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Maroc : Des vestiges d’une ancienne communauté juive découverts dans l’Atlas

Des amulettes et des documents qui se trouvaient dans la geniza de la synagogue ont été retrouvés par les chercheurs, qui vont étendre leurs fouilles à l'ensemble de la région

L’équipe de chercheurs dans la synagogue en ruine de Tamanart. (Crédit : Orit Ouaknine-Yekutieli)
L’équipe de chercheurs dans la synagogue en ruine de Tamanart. (Crédit : Orit Ouaknine-Yekutieli)

Une équipe de chercheurs israéliens, marocains et français a retrouvé des amulettes, derniers vestiges d’une communauté juive vieille de plusieurs siècles, lors d’une fouille de préservation dans une synagogue en ruine dans un village reculé de l’Atlas, a rapporté le journal Haaretz ce lundi.

Une communauté juive était établie là, dans la localité de Tamanart, du 16e au début du 19e siècle.

Outre les amulettes, les chercheurs ont retrouvé des documents qui se trouvaient dans la genizah de la synagogue – là où sont placés les écrits et les objets rituels endommagés.

Au sujet des amulettes, Orit Ouaknine-Yekutieli, chercheuse sur le Maroc qui enseigne à l’Université Ben Gourion du Néguev, a expliqué que « les textes de ces amulettes étaient basés sur des formules trouvées dans le Livre de Raziel, un ancien livre kabbaliste ».

Des citations du livre de la Genèse et de la bénédiction sacerdotale auraient aussi été inscrits.

La synagogue en ruine de Tamanart. (Crédit : Orit Ouaknine-Yekutieli)

La synagogue d’antan aurait été endommagée par les récentes inondations dans la région, ainsi que par des pillards.

Les chercheurs sont parvenus à retrouver la synagogue à la suite d’une enquête préliminaire sur les sites juifs de la région.

Les pièces qu’ils ont retrouvées se trouvent désormais en lieu sûr, et seront étudiées et analysées. Ils recherchent maintenant d’anciens résidents juifs qui ont vécu dans la région et qui connaissaient la synagogue et le village afin de pouvoir reconstituer leur histoire.

Outre Orit Ouaknine-Yekutieli et son mari archéologue Yuval Yekutieli, les chercheurs marocains et français Salima Naji, Mabrouk Saghir, David Goeury et Aomar Boum participent au projet.

Celui-ci doit être prochainement étendu à toute la région, dans le sud du Maroc, avec le parrainage des autorités royales. Des recherches auront ainsi notamment lieu au village adjacent d’Ifrane, qui aurait abrité l’une des plus anciennes communautés juives d’Afrique du Nord et la plus ancienne du Maroc – un royaume juif aurait même été établi là après la destruction du Premier Temple de Jérusalem. Parmi les autres localités concernées par les fouilles : Tiznit, Tehaleh, Agadir ou encore Taroudant.

Une photo du roi marocain Mohammed VI à côté d’une ménorah à la synagogue Bet El de Casablanca, le 12 août 2021. (Crédit : Lazar Berman/Times of Israel)

Présente depuis l’Antiquité, la communauté juive marocaine a crû au cours des siècles, avec notamment l’arrivée de ceux que les rois catholiques avaient expulsés d’Espagne à partir de 1492.

Dans les années 1940, ils étaient environ 250 000, soit 10 % de la population. Mais beaucoup sont partis après la fondation d’Israël en 1948. Aujourd’hui, la communauté juive marocaine compte entre 2 500 et 3 000 personnes et reste la plus importante d’Afrique du Nord.

Les autorités marocaines mettent souvent en exergue cet héritage judéo-marocain, avec différents programmes de réhabilitation de cimetières, de synagogues et de quartiers historiques juifs. Deux musées sont consacrés à la communauté, à Casablanca et Fès.

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