Manifestation à Petah Tikva après des violences policières présumées
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Manifestation à Petah Tikva après des violences policières présumées

Le Camp démocratique a exigé une enquête sur l'attitude adoptée par les forces de police lors des manifestations anti-corruption de vendredi, près du domicile de Mandelblit

Des Israéliens lors d'une manifestation anti-corruption près de l'habitation du procureur-général Avichai Mandelblit à Petah Tikva, le 17 août 2019 (Crédit : Roy Alima/Flash90)
Des Israéliens lors d'une manifestation anti-corruption près de l'habitation du procureur-général Avichai Mandelblit à Petah Tikva, le 17 août 2019 (Crédit : Roy Alima/Flash90)

Des centaines de personnes ont manifesté samedi à Petah Tikva et ce, alors que les militants, ainsi que les leaders du parti du Camp démocratique de gauche, réclament l’ouverture d’une enquête sur des violences policières présumées qui auraient été commises vendredi.

Parmi les victimes de ces violences se trouveraient des personnes âgées.

De leur côté, les forces de l’ordre avaient fait savoir vendredi qu’elles avaient arrêté quatre personnes et placé trois autres en détention pendant ces rassemblements dénonçant la corruption qui sont régulièrement organisés aux abords de la maison du procureur-général Avichai Mandelblit.

Les responsables ont expliqué que les manifestants n’avaient pas respecté les nouvelles directives qui interdisent les rassemblements de protestation le long du parcours séparant l’habitation du procureur-général et la synagogue de son quartier.

Mais, selon les activistes, le nombre d’arrestations et les circonstances dans lesquelles se sont effectuées ces dernières sont différentes de ce que la police a pu affirmer. Ils ont déclaré que plusieurs personnes appréhendées se dirigeaient au moment de leur interpellation vers le domicile d’un autre militant de Petah Tikva, non pas pour manifester mais pour se rendre à une célébration à l’occasion de la fête juive de Tu BeAv. Les activistes ont déclaré que les policiers les avaient agressés, bousculés et frappés. Parmi les victimes de ces violences, plusieurs personnes âgées.

Suite à cet incident, des douzaines de personnes ont organisé un mouvement de protestation devant le commissariat de la ville. Les activistes ont indiqué que la police avait arrêté encore quelques personnes à cette occasion, traitant les participants à ce rassemblement avec agressivité.

Une vidéo de la police procédant à la dispersion de la manifestation a été publiée sur Facebook.

מעצרים בפתח תקווה של מפגינים שהתיישבו על הכביש בכניסה למשטרת פ'ת, בעקבות מעצר מוקדם יותר של חבריהם בשכונתו של היועמ'ש מנדלבליט, כולל עו'ד סיגלית קסלר ממובילות המחאה שנעצרה בכניסה לתחנה, 16-8-2019

פורסם על ידי ‏‎Rafi Michaeli‎‏ ב- יום שישי, 16 באוגוסט 2019

Le nombre de personnes qui se trouvaient encore derrière les barreaux samedi soir reste indéterminé.

L’ancien Premier ministre Ehud Barak du Camp démocratique a vivement recommandé au ministre de la Sécurité intérieure Gilad Erdan de garantir immédiatement la libération des détenus et d’ouvrir une enquête sur l’incident.

« Des personnes âgées ont été frappées et arrêtées dans ce qui semble être une démonstration d’un usage disproportionné de la force », a-t-il commenté. « Un homme de loi a été menotté, les personnes appréhendées n’ont pas pu rencontrer d’avocat. Depuis quand le caractère sacré du ‘parcours’ emprunté par le procureur-général l’emporte-t-il sur les droits fondamentaux des citoyens ? », a-t-il interrogé.

Un autre leader du Camp démocratique, Nitzan Horowitz, a qualifié l’incident de « corruption devenue hors de contrôle ».

La police, a-t-il continué, « interpelle des individus qui marchent dans la rue, elle les arrête et les place en détention simplement parce qu’elle soupçonne qu’ils pourraient prévoir de manifester ».

Il a déclaré que le comportement des forces de l’ordre s’apparentait à de la « lâcheté… De tels incidents n’arrivent jamais dans une démocratie normale ».

Les activistes ont porté plainte devant la Haute cour de justice contre les nouvelles directives de la police qui ont été émises la semaine dernière et qui limitent strictement les secteurs où des rassemblements peuvent être organisés, interdisant en outre l’usage de haut-parleurs. Ces nouvelles règles réduisent également les horaires au cours desquels de telles manifestations peuvent avoir lieu.

Cela fait des années que les militants qui se battent contre la corruption manifestent régulièrement devant l’habitation de Mandelblit, réclamant l’inculpation du Premier ministre dans les affaires de corruption dans lesquelles il est impliqué.

Le procureur général Avichai Mandelblit assiste à une cérémonie pour le nouveau ministre de la Justice Amir Ohana au ministère de la Justice à Jérusalem, le 23 juin 2019. (Yonatan Sindel/Flash90)
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