Macron met en garde la Turquie contre toute volonté d’ « invasion » de la Syrie
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Macron met en garde la Turquie contre toute volonté d’ « invasion » de la Syrie

Le président français dénonce les assauts de l'armée turque contre les Kurdes en Syrie

Emmanuel Macron et Recep Tayyip Erdogan le 25 mai 2017 à Bruxelles. (Crédit : ERIC FEFERBERG / POOL / AFP)
Emmanuel Macron et Recep Tayyip Erdogan le 25 mai 2017 à Bruxelles. (Crédit : ERIC FEFERBERG / POOL / AFP)

Le président français Emmanuel Macron a mis en garde la Turquie contre toute velléité d' »invasion » de la Syrie, après les assauts menés conjointement par l’armée turque et ses alliés arabes syriens contre une milice kurde dans le nord-ouest du pays.

« S’il s’avérait que cette opération devait prendre un autre tour qu’une action pour lutter contre un potentiel terroriste menaçant la frontière turque et que c’était une opération d’invasion, à ce moment, cette opération nous pose un problème réel », prévient M. Macron, cité dans un article mis en ligne mercredi par le quotidien français Le Figaro.

Réagissant à ces déclarations lors d’une conférence de presse télévisée à Ankara, le Premier ministre turc Binali Yildirim a déclaré que cette « idée (était) fondamentalement erronée ».

« Le monde entier sait et doit savoir que la Turquie n’agit absolument pas dans une logique d’invasion”, a-t-il ajouté.

M. Yildirim a affirmé que l’objectif de l’offensive d’Afrine était similaire à celui de l’opération Bouclier de l’Euphrate que la Turquie avait lancée en août 2016 dans un autre secteur du nord de la Syrie pour en chasser les jihadistes du groupe Etat islamique (EI) et les milices kurdes.

L’armée turque a intensifié mardi ses raids aériens sur la région kurde d’Afrine dans le nord de la Syrie, plus d’une semaine après le lancement d’une offensive visant à chasser les combattants kurdes de ce secteur frontalier de la Turquie.

Malgré les appels à la retenue, le président turc Recep Tayyip Erdogan a réaffirmé mardi que l’offensive ne s’arrêterait pas « avant l’élimination de la menace terroriste » à la frontière turque, en allusion à la milice kurde des Unités de protection du peuple (YPG), considérés comme « terroristes » par Ankara.

« J’ai appelé tout de suite à la précaution et à la retenue et évoqué dès les premières heures (de cette offensive) la préoccupation qui était la nôtre », a ajouté le président Macron.

L’opération menée par la Turquie « suppose d’avoir des discussions et de prendre des décisions à la fois entre Européens, mais plus largement entre alliés. Car elle change la nature de cette incursion turque et c’est pour cela que je vais parler dans les prochains jours à nouveau avec Erdogan », poursuit-il.

« Je souhaite travailler avec les Jordaniens qui accueillent beaucoup de réfugiés et, autour des Jordaniens, que l’on puisse construire une véritable solution inclusive avec les Saoudiens, les Américains et les Égyptiens », indique M. Macron.

« Je souhaite convaincre les Turcs et les Russes qu’on peut construire cette solution véritablement inclusive, et alors l’opposition syrienne viendra (aux négociations) et les Russes doivent y amener le régime » syrien, enchaîne-t-il.

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