Michel Aoun appelle Israël à cesser la construction d’un mur à sa frontière
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Michel Aoun appelle Israël à cesser la construction d’un mur à sa frontière

Attaqué par le Hezbollah, qui a installé des avants-postes dans un zone censément démilitarisée, Israël veut renforcer sa frontière nord, mais a suspendu la construction du mur

Deux véhicules militaires israéliens brûlés suite à une attaque revendiquée par le Hezbollah le long de la frontière libanaise le 28 janvier 2015. (Capture d'écran : Deuxième chaîne)
Deux véhicules militaires israéliens brûlés suite à une attaque revendiquée par le Hezbollah le long de la frontière libanaise le 28 janvier 2015. (Capture d'écran : Deuxième chaîne)

Depuis 2000, la « ligne bleue » fixée à l’arrêt des hostilités entre le Liban et Israël, et concrétisée dans la résolution 1701 en 2006 de l’ONU, est un élément de crispation entre Israël et le Liban.

Le 26 janvier dernier, lors d’une visite au Pays du Cèdre de l’assistant du secrétaire général de l’ONU pour les Affaires politiques, Miroslav Jenča, le président de la République libanaise, Michel Aoun a appelé « à empêcher la construction par Israël d’un mur à la frontière sud du Liban » rapporte L’Orient-Le Jour.

« Il faut empêcher la construction d’un mur de ciment à la frontière avant que ne soit résolue la question des 13 points frontaliers, considérés comme libanais, sur la ligne bleue », a affirmé Aoun, qui appelle à l’application d’un traité datant de 1923.

La résolution 1701 « stipule la cessation des hostilités entre la République libanaise et l’Etat d’Israël, le retrait des forces armées israéliennes du Liban, le déploiement de la FINUL et de l’armée libanaise à la frontière entre les deux pays, l’interdiction de milices libanaises ou étrangères au sud de la rivière Litani, » rappelait notre blogueur Pierre Saba à l’occasion d’une visite organisée par la milice libano-iranienne Hezbollah le long de la frontière entre le Liban et Israël en mai 2017. Lors de cette visite, le Hezbollah avait menacé Israël d’entrer en guerre. Le mur serait une réponse à ces menaces récurrentes, pour venir renforcer la cloture déjà existante.

Selon plusieurs sources d’informations, Israël aurait déjà suspendu la construction de ce mur début janvier dans l’attente d’une prochaine réunion « tripartite entre le Liban, Israël et la Force intérimaire des Nations unies au Liban (Finul), qui aura lieu début février à Naqoura » explique le journal en ligne libanais.

Les violations de la résolution 1701 par le Hezbolah

Le chef du renseignement militaire israélien, le général Hertzi Halevi, a diffusé en juin 2017 un film et des photographies des positions adoptées par le Hezbollah sur la frontière, notamment le cliché d’un bâtiment près de la frontière censé être contrôlé par l’organisation « Green Without Borders » (« Vert sans frontières »).

Dans une lettre assortie de photos de ces postes d’observation et de cartes sur leur localisation, l’envoyé israélien à l’ONU, Danny Danon, a souligné un incident survenu au mois d’avril, au cours duquel une patrouille de la force intérimaire des Nations unies au Liban (FINUL) s’était vue refuser l’accès à un poste d’observation où flottait le drapeau de l’organisation de protection environnementale présumée par un groupe de locaux.

L’utilisation prétendue du Hezbollah d’une telle structure sous couverture d’une ONG est une violation de la résolution du Conseil de sécurité numéro 1701, adoptée à la fin de la Seconde guerre au Liban au mois d’août 2006.

« Tous ces éléments prouvent que le Hezbollah agit le long de la ligne bleue sous couvert d’activités civiles en violation des résolutions du Conseil de sécurité de l’ONU », a déclaré l’ambassadeur.

« Le Hezbollah continue à se renforcer dans le sud du Liban et menace la stabilité de toute la région. La communauté internationale ne doit pas fermer les yeux sur ces menaces dangereuses », a ajouté l’ambassadeur.

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