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Malgré une très récente décision de justice, la police arrête un fidèle juif

Le tribunal de première instance de Jérusalem a rendu dimanche une décision presque sans précédent ; la police a interpellé un homme juif venu prier sur le Mont du Temple

Capture d'écran de la vidéo d'un juif arrêté par la police pour s'être prosterné sur le Mont du Temple à Jérusalem, le 23 mai 2022. (Crédit: Twitter)
Capture d'écran de la vidéo d'un juif arrêté par la police pour s'être prosterné sur le Mont du Temple à Jérusalem, le 23 mai 2022. (Crédit: Twitter)

Un homme juif a été arrêté par la police pour s’être prosterné sur le Mont du Temple à Jérusalem lundi, un jour après qu’une décision de justice a été rendue.  La décision semblait permettre aux juifs de s’adonner à de telles pratiques religieuses sur ce lieu saint extrêmement sensible, contrecarrant des décennies d’application de la loi contre cette pratique.

Des enregistrements vidéos ont montré deux hommes essayant d’accéder au Mont du Temple portant leur talit – châles de prière – et leurs tefillin – phylactères de prière. La police leur a interdit l’entrée mais l’un des deux hommes a réussi à entrer, avant d’être finalement arrêté.

L’incident est survenu au lendemain d’une décision de justice sans précédent, qui a donné raison à trois adolescents juifs qui avaient été temporairement interdits d’accès au Mont du Temple après s’être prosternés et avoir récité la prière « Shema Yisrael ».

Le député Itamar Ben Gvir, leader du parti d’extrême droite Otzma Yehudit, a publié la vidéo des deux hommes arrivant au portique de sécurité et a accusé la police de « ne pas respecter une décision de justice ».

« La police envoie un message d’anarchie et encourage malheureusement les jeunes à ne pas respecter les décisions de justice », a-t-il écrit.

Le Mont du Temple, connu des musulmans sous le nom de Haram al-Sharif, est le site le plus sacré pour les Juifs et le troisième lieu de culte le plus sacré de l’Islam. C’est l’épicentre émotionnel du conflit israélo-palestinien, et les tensions qui y règnent ont contribué à déclencher la guerre de 11 jours à Gaza en mai de l’année dernière.

Le mois dernier, pendant la convergence du mois sacré musulman du Ramadan et de Pessah, le site a été le théâtre d’affrontements quasi quotidiens entre les forces de sécurité israéliennes et les émeutiers palestiniens, alimentant les craintes de graves violences.

Le ministre de la Coopération régionale Issawi Frej , a déclaré lors d’une interview à la chaîne publique Kan que la décision du tribunal, qui semble soutenir la prière juive, « frise la stupidité ».

« Cela me fait penser comment un seul idiot peut brûler une forêt entière », a-t-il déclaré.  » Ce n’est pas une décision judiciaire, mais politique.  »

« Chacun a son lieu de prière, le Mont du Temple pour les musulmans et le mur Occidental pour les juifs », a déclaré Frej. « La majorité veut que les choses restent comme elles le sont. Nous ne devons pas jouer avec le feu. Nous nous dirigeons vers une escalade. »

Le ministre de la Coopération régionale Issawi Frej participe à une réunion de la faction Meretz à la Knesset, le 28 février 2022. (Crédit: Yonatan Sindel/Flash90)

Dans sa décision de dimanche, le juge Zion Saharay a déclaré qu’il ne considérait pas le fait de s’incliner et de réciter une prière comme une cause suffisante pour restreindre la liberté de culte, de peur que cela ne provoque des troubles sur le site.

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