L’un des suspects du meurtre de Mireille Knoll visitait des sites antisémites
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L’un des suspects du meurtre de Mireille Knoll visitait des sites antisémites

Ces éléments ont été ajoutés au dossier alors que le mobile antisémite du crime avait, pendant un temps, été sujet à question

Mireille Knoll, 85 ans, une survivante de la Shoah qui a été retrouvée assassinée dans son appartement parisien, en amrs 2018. (Crédit : Autorisation)
Mireille Knoll, 85 ans, une survivante de la Shoah qui a été retrouvée assassinée dans son appartement parisien, en amrs 2018. (Crédit : Autorisation)

Yacine Mihoub, l’un des deux suspects dans le meurtre de l’octogénaire juive Mireille Knoll, avait consulté des articles et des vidéos antisémites, a révélé ce week-end le Journal du Dimanche.

Ces éléments ont été découverts après l’analyse du matériel informatique du suspect saisi lors d’une perquisition en mai, et à de nouvelles auditions. L’un des sites consultés dénommait « fils de chien » l’ambassadeur d’Israël aux Etats-Unis, tandis qu’un autre dénonçait la présence de « trop de Juifs » à la télévision. L’homme aurait également effectué des recherches consacrées à l’islam salafiste, aux Frères musulmans en France et à la haine des chrétiens et des Juifs dans le Coran.

Selon l’article, Yacine Mihoub aurait affirmé auprès de ses proches avoir rencontré le terroriste Amedy Coulibaly en prison – ce qui, après vérification, a été démenti par la police.

Avant le meurtre, dans sa cellule de Fleury-Mérogis, il avait inscrit sur les murs « Les frères Kouachi ne sont pas morts pour rien ». Il aurait affirmé auprès d’un co-détenu « ne pas croire à la Shoah ». Milhoub présenterait un profil psychologique « perturbé » et serait en proie à des problèmes d’alcool.

« J’étais réservé au début de cette terrible affaire, a estimé Gilles-William Goldnadel, avocat des deux fils de Mireille Knoll, mais les derniers éléments recueillis par la police ne me laissent plus aucun doute sur le caractère antisémite de ce meurtre. »

Le 23 mars 2018, le corps de Mireille Knoll, 85 ans, atteinte de Parkinson, avait été retrouvé lardé de 11 coups de couteau et partiellement carbonisé dans son appartement d’une HLM de l’avenue Philippe-Auguste, dans l’est parisien. Le mobile antisémite du crime avait, pendant un temps, été sujet à question.

Deux suspects avaient vite été identifiés : Yacine Mihoub, le fils d’une voisine âgé aujourd’hui de 29 ans, et Alex Carrimbacus, un individu ayant des antécédents psychiatriques, 23 ans. Tous deux s’étaient connus en prison.

Ils ont été mis en examen puis écroués pour « homicide volontaire » et « vol », avec la circonstance aggravante de l’antisémitisme, que le parquet avait immédiatement retenue, en s’appuyant sur les premières déclarations du plus jeune. Les deux suspects s’accusent mutuellement.

Veuve d’un survivant d’Auschwitz, Mireille Knoll a fui la persécution nazie dans son enfance et a été « assassinée parce qu’elle était Juive », avait affirmé le président Emmanuel Macron.

Le 12 juin dernier, le Conseil de la ville de Paris a voté afin de baptiser une allée de la capitale en hommage à Mireille Knoll. Elle sera située entre le 11e et le 20e arrondissement, au niveau du boulevard de Ménilmontant.

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