du YPG et d’autres partis et milices, lors d’une manifestation contre les menaces turques, à Afrin, province d’Alep, nord Syrie, le jeudi 18 janvier 2018. (Service de presse de GPJ via AP)

Les gens parlent de la Turquie en tant que membre de l’OTAN. Nous ne devrions pas y voir une armée de l’OTAN disciplinée prête à faire partie de ces institutions. Ce n’est pas ça. [Les soldats d’Erdogan] constitueront l’artillerie et la force aérienne, mais les gars sur le terrain seront des miliciens syriens sunnites-islamistes, avec tout ce que cela implique.

Pensez-vous que l’actuelle Opération Peace Spring sera pire en termes de pertes ?

Elle est beaucoup plus vaste ; c’est une région beaucoup plus étendue et elle est occupée par une population kurde potentiellement beaucoup plus importante dans la région qu’ils veulent apparemment conquérir. Donc, en ce sens, la situation risque d’être bien pire.

Mais comme je l’ai dit, cela dépend beaucoup des dimensions réelles de l’opération. Tout est encore grand ouvert. Et il est possible qu’à la suite des pressions internationales et de la résistance des FDS, [les choses pourraient se dérouler différemment].

Il est absolument crucial pour eux de tenir bon jusqu’à ce que l’opinion internationale sur la Turquie évolue. S’ils tiennent bon et que les diplomates internationaux se retournent contre la Turquie, ce qu’ils peuvent faire ; et si les Américains décident de parler d’une zone d’exclusion aérienne au-dessus de la région, empêchant les appareils turcs d’y entrer, la Turquie devra alors repenser la portée de cette opération.

Une photo prise à Akcakale à la frontière turque avec la Syrie le 10 octobre 2019 montre des fumées s’élevant de la ville syrienne de Tal Abyad après qu’un mortier ait atterri dans le jardin d’un immeuble du gouvernement turc à Akcakale. (BULENT KILIC / AFP)

Si on leur permet de continuer à aller de l’avant, ce sera beaucoup plus grave que ce qui s’est passé à Afrine, et ce qui s’est passé là-bas n’est pas du tout anodin. Cela a été peu signalé, mais le déplacement de 200 000 personnes de leur foyer en tant que réfugiés n’est pas une mince affaire.

Parlons des Kurdes du nord de la Syrie, qui doivent se sentir terriblement abandonnés. Comment gèrent-ils les développements de ces derniers jours ?

Je suis en contact avec des gens là-bas ; j’ai discuté avec des gens hier soir à Kobané et ailleurs. Et même si nous avons vu ces scènes très pénibles que CNN a filmées, où des civils partaient et ainsi de suite, c’est une population qui est habituée à la guerre. Ils sont familiers avec la guerre. Ils ont vécu l’expérience de l’Etat islamique se dirigeant vers eux, puis étant arrêtés en 2014.

Je ne pense donc pas qu’il y ait de panique ou de désespoir. Mais je pense, d’après ce que j’entends des gens que je connais qui s’intéressent aux aspects militaires, médiatiques et politiques des choses, qu’il y a beaucoup de colère, franchement, contre les Occidentaux et contre les États-Unis. Et un sentiment très profond de trahison. C’est vraiment très clair.

J’ai fait beaucoup de reportages sur le terrain pendant la guerre de Syrie et aussi dans cette région. Et je me souviens qu’à l’été 2014, les YPG [les Unités de protection du peuple, principalement kurdes, la composante la plus importante des Forces démocratiques syriennes] enterraient les combattants par cinq à la fois. Pas le temps de célébrer les funérailles de chacun. Environ 11 000 personnes ont été tuées. Ils s’en souviennent ; c’était il y a seulement quelques années. Ils ont le sentiment très profond d’avoir été trahis, franchement, par leur principal allié.

Quel est le rôle d’Israël dans tout cela ? Et que pensez-vous des déclarations des politiciens israéliens, dont certains [dont la députée de HaYamin HaHadash Ayelet Shaked] appellent à la création d’un Etat kurde ou veulent y envoyer une aide humanitaire ? [Le Premier ministre Benjamin Netanyahu a félicité jeudi le peuple kurde « vaillant » et a proposé une aide humanitaire].

Pour autant que je sache, il n’existe aucune relation officielle d’aucune sorte entre Israël et l’Administration Autonome du Nord et de l’Est de la Syrie (Rojava), comme ils s’appellent actuellement, qui est de facto l’autorité là-bas.

