L’UE conditionne l’aide à l’AP à son acceptation des revenus fiscaux – média
Rechercher

L’UE conditionne l’aide à l’AP à son acceptation des revenus fiscaux – média

Les pays européens ont exhorté Abbas d'accepter l'argent des recettes fiscales d'Israël ; il a refusé à condition d'un engagement écrit que l'annexion n'aura pas lieu

Le président de l'Autorité palestinienne Mahmoud Abbas s'adresse aux médias lors du Conseil de l'UE à Bruxelles le 22 janvier 2018. (AP Photo/Geert Vanden Wijngaert)
Le président de l'Autorité palestinienne Mahmoud Abbas s'adresse aux médias lors du Conseil de l'UE à Bruxelles le 22 janvier 2018. (AP Photo/Geert Vanden Wijngaert)

L’Union européenne (UE) n’augmentera pas son aide à l’Autorité palestinienne (AP) tant que celle-ci n’aura pas accepté les recettes fiscales collectées en son nom par Israël, selon une information diffusée mercredi.

Les Palestiniens ont refusé d’accepter les centaines de millions de dollars de recettes fiscales collectées par Israël et qu’il détient en leur nom, pour protester contre le plan d’annexion du Premier ministre Benjamin Netanyahu de certains pans de la Cisjordanie, mis en veilleuse dans le cadre de l’accord de normalisation conclu le mois dernier avec les Émirats arabes unis.

Les Palestiniens ont également rompu la coordination sécuritaire et civile en signe de protestation.

Citant des diplomates européens et des responsables israéliens, le site d’information Axios a déclaré que les Palestiniens ont demandé des prêts à l’UE et à plusieurs pays européens non spécifiés ces dernières semaines pour payer les salaires, alors que l’AP basée à Ramallah est confrontée à une crise financière due à son refus d’accepter les fonds fiscaux et à la pandémie de coronavirus.

L’UE, la France, l’Allemagne, la Grande-Bretagne et la Norvège ont déclaré à Abbas qu’elles considéraient désormais l’annexion comme un sujet n’étant plus à l’ordre du jour et qu’il devrait donc accepter les 750 millions de dollars détenus par le ministère israélien des Finances. Mais le chef de l’AP a refusé d’obtempérer, sans un engagement écrit selon lequel Netanyahu ne poursuivra pas son projet d’extension de la souveraineté sur les terres de Cisjordanie, selon le site d’information.

Le chef de la politique étrangère de l’Union européenne, Josep Borrell, s’exprime lors d’une conférence de presse à Bruxelles, le 30 juin 2020. (AP Photo/Virginia Mayo, Pool)

Le chef de la politique étrangère de l’UE, Josef Borrell, a également téléphoné à Abbas pour lui dire que l’Europe n’offrirait pas d’aide financière ou de prêts tant que l’AP n’aurait pas accepté les fonds fiscaux, selon le site, et l’a exhorté à reprendre sa coopération avec Israël. Les diplomates cités par le site d’information ont déclaré qu’Abbas était évasif sur ce point.

La Jordanie et l’Egypte ont transmis des messages similaires, selon les responsables israéliens.

En juillet, l’UE a annoncé une subvention de 23 millions d’euros à l’AP, pour l’aider à verser partiellement les salaires du mois précédent.

L’UE, le plus grand donateur de l’AP, a envoyé quelque 2,8 milliards d’euros d’aide directe à l’AP depuis 2008. En comptant les engagements financiers supplémentaires envers la société civile palestinienne et l’Office de secours et de travaux des Nations unies pour les réfugiés de Palestine dans le Proche-Orient (UNWRA), qui bénéficient également aux Palestiniens, l’Union européenne leur a versé plus de 1,11 milliard d’euros de 2017 à 2020.

Les revenus fiscaux collectés par Israël ont toujours représenté un large pourcentage du budget de l’AP. Depuis le début de la pandémie de coronavirus, ils sont devenus néanmoins plus indispensables encore : Les fonds issus des impôts prélevés par l’AP ont fondu, avec la fermeture des entreprises et le confinement des Palestiniens qui sont nombreux à être dorénavant au chômage. Pour leur part, les donateurs étrangers ont eu tendance à tenter de soulager la crise entraînée par la COVID-19 dans leurs propres pays.

L’AP s’est trouvée dans l’incapacité de rémunérer ses employés pendant des mois, parvenant finalement à rassembler suffisamment de fonds pour payer une partie des salaires du mois de mai au commencement du mois de juillet.

En savoir plus sur :
C’est vous qui le dites...