Marée noire : Israël exclut la responsabilité de 12 navires sur 35
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Marée noire : Israël exclut la responsabilité de 12 navires sur 35

La ministre de la protection de l'Environnement parle d'un "acte malveillant" et demande le réexamen du plan visant à augmenter les transits de pétrole brut via Eilat

Un panneau qui dit "Danger, mer polluée" sur une plage de Haïfa, dans le nord d'Israël, près de sacs remplis de goudron collecté par les bénévoles suite à une marée noire en mer méditerranée, le 28 février 2021. (Crédit :  AP Photo/Ariel Schalit)
Un panneau qui dit "Danger, mer polluée" sur une plage de Haïfa, dans le nord d'Israël, près de sacs remplis de goudron collecté par les bénévoles suite à une marée noire en mer méditerranée, le 28 février 2021. (Crédit : AP Photo/Ariel Schalit)

Le déversement de pétrole qui a entraîné la pollution au goudron de presque tout le littoral israélien est « sans aucun doute un acte malveillant », a noté lundi la ministre de la Protection environnementale, Gila Gamliel, lors d’une conférence de presse.

« Soit le navire a jeté le pétrole à la mer à dessein, soit le pétrole a fuité en raison d’une défaillance », a-t-elle commenté. Quoi qu’il en soit, le transporteur maritime « a manqué de compassion à l’égard de la flore et de la faune marines et n’a pas informé les autorités ».

La contamination au goudron a touché 160 kilomètres de la côte israélienne sur 195, le goudron continuant à se déverser sur de nombreuses plages. Il a aussi pollué des plages au Liban.

Le ministère de l’Environnement pense qu’une fuite identifiée à 44 kilomètres de la côte, le 11 février, pourrait être à l’origine de ce désastre écologique. Selon le Financial Times, 210 navires ont transité dans un périmètre de 50 kilomètres des rives israéliennes entre le 10 et le 23 février.

Gamliel a expliqué, lundi, que le ministère avait enquêté sur 35 vaisseaux au cours de ces derniers jours et qu’il en avait éliminé douze.

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu, à droite, et la ministre de la Protection de l’environnement Gila Gamliel sur une plage d’Ashdod après la marée noire qui a entraîné des dégâts sur la côte méditerranéenne, le 21 février 2021. (Crédit : Kobi Gideon/GPO)

Rani Amir, à la tête de l’Unité nationale de protection de l’environnement marin au sein du ministère, a rejeté les critiques dénonçant l’absence de technologie d’avertissement anticipé d’une catastrophe – comme l’accès aux images satellites – estimant que la majorité de la pollution avait été, de toute manière, inévitable, en particulier dans la mesure où le mauvais temps avait empêché d’entourer la nappe et de la traiter à la mer.

Il a ajouté que des plongeurs ne seraient pas envoyés pour enlever les blocs de goudron du fond de mer avant que les résultats de laboratoire ne déterminent exactement quelle était la substance qui s’était déversée ainsi que le niveau de pollution et de dangerosité que pourraient présenter les eaux.

Gamliel a aussi estimé que les plans visant à accroître le transit du pétrole au port d’Eilat, dans le sud du pays, était « un pas dans la mauvaise direction ». Elle a appelé à une discussion urgente de la part de toutes les instances gouvernementales concernées.

Au mois d’octobre, un protocole d’accord avait été signé entre l’EAPC (Europe-Asia Pipeline Co.), une entreprise appartenant à l’Etat qui, dans le passé, s’appelait la Eilat-Ashkelon Pipeline Co., et MED-RED Land Bridge, un consortium israélo-émirati, prévoyant d’utiliser Israël comme point de passage terrestre entre la mer Rouge et la Méditerranée pour transporter le pétrole du Golfe vers les marchés européens.

Du goudron sur les pierres suite à une marée noire survenue en méditerranée dans la réserve naturelle de Tel-Dor, à Nahsholim, en Israël, le 23 février 2021. (Crédit : AP Photo/Ariel Schalit)

Ce pacte autorise jusqu’à 120 pétroliers, transportant jusqu’à 30 millions de mètres-cubes de pétrole et produits dérivés de l’or noir, d’utiliser le port de l’EAPC à Eilat, sur les rives de la mer Rouge, dans le sud d’Israël.

L’accord a été largement condamné par un consortium d’organisations environnementales et plus de 200 scientifiques. Les résidents d’Eilat organisent régulièrement des manifestations.

Se référant à la pollution au goudron qui défigure actuellement la côte israélienne, Gamliel a averti que « ce que vous voyons actuellement avec ce grave incident est minuscule en comparaison avec les quantités de pétrole dont on parle dans le cas de l’EAPC. Il faut souligner les implications potentielles graves pour l’environnement dans le cas d’une catastrophe qui pourrait changer le visage de la région et entraîner des dégâts irréversibles ».

Cette photo montre la vie marine autour d’un corail des eaux de la mer Rouge, au large de la côte d’Eilat, le 10 février 2021. (Crédit : Menaham Kahana / AFP)

« En termes politiques globaux, il s’agit d’une initiative anti-environnementale qui vise à augmenter l’afflux de pétrole brut, alors qu’il faudrait encourager les investissements dans les énergies renouvelables et dans l’économie à bas carbone, » a-t-elle poursuivi.

« En résultat, les dangers d’un déversement d’hydrocarbure dans le Golfe d’Eilat vont augmenter, comme ce sera le cas également à Ashkelon, en mettant l’accent toutefois sur le système écologique sensible de la mer Rouge ».

Elle a indiqué que « la réduction de l’utilisation des énergies fossiles – c’est le but qui est poursuivi par le ministère de la Protection environnementale – est un objectif national, stratégique, qui est essentiel pour réduire la pollution de l’air, les maladies et la mortalité qui résultent de leur usage ».

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