L’UE inflige des sanctions à l’Iran après des meurtres sur le sol européen
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L’UE inflige des sanctions à l’Iran après des meurtres sur le sol européen

Prise à l'unanimité des Etats membres, cette décision intervient alors que La Haye a accusé Téhéran d'être impliqué dans le meurtre de deux dissidents sur le sol néerlandais

Le chef de la diplomatie néerlandaise Stef Blok à  l'assemblée générale des Nations unies, le 27 septembre 2018. (Crédit : AP/Jason DeCrow)
Le chef de la diplomatie néerlandaise Stef Blok à l'assemblée générale des Nations unies, le 27 septembre 2018. (Crédit : AP/Jason DeCrow)

L’Union européenne a imposé mardi des sanctions aux services de renseignement iranien et à deux de ses responsables accusés d’être impliqués dans une série de meurtres et de complots visant des dissidents aux Pays-Bas, au Danemark et en France.

Prise à l’unanimité des Etats membres, cette décision intervient alors que La Haye a accusé pour la première fois mardi Téhéran d’être impliqué dans le meurtre de deux dissidents sur le sol néerlandais en 2015 et 2017, qui avait conduit à l’expulsion de deux diplomates iraniens.

Les sanctions sont prises à l’encontre de la « Direction pour la sécurité intérieure » du renseignement iranien et de deux responsables de cette division, dont son chef, Saeid Hashemi Moghadam, a indiqué le ministère danois des Affaires étrangères dans un communiqué.

Cela signifie que les fonds et autres actifs financiers de cette entité et de ces deux personnes ont été gelés.

Sur la base d’informations émanant des services de renseignement de plusieurs pays européens, l’UE estime qu’il est probable que l’Iran a été impliqué dans des meurtres et des complots sur le territoire européen.

« Il est très encourageant de constater que l’UE vient de convenir de nouvelles sanctions ciblées contre l’Iran en réponse à des activités hostiles et à des complots planifiés et perpétrés en Europe, y compris au Danemark », a réagi dans un tweet le Premier ministre danois Lars Løkke Rasmussen.

« L’UE reste unie – de telles actions sont inacceptables et doivent avoir des conséquences », a-t-il ajouté.

Le Danemark a en octobre accusé l’Iran d’avoir préparé un « attentat » contre trois Iraniens résidant dans le pays scandinave, membres présumés du Mouvement arabe de lutte pour la libération d’Ahvaz, tenu en partie responsable par Téhéran d’un attentat meurtrier dans le sud-ouest du pays.

Depuis, Copenhague a cherché le soutien de ses alliés européens sur des sanctions communes, tout en défendant l’accord international sur le nucléaire avec Téhéran.

Projet d’attentat en France

Du côté de Paris, les autorités françaises avaient annoncé fin juin avoir également déjoué un attentat organisé par les services de renseignements de Téhéran et visant un rassemblement d’un groupe d’opposants iraniens près de Paris.

Maryam Rajavi, chef des Moudjahidines du peuple iranien (MEK), un groupe d’opposition, salue le public au rassemblent Free Iran 2018, à Villepinte, le 30 juin 2018. (Crédit : AFP / Zakaria ABDELKAFI

Le ministère français des Affaires étrangères s’est félicité des mesures prises par Bruxelles, jugeant les services de renseignement iraniens « responsables » de l’organisation du projet d’attentat déjoué le 30 juin 2018 à Villepinte, au nord de la capitale française, contre un rassemblement des Moudjahidine du Peuple Iranien (MEK), opposition iranienne.

Les sanctions européennes traduisent « la solidarité des Etats membres » de l’UE et « leur détermination à agir de manière unie pour ne pas laisser sans réponse une action hostile et inacceptable perpétrée sur le sol européen », a indiqué dans un communiqué la porte-parole du Quai d’Orsay Agnès von der Mühll.

Lors de la proclamation des sanctions mardi, les Pays-Bas, le Royaume-Uni, la France, l’Allemagne, le Danemark et la Belgique ont fait part aux autorités iraniennes de leurs « sérieuses inquiétudes ».

« Téhéran a été informé que toute implication dans de telles affaires est totalement inacceptable et doit cesser immédiatement », a fait savoir le gouvernement néerlandais, appelant l’Iran à « coopérer pleinement à la résolution des problèmes actuels et aux enquêtes criminelles ».

Dans le cas contraire, la prise de sanctions supplémentaires n’est pas exclue, a-t-il prévenu.

Mohammad Javad Zarif, ministre iranien des Affaires étrangères, pendant la 53e Conférence sur la sécurité de Munich, le 19 février 2017. (Crédit : Christof Stache/AFP)

« Les Européens, y compris le Danemark, les Pays-Bas et la France, abritent MEK … ainsi que d’autres terroristes organisant le meurtre d’Iraniens innocents d’Europe », a réagi mardi dans un tweet le chef de la diplomatie iranienne Mohammad Javad Zarif.

« Accuser l’Iran ne déchargera pas l’Europe de la responsabilité d’abriter des terroristes », a-t-il ajouté.

Accord nucléaire

Toutefois, les mesures prises par l’UE mardi ne sont pas liées à l’accord nucléaire iranien, a souligné le gouvernement néerlandais.

L’engagement de la France et de ses partenaires européens en faveur du dialogue avec l’Iran et de la préservation de l’accord sur le nucléaire iranien n’est pas remis en cause, tant que Téhéran s’acquittera à cet égard de ses obligations, a abondé Paris.

« Néanmoins, l’Iran sera tenu pour responsable de toutes les questions qui touchent les intérêts de la sécurité européenne et internationale … », y compris les assassinats aux Pays-Bas en 2015 et 2017, ont insisté les Pays-Bas.

Les services de renseignement néerlandais ont de « fortes indications » que Téhéran était derrière les meurtres de deux citoyens néerlandais d’origine iranienne à Almere (centre) en 2015 et à La Haye en 2017.

Les deux victimes, alors identifiées par la police comme Ali Motamed, 56 ans, et Ahmad Molla Nissi, 52 ans, étaient des opposants au régime iranien.

Sans en révéler les raisons, les Pays-Bas ont expulsé en juin deux employés de l’ambassade iranienne. Un « geste hostile et destructeur » aux yeux de Téhéran, qui a alors menacé La Haye de représailles.

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