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Alors que la Turquie attaque, Shaked appelle à la création d’un Etat kurde

L'ancienne ministre de la Justice réitère son soutien à un Etat Kurde ; pour Kakhol lavan, le meurtre de Kurdes entraînera une vague de réfugiés et déstabilisera la région

Raphael Ahren est le correspondant diplomatique du Times of Israël

La présidente du parti Yamina, Ayelet Shaked, prend la parole lors d'une conférence de la Manufacturers Association à Tel Aviv, le 2 septembre 2019. (Flash90)
La présidente du parti Yamina, Ayelet Shaked, prend la parole lors d'une conférence de la Manufacturers Association à Tel Aviv, le 2 septembre 2019. (Flash90)

La présidente du parti Yamina, Ayelet Shaked, a lancé mercredi un nouvel appel en faveur d’un État kurde, exhortant l’Occident à soutenir les Kurdes alors que la Turquie lance une campagne militaire dans le nord de la Syrie.

« Notre mémoire nationale exige que nous nous révoltions contre la violence dirigée contre une autre nation. Telle est la violence turque dirigée contre le peuple kurde dans le nord de la Syrie », a écrit l’ancienne ministre de la Justice sur Facebook.

« Je l’ai déjà dit dans le passé : il est dans l’intérêt d’Israël et des Etats-Unis, pour la sécurité et la stabilité de la région, qu’un Etat kurde soit créé », a-t-elle écrit.

« Les Kurdes sont la plus grande nation du monde sans pays, avec une population d’environ 35 millions d’habitants. C’est un peuple ancien qui partage un lien historique particulier avec le peuple juif », a-t-elle poursuivi.

Une femme kurde syrienne fait le signe V de la victoire lors d’une manifestation contre les menaces turques dans la ville de Ras al-Ain, dans la province syrienne de Hasakeh, près de la frontière turque, le 9 octobre 2019. Des avions de combat turcs auraient attaqué la ville quelques heures plus tard. (Photo de Delil SOULEIMAN / AFP)

Les Kurdes, en particulier ceux qui vivent en Turquie et dans le nord de la Syrie, « sont les plus progressistes et les plus occidentaux de cette région », a écrit Shaked.

« Ils sont la principale force qui a combattu ISIS et a subi des milliers de morts, sous une direction conjointe spéciale d’hommes et de femmes. Le monde occidental devrait les soutenir. »

Colonne de fumée suite aux bombardements turcs sur la ville syrienne de Ras al-Ain dans la province de Hasakeh le long de la frontière turque, le 9 octobre 2019. (Delil SOULEIMAN / AFP)

En 2016, Shaked, alors ministre de la Justice, a publiquement approuvé l’idée d’un Kurdistan indépendant.

« Nous devons appeler ouvertement à la création d’un Etat kurde qui sépare l’Iran de la Turquie et qui sera ami avec Israël », a-t-elle déclaré lors d’une conférence sur la sécurité à Tel Aviv.

« Le peuple kurde est un partenaire pour le peuple israélien », a-t-elle déclaré en soulignant les intérêts communs d’Israël et des Kurdes dans la lutte contre la montée des groupes islamistes djihadistes dans la région.

Peu après le début de l’opération turque en Syrie, les résidents locaux acclament et applaudissent lorsqu’un convoi de véhicules des forces turques traverse la ville d’Akcakale, province de Sanliurfa, sud-est de la Turquie, à la frontière entre la Turquie et la Syrie, le 9 octobre 2019. (AP Photo/Lefteris Pitarakis)

« Les Kurdes sont un peuple ancien, démocratique et pacifique qui n’a jamais attaqué aucun pays », a-t-elle dit, ajoutant que la coopération économique devrait être au premier plan de tout lien officiel.

« Il est temps de les aider », a ajouté Shaked.

Mercredi, la Turquie a lancé une vaste offensive contre les zones contrôlées par les Kurdes dans le nord-est de la Syrie, avec des bombardements intensifs qui ont ouvert la voie à une offensive terrestre rendue possible par le retrait des troupes américaines.

Le président turc Recep Tayyip Erdogan a annoncé le début de l’attaque sur Twitter et, peu après, des avions de combat et des canons ont visé des positions kurdes sur la largeur totale de la frontière, obligeant des milliers de civils à fuir leurs maisons.

Shaked ne fut pas la seule personnalité politique à commenter la question kurde mercredi.

« En tant qu’État-nation d’une minorité ethnique du Moyen-Orient, Israël ne peut fermer les yeux sur les souffrances des Kurdes de la région », a tweeté le député Zvi Hauser, de Kakhol lavan.

Zvi Hauser du parti Kakhol lavan au Parlement israélien, le 6 mai 2019. (Noam Revkin Fenton/Flash90)

« Le meurtre et l’expulsion des Kurdes entraîneront une vague de réfugiés, changeront la réalité démographique et augmenteront l’instabilité, même du point de vue d’Israël. Israël doit internaliser les nouvelles règles du jeu dans la région en ce qui concerne tous les défis », a écrit Hauser.

Jusqu’à présent, le cabinet du Premier ministre a refusé de commenter la décision du président américain Donald Trump de retirer toutes les troupes américaines de Syrie, en donnant effectivement le feu vert à une offensive turque dans la région, que de nombreux observateurs craignent de voir se transformer en bain de sang pour les anciens alliés kurdes de l’Amérique.

En 2014, le Premier ministre Benjamin Netanyahu avait exprimé son soutien à un Kurdistan indépendant. Il a salué leur « engagement politique et leur modération politique » et a déclaré que le peuple kurde était « digne de sa propre indépendance politique ».

Et Yair Netanyahu, le fils du Premier ministre, s’est positionné comme un partisan de l’indépendance kurde mercredi, en tweettant un drapeau kurde avec le hashtag #freekurdistan.

Tamar Pillegi et l’AFP ont contribué à cet article.

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