Mélenchon accorde un entretien à un influenceur anti-Israël américain
Hasan Piker, qui a justifié devant ses millions d'abonnés les violences commises par le Hamas sur des civils israéliens le 7 octobre, s'est montré intéressé par le mouvement français

En publiant la version traduite en anglais de son manifeste « Faites mieux ! Vers la révolution citoyenne », Jean-Luc Mélenchon savait qu’il allait susciter l’intérêt des milieux de gauche à l’international — et c’est ce qu’il cherchait.
Le 10 mai dernier, le leader du parti d’extrême-gauche a fait une apparition inédite sur la chaîne Twitch d’un influenceur américain connu pour son militantisme de gauche radical, pro-palestinien et pour des prises de paroles qui baignent dangereusement dans l’antisémitisme.
Présenté par Mélenchon comme « l’Américain le plus intéressant que j’ai rencontré », Hasan Piker a notamment minimiser devant ses près de 3 millions d’abonnés les violences sexuelles commises par les terroristes du Hamas sur des civils israéliens le 7 octobre 2023. C’est ainsi qu’il avait déclaré : « Ça n’a aucune importance si des viols ont été commis le 7 octobre. Ça ne change aucunement la dynamique pour moi ne serait qu’un peu […] la résistance palestinienne n’est pas parfaite ».
Lors d’un autre live, Piker a semblé justifier les actes commis par le Hamas contre les civils lors du pogrom. « Y a-t-il eu des actes brutaux et injustifiables de violence que des civils ont dû endurer ? Absolument […] Mais c’est une rétribution violente qui était inévitable. La violence est inarrêtable dans cette situation. Si tout ce que tu as connu est la violence […] certains connards vont se comporter de cette manière lors d’une opération militaire ». Ce qu’entend Piker par « opération militaire » ? L’assaut du 7 octobre qui a fait près de 1 200 morts et 251 otages.
Piker a également déclaré que les Juifs orthodoxes étaient des « consanguins » et a qualifié une personne juive de « chien de cochon assoiffé de sang ».
Fin avril, il a rejoint le groupe irlandais Kneecap sur la scène de son concert au festival Coachella au moment où celui-ci affichait en grand le message « Fuck Israël, libérez la Palestine ». Piker diffusait l’événement en direct sur Twitch.
Le Figaro rapporte que l’influenceur aurait aussi déclaré que « tout putain de sioniste devrait être traité comme un putain de néonazi fanatique » et « qu’aucune personne qui exprime le moindre sentiment positif à l’égard d’Israël ne devrait avoir le droit d’occuper la moindre fonction politique subalterne ».
Hasan Piker aurait été jusqu’à diffuser sur sa propre chaîne Twitch des vidéos du groupe terroriste des Houthis du Yémen, tout en accusant Israël, comme les États-Unis, d’être des « États terroristes ».
Dans un portrait de lui relativement complaisant publié dans le New York Times, il est dit de Piker qu’au-delà de parler de « génocide » à Gaza, il aurait déclaré que les États-Unis « méritaient » l’attentat du 11 septembre 2001.
De retour aux États-Unis après avoir rencontré Mélenchon à Paris, Piker a été interrogé par la police aux frontières américaines à l’aéroport de Chicago. L’influenceur a estimé qu’il avait été questionné en raison de ses idées politiques, ce que les autorités ont nié d’après The Guardian.
Après notre rencontre sur twitch, @hasanthehun est rentré aux USA. Il a été bloqué à la frontière de son pays et interrogé plusieurs heures par la police sur ses activités, ses interviews, ses points de vue. La police des frontières transformée en police politique pour la…
— Jean-Luc Mélenchon (@JLMelenchon) May 13, 2025
Mais la théorie de « l’intimidation politique » a été relayée par Jean-Luc Mélenchon, qui s’est insurgé sur son compte X, estimant que « police des frontières transformée en police politique pour la circonstance applique une nouvelle règle : les droits des citoyens américains ne leur sont pas reconnus tant qu’ils n’ont pas passé la frontière ».