Il y a peut-être une sorte de communication non officielle, mais il n’y a pas le genre de relations étroites traditionnelles qui ont existé et existent encore entre Israël et le gouvernement régional du Kurdistan dominé par [Masoud] Barzani dans le nord de l’Irak. Les Israéliens et Barzani ont une longue histoire de coopération qui remonte aux années 1960. Et ce n’est pas le cas des Kurdes en question qui contrôlent actuellement l’entité kurde syrienne.

Je ne pense pas que quiconque s’attende à ce que l’armée de l’air israélienne vienne et impose une zone d’exclusion aérienne.

Cela dit, ayant passé beaucoup de temps dans la région et connaissant bien beaucoup de gens, les sentiments de la population sont largement pro-israéliens. Les gens sont largement, dans leurs sentiments, pro-israéliens. Et cela inclut en fait un grand nombre de responsables là-bas, même s’ils ne voudraient probablement pas le dire publiquement.

C’est donc un sentiment chaleureux, mais je ne pense pas que quiconque s’attende à ce que l’armée de l’air israélienne vienne imposer une zone d’exclusion aérienne ou quoi que ce soit du genre.

Mais je pense que l’espoir, au moins, est que les responsables israéliens usent de toute influence qu’ils pourraient avoir sur l’administration américaine et sur la législature américaine – le Congrès – pour essayer d’influencer une nouvelle position américaine, pour changer ou même inverser la position qui a été adoptée dimanche.

De retour à une position beaucoup plus dure, [qui dirait] « la Turquie doit cesser, nous ne soutenons pas cette opération, et si la Turquie va trop loin, et que des choses dont nous avons discuté plus tôt se produisent, il y aura de graves conséquences pour la Turquie ». De toute évidence, la demande pour une zone d’exclusion aérienne est la plus urgente.

J’aurais donc pensé que l’espoir kurde serait que, dans la mesure où Israël a une voix dans les forums importants à Washington, cette voix soit élevée en ce moment. Je pense que cela se produira probablement, parce que j’ai l’impression que les responsables israéliens sont profondément préoccupés par cette question.

Le président américain Donald Trump, (à droite), et le premier ministre Benjamin Netanyahu, à la Maison Blanche à Washington, le 25 mars 2019. (Manuel Balce Ceneta/AP)

Non seulement parce que cela soulève la question : « Eh bien, les Américains ne vont pas soutenir leurs amis kurdes, qu’est-ce que cela signifie pour leurs autres amis ? » Ce n’est pas aussi nébuleux que ça, en fait.

C’est quelque chose de beaucoup plus concret : la zone de contrôle de l’Administration autonome [est située] en Syrie orientale et est actuellement un protectorat américano-kurde. C’est donc une barrière de fait contre les Iraniens. Elle n’est pas hermétique à 100 %, parce qu’au sud, il y a Abu Kamal, mais elle coupe la majeure partie de l’est de la Syrie de la perspective de la pénétration iranienne.

Les Kurdes syriens se réunissent autour d’un blindé américain durant une manifestation contre les menaces de la Turquie près d’une base de la coalition internationale dirigée par les Etats-Unis aux abords de Ras al-Ain, dans la province de Hasakeh, en Syrie, près de la frontière turque, le 6 octobre 2019. (Crédit : Delil Souleiman/AFP)

Et si le résultat de la situation actuelle est que les Américains abandonnent les Kurdes, que les Kurdes ont peur de l’avance turque, et que le régime d’Assad et les Russes et les Iraniens viennent ensuite à l’est de l’Euphrate pour essayer de résister à toute avancée turque, et que les Kurdes capitulent, alors le résultat est que cette région va devenir ouverte sur l’Iran. Et cela va directement à l’encontre des intérêts d’Israël.

Israël a donc un intérêt tactique très concret et clair dans la préservation de cette zone dans sa forme actuelle. Et je pense que ce point a déjà été soulevé par les Israéliens dans les instances compétentes.

Que pensez-vous de la condamnation par Netanyahu de l’invasion turque et de son offre d’aide humanitaire aux Kurdes ?

La déclaration de Netanyahu s’ajoute à d’autres déclarations similaires faites par un certain nombre de dirigeants dans le monde. Elle sera sans aucun doute bien accueillie par les Kurdes de Syrie, même si je pense que l’offre d’aide humanitaire ne sera pas acceptée pour l’instant. C’est la dernière preuve d’un consensus international croissant contre l’opération turque. Reste à voir comment cela affectera la situation sur le terrain.

Dans sa déclaration, Netanyahu a mis en garde les Turcs contre le « nettoyage ethnique ». Ce sont des mots forts.

Je suppose qu’il veut dire déplacement potentiel de populations, ce qui est une menace réelle. Et je suppose qu’il n’a trouvé aucune raison de mâcher ses mots.

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