Manifestation contre la fermeture de la Knesset ; affrontements avec la police
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Manifestation contre la fermeture de la Knesset ; affrontements avec la police

Les forces de l'ordre ont tenté de bloquer un convoi de voitures qui rejoignait la capitale et ont arrêté 5 personnes durant une manifestation devant le Parlement

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Plus de 100 voitures transportant des manifestants opposés à la fermeture de la Knesset ont rejoint la capitale jeudi, malgré les efforts de la police pour disperser le convoi. Les manifestants se sont ensuite rassemblés devant le Parlement et ont affronté la police, ce qui a donné lieu à 5 arrestations.

Les dirigeants de l’opposition ont reproché à la police d’avoir tenté d’étouffer les protestations, accusant les forces de l’ordre de se livrer à des actions antidémocratiques au service d’un gouvernement non élu. La police a rejeté ces accusations en affirmant qu’elle ne faisait que maintenir l’ordre public et veiller au respect de la loi.

Les organisateurs de la manifestation affirmaient vouloir « sauver la démocratie » de la menace des actions prises par le gouvernement sous couvert de la lutte contre le coronavirus.

Le président de la Knesset Yuli Edelstein a refusé de laisser la Knesset voter sur la formation d’une commission chargée de superviser les mesures drastiques prises par le gouvernement pour faire face au virus, évoquant la nécessité de négociations unies avec Kakhol lavan et des réglementations empêchant les députés de se réunir, mais a été accusé d’utiliser la crise comme couverture pour s’accrocher au pouvoir illégalement.

A LIRE : Pourquoi fermer la Knesset au moment où les Israéliens en ont le plus besoin ?

Les manifestants ont déclaré que le convoi était conforme aux directives du ministère de la Santé dites de distanciation sociale.

Un convoi de voitures traverse Jérusalem pour protester contre la fermeture de la Knesset et le manque de contrôle sur les actions du gouvernement pendant la crise du coronavirus, le 19 mars 2020. (Crédit : Facebook)

Partis de Tel Aviv, les véhicules ont parcouru la Route 1 vers Jérusalem brandissant des drapeaux israéliens en noir et blanc depuis leurs voitures.

La police a arrêté le convoi près de Latrun, à 25 kilomètres de Jérusalem, et a fait savoir aux automobilistes qu’ils n’étaient pas autorisés à poursuivre leur route.

Dans un communiqué, la police a indiqué que les voitures roulaient doucement pour « une manifestation illégale non autorisée » et que par conséquence, cela perturbait la circulation entre l’échangeur Beth Shemen et Latrun.

Des vidéos relayées sur les réseaux sociaux ont montré la police empêcher le convoi de rejoindre la capitale, et les policiers ont indiqué qu’il s’agissait des ordres du chef de la police du district.

 La police arrête une manifestation – des gens dans leur voiture – contre la fermeture de la Knesset conformément aux règlements du ministère de la Santé – sans raison précise.

« Pourquoi est-ce illégal », demande le manifestant.

« Parce que », dit l’officier. https://t.co/fsGQXuRWpQ

– Judah Ari Gross (@JudahAriGross) 19 mars 2020

Les organisateurs de la manifestation ont conseillé aux participants de baisser leurs drapeaux jusqu’à ce qu’ils atteignent la capitale, où devait se dérouler la manifestation, devant la Knesset.

La police a ensuite autorisé le convoi à continuer, après avoir été critiquée par les députés de l’opposition, dont l’ancien chef de la police du district de Jérusalem et désormais député Kakhol lavan Mickey Levy.

Des dizaines d’automobilistes ont ensuite réussi à rejoindre Jérusalem et à atteindre le quartier du Parlement, où la police a bloqué l’accès aux rues menant directement à la Knesset. Le son des klaxons des chauffeurs s’est fait entendre dans une large partie de la ville.

Des manifestants affrontent la police lors d’une manifestation contre la décision du premier ministre israélien Bemjamin Netanyahu d’autoriser l’agence de sécurité intérieure israélienne à utiliser les données de localisation des téléphones portables pour aider à combattre le coronavirus, le 19 mars 2019. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

La police a déclaré que cinq manifestants avaient été arrêtés après s’être « comportés de manière désordonnée, avoir bloqué une route et avoir violé les directives sanitaires [du ministère de la Santé] ».

פורסם על ידי ‏‎Shanya Ben Haim‎‏ ב- יום חמישי, 19 במרץ 2020

Le président du parti Kakhol lavan Benny Gantz a appelé à suivre les instructions du ministère de la Santé et à éviter les rassemblements, mais a salué l’inquiétude des citoyens concernant « les actions visant à écraser la démocratie menées par Netanyahu et Edelstein » et a souligné que bloquer le convoi était « déraisonnable dans un pays démocratique ».

Son numéro 2, Yair Lapid, a « salué » les manifestants. Ofer Shelah, un autre député Kakhol lavan, a affirmé que la police était venue avec « pour mission de violenter les automobilistes ».

