Loi sur l’Etat-nation : Shaked affronte la communauté druze
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Loi sur l’Etat-nation : Shaked affronte la communauté druze

la ministre de la Justice a reconnu que le texte avait entraîné une "blessure" parmi les membres du groupe minoritaire, mais a juré qu'il ne serait pas changé

La ministre de la Justice Ayelet Shaked  rencontre des activistes druzes à son domicile de Tel Aviv, le 18 janvier 2019 (Capture d'écran :  Ynet)
La ministre de la Justice Ayelet Shaked rencontre des activistes druzes à son domicile de Tel Aviv, le 18 janvier 2019 (Capture d'écran : Ynet)

La ministre de la Justice Ayelet Shaked a rejeté vendredi les appels à changer la législation définissant Israël comme l’Etat-nation du peuple juif et qui a été qualifiée de discriminatoire par les groupes minoritaires.

La loi a suscité une indignation particulière au sein des membres la communauté druze, dont une grande partie de d’entre eux sert au sein de l’armée israélienne. Ils estiment que les dispositions présentes dans le texte les transforment en citoyens de seconde zone.

Shaked s’est exprimée aux abords de son domicile de Tel Aviv devant les manifestants de la communauté druze, qui font le tour des habitations des leaders politiques pour obtenir leur soutien en faveur de la révision de la loi.

« La loi sur l’Etat-nation définit l’Etat d’Israël comme l’Etat-nation du peuple juif et là-dessus, il n’y a pas de désaccord. Nous ne sommes pas non plus en désaccord sur le fait qu’il y a une égalité civile pleine et entière », a-t-elle dit.

Même si elle a juré que la loi ne serait pas modifiée, Shaked a reconnu qu’elle avait causé une « blessure » aux Druzes.

« Et afin de guérir cette blessure, nous pouvons faire avancer une législation séparée », a-t-elle dit.

Le général de brigade réserviste Amal Asad et les activistes druzes protestent contre la « loi sur l’Etat-nation » près de l’habitation de la cheffe du parti Hatnua, Tzipi Livni, à Tel Aviv, le 18 janvier 2019 (Crédit :Tomer Neuberg/Flash90)

Le général de brigade réserviste Amal Asaad, leader des manifestations contre la loi des Druzes, a répété son opposition à une loi séparée qui concernerait sa communauté.

« Nous sommes venus dire que nous voulons avoir le sentiment de faire partie de cet Etat », a-t-il commenté. « Je veux être Israélien et nous sommes donc très déçus. Nous ferons tout ce qui est en notre pouvoir pour que cette loi soit changée », a-t-il ajouté.

La rencontre entre Shaked et les manifestants a été tendue par moments, un certain nombre de manifestants l’accusant de ne pas être émue par leurs plaintes.

« Si je n’étais pas émue, je ne ferais pas l’effort de venir un vendredi pour parler avec vous », a-t-elle répondu.

Les manifestants sont ensuite allés au domicile de la cheffe du parti Hatnua, Tzipi Livni, fervente critique de la loi sur l’Etat-nation qui a demandé son remplacement par la Déclaration d’indépendance.

« Ceux qui ont honte de prononcer le mot ‘égalité’ au cours de cette campagne électorale, ceux qui clament soudainement que la déclaration d’Indépendance serait d’extrême-gauche, ceux qui tentent de créer des clivages… Nous leur prouverons le contraire », a dit Livni.

La cheffe du parti Hatnua Tzipi Livni rencontre des activistes druzes manifestant contre la « loi sur l’Etat-nation » aux abords de son habitation de Tel Aviv, le 18 janvier 2019 (Crédit : Tomer Neuberg/Flash90)

Au début de la semaine, les manifestants se sont rendus aux habitations privées des leaders de Yesh Atid et de Hossen LeYisrael qui, tous deux, ont juré qu’ils modifieraient la loi.

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