L’opposition divisée sur une manifestation arabe contre la loi de l’État-nation
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L’opposition divisée sur une manifestation arabe contre la loi de l’État-nation

Michal Rozin, députée de Meretz, a critiqué les responsables politiques de gauche qui "sapent l’égalité" en boycottant la manifestation de Tel Aviv

Des Israéliens arabes et des militants protestent contre la " loi de l'État-nation juif " à Tel Aviv le 11 août 2018. Certains manifestants ont brandi des drapeaux palestiniens. (Crédit : Tomer Neuberg/Flash90).
Des Israéliens arabes et des militants protestent contre la " loi de l'État-nation juif " à Tel Aviv le 11 août 2018. Certains manifestants ont brandi des drapeaux palestiniens. (Crédit : Tomer Neuberg/Flash90).

Dimanche, des membres de différents partis d’opposition à la Knesset ont discuté de l’absence de la gauche à la manifestation contre la loi de l’état-nation organisée par des Arabes. La manifestation a été critiquée à cause de la présence des drapeaux palestiniens à l’événement.

Les partis de gauche se sont fermement opposés à la loi polémique adoptée à la Knesset le mois dernier. Or, la plupart des élus ont choisi de ne pas participer à la manifestation de samedi afin d’éviter d’être associés à l’affichage de symboles nationalistes palestiniens.

« Hier, nous avons assisté au véritable test de la démocratie et de l’égalité, a déclaré Michal Rozin, députée du Meretz, dans un entretien à la Dixième chaîne d’information.

Rozin, qui a participé à la manifestaiton avec un certain nombre de soutiens du Meretz, a accusé le chef du parti Travailliste Avi Gabbay, la responsable de l’opposition Tzipi Livni et le chef de Yesh Atid, Yair Lapid, d’avoir rejoint « le système de Netanyahu d’une citoyenneté hiérarchisée ».

« Ce n’est pas compliqué de demander des droits égaux pour des personnes avec lesquelles vous êtes totalement d’accord, a-t-elle déclaré. Mais c’est une toute autre affaire d’agir pour l’égalité et de s’opposer à la loi de l’État-nation qui discrimine la minorité arabe ».

La députée Meretz Michal Rozin réagit lors de la réunion du Comité des Affaires Intérieures concernant l’expulsion des demandeurs d’asile africains à la Knesset le 29 janvier 2018. (Alster/Flash90)

Ayelet Nahmias-Verbin, députée de l’Union sioniste, a défendu l’absence des élus de l’opposition en déclarant que les droits nationaux palestiniens revendiqués lors de la manifestation ne correspondaient pas à ses convictions politiques.

« En ce qui concerne les drapeaux palestiniens, ils peuvent manifester comme ils le souhaitent, mais je ne peux pas participer à une manifestation dont je ne soutiens pas le message, a-t-elle déclaré dans l’entretien commun avec Rozin. [Les manifestants] étaient préoccupés par des éléments qui n’ont rien à voir avec la loi, comme le droit au retour et les droits nationaux [palestiniens] ».

Pourtant, Rozin a soutenu que les quelque 30 000 Israéliens qui se sont rassemblés samedi soir dans le centre-ville de Tel Aviv demandaient seulement l’égalité, dans la même logique de la manifestation des Druzes contre la loi qui s’est tenue sur une place de la ville une semaine plus tôt.

Elle a dit que la division sur la manifestation parmi les élus de l’opposition avait fait voler en éclat les efforts pour changer ou annuler la loi.

« La décision sert Netanyahu. Quand toute la faction de l’Union sioniste, qui affirme être de l’opposition, ne se rend pas à une manifestation pour l’égalité arabe, cela nuit à l’égalité en Israël », a déclaré Rozin.

Lors de la manifestation de samedi, des dizaines d’activistes ont agité des drapeaux palestiniens en dépit de la demande des organisateurs du Haut Comité Arabe de Veille, qui voulaient encourager la population juive à participer à la marche de solidarité.

La députée Ayelet Nachmias Verbin lors d’une réunion de la Commission de l’Economie à la Knesset, le 26 juillet 2017. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

Les manifestants portaient des pancartes en hébreu et en arabe demandant la « Justice et l’égalité maintenant ». D’autres pancartes qualifiaient la loi « d’apartheid ». A certains moments, des manifestants auraient chanté en faveur de la Palestine et contre Israël, y compris de cris de « Avec le sang et le feu, nous reprendrons la Palestine ».

En Israël, les drapeaux palestiniens sont souvent perçus avec une grande méfiance dans la mesure où ils sont associés au mouvement nationaliste palestinien et son objectif de reprendre l’état juif.

Les drapeaux ne représentaient qu’une petite partie de la manifestation de samedi, mais ils ont immédiatement été cités par les politiciens de droite.

Dimanche, le Premier ministre Benjamin Netanyahu a affirmé que les manifestants qui agitaient des drapeaux palestiniens cherchaient à détruire Israël ce qui montrait bien que la loi polémique de l’État-nation était nécessaire.

Des Israéliens arabes et des militants protestent contre la  » loi de l’État-nation juif  » à Tel Aviv le 11 août 2018 (Tomer Neuberg/Flash90).

« Nous avons [ici] la preuve claire de la défiance envers Israël et de la nécessire de la loi de l’état-nation », a-t-il déclaré au début de la rencontre hebdomadaire du cabinet.

« Beaucoup de manifestants veulent abolir la Loi du Retour, l’hymne et le drapeau afin de transformer Israël en État palestinien, a-t-il dit. C’est encore plus clair maintenant que la loi de l’État-nation est nécessaire pour assurer le futur d’Israël comme un état juif ».

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu s’exprime lors de la réunion hebdomadaire du cabinet à son bureau à Jérusalem le 12 août 2018. (AFP PHOTO / POOL / JIM HOLLANDER)

La présence de drapeaux palestiniens lors de la manifestation a également été critiquée par le député Uri Ariel d’HaBayit HaYehudi, par le président de la Knesset Yuli Edelstein, et par les ministres du Likud Ofir Akunis et Miri Regev.

Dimanche, Ayman Odeh, le chef du parti de la Liste arabe unie, a répondu aux critiques en déclarant à la radio de l’armée que seulement quelques dizaines de manifestants ont agité des drapeaux palestiniens et que l’esprit général de la manifestation n’était pas de nature nationaliste.

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