Maisons de retraite : L’armée en renfort dans la guerre contre le COVID-19
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Maisons de retraite : L’armée en renfort dans la guerre contre le COVID-19

Dans une maison de repos à Beer Sheva, six personnes sont décédées du virus et quatre à Jérusalem ; l'épidémie est aussi apparue dans des structures à Holon et Nahariya

Photo d'illustration : Une maison de retraite pour personnes âgées à Jérusalem, le 15 avril 2008 (Crédit : Anna Kaplan/Flash90)
Photo d'illustration : Une maison de retraite pour personnes âgées à Jérusalem, le 15 avril 2008 (Crédit : Anna Kaplan/Flash90)

Le nouveau coronavirus se propage rapidement dans les maisons de retraite de tout le pays. Les inquiétudes pour la sécurité des résidents âgés sont donc vives et le gouvernement a décidé de déployer des ressources militaires pour aider à contenir l’épidémie.

« Le ministère de la Défense et le Commandement du Front intérieur ont été désignés pour aider le ministère de la Santé à prendre en charge les aspects opérationnels de la crise dans les maisons de repos », a annoncé le bureau du Premier ministre dans un communiqué émis dimanche.

La chaîne Kan a fait savoir que le Commandement du Front intérieur s’opposait à cette initiative mais que le ministre de la Défense, Naftali Bennett, voulait que l’armée puisse assumer un rôle plus important dans la gestion de la réponse de la nation à la crise.

Le bilan des décès des malades du coronavirus, en Israël, s’élevait à 47, dimanche.

Une femme de 84 ans qui se trouvait dans une maison de retraite du Mishan Group à Beer Sheva, est morte. Elle est la sixième victime de la maladie au sein de cette structure.

Les soldats israéliens livrent de la nourriture à un homme âgé israélien dans le cadre d’un effort militaire visant à aider la population à risque du pays lors de l’épidémie de coronavirus du 2 avril 2020. (Crédit : armée israélienne)

Quatre personnes ont été testées positives dans une autre maison de repos dirigée par le Mishan Group à Holon – deux résidents et deux membres du personnel – mais aucune politique d’isolement ou de dépistage n’a encore été mise en place, a indiqué le site Ynet dans la journée de samedi.

La structure de Holon est particulièrement grande, avec 500 résidents.

« Quand nous avons demandé pourquoi nos parents n’étaient pas à l’isolement, on nous a dit que ce type d’instruction devait venir du ministère de la Santé et qu’il était impossible de prendre ce genre de décision seul », a expliqué au site la fille de l’un des résidents.

« Nous n’avons pas le droit d’entrer », a-t-elle ajouté. « Nous souhaitons qu’ils les isolent, qu’ils prennent soin d’eux. Ils mangent encore dans une cafeteria, tous ensemble, ils continuent à se voir les uns les autres. Nous avons peur que cela se termine comme à Beer Sheva », a-t-elle poursuivi, se référant à la maison de repos du Mishan Group établie dans cette ville du sud du pays.

Le Mishan Group a indiqué, vendredi, avoir demandé aux services du Magen David Adom de venir dépister tous les résidents accueillis à Holon. Il a ajouté que le site se trouvait « complètement isolé de l’extérieur depuis maintenant deux semaines, exception faite pour le personnel d’assistance ».

Il a également fait savoir que tous les résidents seraient dorénavant isolés les uns des autres.

La maison de repos Mishan à Beer Sheva (Capture d’écran/Treizième chaîne)

Pour sa part, un infirmier de la maison de retraite Freemasons de Nahariya, dans le nord du pays, a été testé positif au virus, samedi – c’est la huitième personne au sein de la structure et le troisième employé à avoir contracté l’infection.

Les résidents malades ont entre 75 et 97 ans, une catégorie d’âge extrêmement vulnérable au COVID-19 et qui présente un taux de mortalité possible de 20 %.

Un neuvième résident infecté – un homme de 91 ans qui a été pris en charge à l’hôpital Galil, dans la ville – se trouve dans un état grave, atteint d’une pneumonie et en proie à des difficultés respiratoires. Le personnel de l’hôpital est dans l’attente des résultats de son test.

La maison de retraite est petite et ne compte que 32 pensionnaires.

La fondatrice de l’institution, Jocelyn Sayag, a critiqué le gouvernement pour son incapacité à envoyer de l’aide et des matériels de protection. Seul un infirmier est au service des résidents vingt-quatre heures sur vingt-quatre au lieu des cinq qui se répartissent le travail habituellement.

Un membre de Hevra Kadisha, organisation qui prépare les dépouilles conformément à la tradition juive, pousse le corps d’un homme décédé du coronavirus pendant ses funérailles dans la ville côtière d’Ashkelon, le 2 avril 2020 (Crédit :AP Photo/Tsafrir Abayov)

« La charge de travail est inhumaine. Nous travaillons sans personnel et sur la ligne de front. Pourquoi l’Etat ne nous envoie-t-il pas les soldats, au moins quelqu’un qui pourrait s’installer à chaque étage et s’assurer que les résidents restent confinés dans leur chambre ? », demande-t-elle.

« Une maison de retraite, c’est comme un hôpital : C’est un lieu sensible. Si tout cela avait été pris au sérieux, il y aurait eu des tests pour les médecins, pour les infirmiers et pour les aides-soignants dans les hôpitaux, dans les maisons de retraite et autres structures médicales. On aurait pu détecter plus tôt les malades », s’exclame-t-elle.

Le centre de vie médicalisé Nofim Tower à Jérusalem a également été durement frappé par la pandémie de virus, avec quatre victimes décédées.

Et tandis que le bilan ne cesse de s’alourdir à la maison de repos Mishan à Beer Sheva, les proches des résidents disent prévoir de porter plainte contre les administrateurs de la structure et contre le ministère de la Santé pour faute professionnelle.

« Le ministère de la Santé, en tant que régulateur, n’a rien supervisé, rien surveillé. Il a fait des économies sur le dos des soins aux personnes âgées », a déclaré un représentant des familles des résidents à la chaîne publique Kan, dimanche matin.

Des proches des résidents de la maison de retraite Mishan à Beer Sheva lors d’une manifestation, le 29 mars 2020 (Capture d’écran : Twitter) Relatives of residents of the Mishan assisted living facility in Beersheba protest on March 29, 2020. (Screen capture: Twitter)

Il y a eu au total au moins 42 résidents et employés testés positifs au virus dans cette structure de Beer Sheva.

Dans la plainte, les familles clameront que leurs proches ont été négligés, entraînant leur contamination au COVID-19, et que les responsables du ministère de la Santé et les personnels médicaux n’ont rien fait pour les isoler les uns des autres ou pour les dépister, a noté la Douzième chaîne.

Les plaignants affirmeront également que les déclarations faites par certains résidents, qui avaient dit ressentir des douleurs et de la fièvre – des symptômes du COVID-19, la maladie causée par le coronavirus – n’ont pas été prises au sérieux et que des personnes avaient ensuite été contaminées, au sein de la structure, parce qu’aucune mesure de quarantaine n’avait été prise.

Selon les familles, aucun résident ni aucun employé de la structure présentant des symptômes du COVID-19 n’aurait été dépisté.

Samedi, une survivante de la Shoah âgée de 88 ans, la docteure Nelia Kravitz, qui avait été médecin au centre médical Soroka pendant 20 ans, est devenue la cinquième personne accueillie à la maison de retraite Mishan à Beer Sheva à mourir du coronavirus.

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