Massacre par des SS en Italie : non-lieu pour le dernier officier en vie
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Massacre par des SS en Italie : non-lieu pour le dernier officier en vie

Gerhad Sommer, qui aurait été probablement inculpé d'au moins 342 meurtres, ne sera pas jugé en raison de 'démence profonde'

Monument ossuaire de Sant'Anna di Stazzema (Crédit : Fmulas/Wikimedia)
Monument ossuaire de Sant'Anna di Stazzema (Crédit : Fmulas/Wikimedia)

La justice allemande a renoncé jeudi à poursuivre un ancien officier nazi pour le massacre de 560 civils en Italie en 1944, en raison de son état de santé, malgré la « probabilité élevée » de son implication.

Gerhard Sommer, qui aura 94 ans en juin, était le dernier homme susceptible d’être jugé en Allemagne pour le massacre commis dans le village toscan de Sant’Anna di Stazzema (nord), aussi emblématique en Italie que celui d’Oradour-sur-Glane en France.

« L’examen de ce dossier volumineux a conduit à la conclusion que le suspect, s’il était en état d’être jugé, serait accusé avec une forte probabilité » d’au moins 342 meurtres aggravés, écrit le parquet de Hambourg (nord) dans un communiqué.

Mais les expertises ont révélé que l’ancien sous-lieutenant, l’un des trois officiers à la tête de la 16e division d’infanterie de « Reichsführer-SS » à Sant’Anna di Stazzema, souffrait d’une « démence si profonde » qu’il ne pourrait jamais comparaître devant un tribunal, poursuit le parquet.

Le 12 août 1944, les soldats nazis avaient massacré la quasi totalité des habitants et des réfugiés présents à Sant’Anna di Stazzema, soit 560 civils dont 107 enfants de moins de 14 ans.

Après des décennies d’inertie judiciaire en Allemagne comme en Italie, l’affaire a resurgi dans les années 1990 avec les recherches de plusieurs historiens pour établir avec précision les crimes des Waffen SS pendant la Seconde guerre mondiale.

En Allemagne, le parquet de Stuttgart (sud) avait ouvert en 2002 une enquête contre 17 anciens soldats pour le massacre toscan, avant de mettre fin dix ans plus tard aux poursuites contre les 8 suspects survivants, dont Sommer, faute de preuve qu’il s’agissait d’exactions « planifiées et ordonnées » contre des civils.

Mais la cour d’appel de Karlsruhe a invalidé en 2014 cette décision dans le seul cas de Gerhard Sommer, estimant que l’ex-officier savait « sans nul doute » que l’assassinat en quelques heures des habitants du village, à la mitraillette et au lance-flammes, n’était pas une simple action de représailles contre les résistants italiens.

En Italie, un tribunal militaire de la Spezia (nord) a condamné par contumace dix anciens soldats nazis en 2005, dont Sommer, à la perpétuité. Confirmée en appel et en cassation, cette sentence n’a jamais été mise à exécution, l’Allemagne n’extradant pas ses ressortissants.

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