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Matan Kahana dénonce le plan d’intégration des femmes dans certaines unités d’élite

Le vice-ministre, pilote de combat réserviste, dit craindre que l'armée n'abaisse ses standards pour permettre à un plus grand nombre de soldates d'entrer dans ces détachements

Judah Ari Gross est le correspondant du Times of Israël pour les sujets religieux et les affaires de la Diaspora.

Les soldates du Bataillon Caracal de Tsahal se préparent pour une expédition dans le cadre de leur entraînement le 3 septembre 2014. (Hadas Parush/Flash90)
Les soldates du Bataillon Caracal de Tsahal se préparent pour une expédition dans le cadre de leur entraînement le 3 septembre 2014. (Hadas Parush/Flash90)

Le vice-ministre des Affaires religieuses, Matan Kahana, a dénoncé le projet de l’armée israélienne d’offrir un plus grand nombre de rôles dans les unités de combat aux femmes, en particulier dans les détachements d’élite, affirmant que cela entraînera probablement une baisse des standards en cours et des difficultés du côté des militaires pratiquants au niveau religieux qui servent actuellement dans ces unités.

« Même si vous trouvez une, deux ou peut-être quatre femmes [qui peuvent assumer les demandes physiques exigées dans le travail d’une unité d’infanterie], le casse-tête va être que pour ces deux ou quatre femmes, il va falloir écraser une population toute entière qui a un réel problème avec la présence de ces femmes en matière de loi juive », a expliqué Kahana.

Kahana, qui est orthodoxe et qui a eu une brillante carrière militaire, a fait référence ici aux inquiétudes souvent soulevées sur les problèmes de « pudeur » qui émaneraient de soldats des deux sexes qui seraient dans l’obligation de se côtoyer dans le cadre d’une unité de combat. Ces propos sont une rare critique de Tsahal de la part d’un responsable gouvernemental, et il a mis en doute la garantie donnée par l’armée que la présence des soldates n’entraînerait pas un abaissement des standards et que Tsahal continuerait à « mener ses tâches opérationnelles au niveau de qualité requise ».

Si les femmes juives sont dans l’obligation de faire leur service militaire, elles étaient jusqu’à présent exclues de presque toutes les fonctions de combat. Au cours de la dernière décennie, l’armée israélienne a ouvert un certain nombre de bataillons d’infanterie légère mixtes ainsi qu’une unité de blindés 100 % féminine, et elle a aussi autorisé les femmes à assumer un nombre croissant de positions de combat au sein du Commandement intérieur, du Corps d’artillerie, de la marine et ailleurs encore.

Mardi, Tsahal a annoncé que les militaires allaient autoriser les femmes à s’intégrer dans l’unité 669 d’élite, un détachement héliporté spécialisé dans les opérations de recherche et de secours, parfois sous le feu ou dans des conditions dangereuses autres, ainsi que dans l’unité de combat de génie d’élite Yahalom. Cette initiative a été entraînée par une plainte déposée devant la Haute cour par quatre femmes qui réclamaient la chance de pouvoir entrer dans un plus grand nombre d’unités d’élite.

S’adressant aux étudiants de l’université Reichman à Herzliya, Kahana a dit douter que des femmes puissent répondre aux exigences physiques de l’unité 669. Kahana, colonel réserviste, n’a pas lui-même servi dans ce détachement mais il a travaillé en collaboration avec lui dans l’armée de l’air, où il a été pilote de combat après avoir servi au sein de l’unité d’élite Sayeret Matkal.

Le vice-ministre des Affaires religieux Matan Kahana, qui est aussi pilote de combat dans la réserve. (Crédit : A Socher)

« C’est incroyablement, incroyablement, incroyablement dur physiquement. Quand nous faisions des exercices conjoints, il arrivait qu’un membre de l’unité 669 doive aller au beau milieu de la mer, avec des vagues de classe 4 ou de classe 5 – ce sont des vagues qui font la taille d’un immeuble de trois étages – et qu’il doive aller dans l’eau, avec les rafales de l’hélicoptère qui l’envoyaient dans toutes les directions, pour nager vers le pilote ou vers le copilote qui s’était éjecté de l’avion, en utilisant une force surhumaine pour lui passer le harnais », a expliqué Kahana.

« Je vous le dis, en tant qu’ancien membre de Sayeret Matkal — c’est extrêmement difficile ! Mon inquiétude est que pour qu’une telle expérience réussisse, on va faire entrer des personnes qui ne pourront pas nécessairement être à la hauteur », a-t-il continué.

A sa fonction de responsable de facto du ministère des Affaires religieuses – il a démissionné de son poste de ministre, le mois dernier, dans le cadre d’une manœuvre parlementaire visant à ancrer la stabilité de son parti à la Knesset et il est dorénavant vice-ministre – Kahana a prôné un certain nombre d’initiatives visant à impliquer davantage les femmes à des postes de responsabilité dans la vie religieuse israélienne, et il a souligné dans son allocution qu’il était convaincu que « l’égalité est une valeur importante ».

« Mais elle ne peut pas se faire à n’importe quel prix. Je ne pense pas qu’il faille que nous allions à l’extrême pour cette valeur, pour une ‘Martina Navratilova’ qui sera en mesure de faire tout ce que je viens de décrire », a poursuivi Kahana, faisant référence à la joueuse de tennis professionnelle qui est largement considérée comme l’une des meilleures athlètes du monde dans ce sport.

Tsahal a fait savoir que, selon ses estimations, peu de femmes répondront aux exigences physiologiques strictes nécessaires pour intégrer ces unités de combat d’élite.

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