« Ils ont donné des avertissements aux gens pour avoir perturbé la circulation sur une route ouverte, ils ont bloqué des carrefours pour arrêter ceux qui les rejoignaient. Voilà à quoi ressemble une démocratie quand le gouvernement a décidé de la détruire », a dénoncé Ofer Shelah.

La police regarde un convoi de voitures traverser Jérusalem pour protester contre la fermeture de la Knesset et le manque de contrôle sur les actions du gouvernement pendant la crise du coronavirus, le 19 mars 2020. (Crédit : Facebook)

Le leader du l’alliance Parti travailliste-Gesher Amir Peretz a qualifié les actions de la police « [d’]agression indécente » contre la démocratie et « [d’]actes que nous ne pouvons pas accepter ».

La police a rejeté toute accusation de motivation politique de leurs actions, les qualifiant de « non fondées ».

« Personne n’est au-dessus de la loi ni des décrets du ministère de la Santé, quelles que soient ses opinions ou ses positions politiques », a réagi la police dans un communiqué. « Nous attendons de l’ensemble du public qu’il respecte la loi. »

Mercredi, Yuli Edelstein a fait savoir qu’il fermait le Parlement – une annonce choc –, au moins jusqu’à la semaine prochaine, après que le parti Kakhol lavan a refusé sa proposition d’avoir une représentation égale à celle du Likud au sein de la Commission des Arrangements de la Knesset, laquelle est chargée de superviser la formation et le fonctionnement du Parlement. Il a évoqué la nécessité de pourparlers d’unité entre le Likud et Kakhol lavan et exprimé ses préoccupations concernant le coronavirus. Israël a interdit les rassemblements de plus de 10 personnes pour enrayer la propagation.

Edelstein, largement critiqué par ceux qui n’appartiennent pas au gouvernement intérimaire actuel dirigé par le Likud, a déclaré que la Knesset ne rouvrirait que lundi prochain au plus tôt, citant la nécessité de pourparlers d’unité entre le Likud et Kakhol lavan, et exprimant ses préoccupations concernant le coronavirus. Israël a interdit les rassemblements de plus de 10 personnes afin de tenter d’enrayer la propagation.

Le président du Parlement a fait l’objet de critiques pour cette décision. Le conseiller juridique de la Knesset, Eyal Yinon, lui a dit le jour même qu’il ne pouvait pas maintenir la fermeture de la plénière jusqu’à la semaine prochaine.

Entre autres choses, la Commission des arrangements supervise la création des autres commissions de la Knesset, y compris celles qui assureraient le contrôle parlementaire des efforts du gouvernement pour contenir la pandémie de coronavirus. La commission pourrait également permettre au parti Kakhol lavan de demander un vote sur le poste de président de la Knesset, ce qui entraînerait probablement l’éviction d’Edelstein du poste qu’il occupe depuis 2013. Sa décision de clore le Parlement a conduit les critiques à l’accuser de subvertir la volonté de la majorité du pays.

Lors d’une intervention extraordinaire, le président israélien a appelé l’intéressé mercredi et lui a demandé de rouvrir le Parlement.

Rivlin a « imploré » Edelstein « d’assurer une activité parlementaire continue, même pendant la crise du coronavirus », a rapporté un communiqué du bureau du président.

Le président de la Knesset, Yuli Edelstein (à droite), et le président Reuven Rivlin lors de la prestation de serment de la 23e Knesset, le 16 mars 2020. (Mark Heyman et Haim Zach/GPO)

La fermeture de la Knesset intervient peu après les élections du 2 mars et après que Rivlin a chargé lundi le leader de Kakhol lavan Benny Gantz de former une coalition. En cas de succès, Gantz remplacera le Premier ministre Benjamin Netanyahu et évincera son parti, le Likud, du pouvoir.

Depuis le début de l’épidémie de coronavirus, Israël a mis en place une série de restrictions draconiennes, exigeant que tous les Israéliens de retour dans le pays se mettent en auto-quarantaine pendant 14 jours et interdisant l’entrée des étrangers. Les autorités sanitaires ont également fermé les écoles, les cafés, les centres commerciaux, les gymnases et autres. Les ministres ont approuvé tôt mardi une mesure très controversée pour permettre au gouvernement de pister les téléphones des Israéliens afin de retracer les déplacements des porteurs du virus.

Mardi, élargissant les restrictions, le ministère de la Santé a dit aux Israéliens de ne pas quitter leur domicile ni de se rendre dans les parcs et sur les plages, sauf en cas de nécessité absolue, comme les achats de nourriture, de médicaments, les consultations médicales et le travail.

Jeudi matin, il y a eu 529 cas confirmés de COVID-19 en Israël, dont six dans un état grave.

Deux ministres et deux membres de la Knesset ont été placés en quarantaine après avoir été en contact avec une personne dont le test de dépistage du coronavirus s’est révélé positif.

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