Netanyahu : Beaucoup d’Arabes veulent qu’Israël soit un État palestinien
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Netanyahu : Beaucoup d’Arabes veulent qu’Israël soit un État palestinien

Le Premier ministre a déclaré que les "drapeaux de l'OLP" brandis lors du rassemblement de Tel Aviv samedi ont souligné la nécessité de la loi

Des Arabes israéliens, certains brandissent des drapeaux palestiniens, protestent contre la "loi de l'État-nation" sur la place Rabin à Tel-Aviv le 11 août 2018. (Tomer Neuberg/Flash90)
Des Arabes israéliens, certains brandissent des drapeaux palestiniens, protestent contre la "loi de l'État-nation" sur la place Rabin à Tel-Aviv le 11 août 2018. (Tomer Neuberg/Flash90)

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu a déclaré dimanche que les manifestants d’un rassemblement de masse contre la loi de l’État-nation qui agitaient des drapeaux palestiniens cherchaient à détruire Israël et ont prouvé que la législation litigieuse était nécessaire.

« Nous avons [ici] des preuves concluantes de l’opposition à l’existence de l’État d’Israël et de la nécessité de la loi de l’État-nation », a-t-il dit au début de la réunion hebdomadaire du cabinet, faisant référence à la manifestation dirigée par des Arabes sur la place Rabin de Tel Aviv samedi.

« Hier, nous avons vu des drapeaux de l’OLP au cœur de Tel Aviv. Nous avons entendu les appels : ‘Avec le sang et le feu, nous allons racheter la Palestine’. Beaucoup de manifestants veulent la loi du retour, annuler l’hymne national, plier notre drapeau et annuler Israël en tant qu’État national du peuple juif et le transformer – comme l’ont dit leurs porte-parole – en un État israélo-palestinien, et d’autres en un état de tous ses citoyens. »

Il a ajouté : « C’est précisément pour cela que nous avons adopté la loi de l’État-nation. Nous sommes fiers de notre État, de notre drapeau et de notre hymne national. Israël est un État juif et démocratique. Les droits individuels de ses citoyens sont très bien ancrés dans les lois fondamentales et autres lois. Aujourd’hui, il est plus clair que jamais que la loi de l’État-nation est également nécessaire… pour assurer l’avenir de l’État d’Israël en tant qu’État national du peuple juif. Nous avons adopté cette loi et nous allons la faire respecter. »

Le Premier ministre a fait des remarques similaires samedi soir sur Twitter après que des images et des vidéos des manifestants brandissant le drapeau ont été diffusées sur les médias sociaux.

« Nous continuerons à agiter le drapeau israélien et à chanter [l’hymne national] l’Hatikva avec beaucoup de fierté », a-t-il posté.

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu s’exprime lors de la réunion hebdomadaire du cabinet à son bureau à Jérusalem le 12 août 2018. (AFP PHOTO / PISCINE / JIM HOLLANDER)

Quelque 30 000 Israéliens étaient sur la place Rabin pour la marche de protestation menée par la communauté arabe contre la loi récemment adoptée qui, selon les critiques, marginalise les citoyens non-juifs de l’État.

Par moment, certains participants ont chanté en faveur de la Palestine et contre Israël, on pouvait aussi entendre « Avec du sang et du feu, nous allons racheter la Palestine », selon le quotidien Yedioth Ahronoth.

Dimanche, la ministre de la Culture Miri Regev a déclaré qu’elle porterait la question des drapeaux palestiniens devant le procureur général.

« Il ne peut y avoir de telles situations où des drapeaux palestiniens sont agités à Tel-Aviv, a-t-elle dit. « Je vais me tourner vers le procureur général [à ce sujet]. »

« Le fait que la gauche s’est jointe aux Arabes est absurde, a-t-elle ajouté. « Je suis sûr que Rabin se retournerait dans sa tombe s’il voyait ce qui s’est passé sur la place Rabin. »

Des Israéliens arabes et des militants protestent contre la  » loi de l’État-nation juif  » à Tel Aviv le 11 août 2018 (Tomer Neuberg/Flash90).

Les citoyens arabes d’Israël jouissent de tous les droits de citoyenneté, mais se plaignent depuis longtemps de discrimination dans certains domaines comme l’emploi et le logement. Ils partagent l’ethnicité et la culture des Palestiniens de Cisjordanie et de la bande de Gaza et s’identifient souvent comme Palestiniens plutôt qu’Israéliens, même s’ils ne sont pas en soi des nationalistes palestiniens.

Dimanche, le leader de la Liste arabe unie, Ayman Odeh, a répondu à la critique en disant que seulement quelques douzaines de manifestants avaient agité des drapeaux palestiniens et que l’esprit général du rassemblement n’était pas de nature nationaliste.

« Trente mille personnes se sont rassemblées sur la place Rabin pour exprimer leur revendication légitime et juste de l’égalité des droits civils pour tous et a exhorté les Juifs israéliens à accepter l’identité palestinienne des citoyens arabes. » a-t-il déclaré à la radio de l’armée.

« Nous sommes des Arabes, et cela doit être accepté, a-t-il dit. « Nous avons une culture, une langue et une histoire. »

« Je suis membre du peuple arabe palestinien et citoyen d’Israël en même temps….. acceptez-moi tel que je suis », a-t-il dit.

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