Mireille Knoll connaissait son tueur depuis tout petit, selon son fils
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Mireille Knoll connaissait son tueur depuis tout petit, selon son fils

Deux hommes ont été inculpés du meurtre antisémite de l'octogénaire juive retrouvée poignardée et brûlée dans son appartement parisien

Mireille Knoll, 85 ans, survivante de l'Holocauste retrouvée brûlée dans son appartement parisien (Crédit : Autorisation).
Mireille Knoll, 85 ans, survivante de l'Holocauste retrouvée brûlée dans son appartement parisien (Crédit : Autorisation).

Les membres de la famille de Mireille Knoll, la survivante de l’Holocauste âgée de 85 ans qui a été poignardée à mort et brûlée dans son appartement parisien vendredi soir, ont déclaré mardi aux médias israéliens qu’elle avait connu l’un de ses agresseurs, un voisin musulman, depuis qu’il avait sept ans.

« Ma mère acceptait tout le monde. Même le voisin qui l’a assassinée qu’elle connaît depuis qu’il avait sept ans. Quand il était enfant, il l’a aidée », a déclaré Daniel, le fils de Mireille Knoll, à la radio de l’armée.

« Au début, nous n’étions pas sûrs que le meurtre était dû à l’antisémitisme. Nous avons attendu que la police le dise, et maintenant nous connaissons la vérité », a-t-il dit.

« Jusqu’à présent, je n’ai pas ressenti d’antisémitisme en France. Bien sûr, il y avait des extrémistes musulmans dangereux, mais jusqu’à aujourd’hui, je ne me sentais pas en danger. Je travaille avec des gens de toutes les franges de la société française ; beaucoup ont peur des extrémistes musulmans, mais je ne le sentais pas jusqu’à présent. Même aujourd’hui, je n’ai pas peur. Certains sont sans éducation, idiots, mais il en existe partout dans le monde. »

Noa Goldfarb, la petite-fille de Mireille Knoll, qui vit maintenant dans la ville israélienne d’Herzliya, au bord de la mer, a également déclaré que sa grand-mère connaissait le suspect « depuis l’âge de sept ans, et qu’elle était toujours heureuse de le voir. C’est incroyable que ça se termine comme ça ».

Dans une interview accordée mardi à la radio israélienne, Goldfarb a déclaré : « Grand-mère ne croyait pas au mal. C’est peut-être la raison pour laquelle elle n’est plus parmi nous. »

Daniel Knoll a dit qu’il a été informé que le voisin a été identifié par la police parce que le téléphone de sa mère avait disparu de l’appartement et qu’il a été retrouvé plus tard en possession du suspect. Un deuxième suspect a également été arrêté par la police.

« C’était une femme extrêmement modeste. Il n’y avait absolument rien de valeur à voler », a déclaré à l’AFP Gilles-William Goldnadel, avocat de sa famille.

« Je ne veux pas conjecturer, je prends acte de l’incrimination pour antisémitisme et me félicite de la réactivité de la justice », a-t-il ajouté.

En avril 2017, Sarah Halimi, une femme juive de 65 ans, avait été tuée à Paris par son voisin. Aux cris d' »Allah Akbar », entrecoupés d’insultes et de versets du Coran, le jeune homme l’avait rouée de coups, avant de la précipiter dans le vide. La juge d’instruction en charge de cette enquête avait mis près d’un an, au terme d’un bras de fer judiciaire, à en retenir le caractère antisémite.

Le nombre d’actes antisémites a certes de nouveau reculé en 2017, mais reste à un niveau préoccupant, et la communauté juive de France, qui représente moins de 1% de la population, est la cible d’un tiers des actes haineux recensés dans le pays. En outre les violences sont pointées en hausse, et cette augmentation des « passages à l’acte » préoccupe les autorités.

Depuis 2006 et l’assassinat d’Ilan Halimi, onze personnes ont été tuées en France parce que juives, selon les responsables communautaires. « Cette succession de meurtres nous rappelle que la communauté juive est la cible privilégiée de ceux qui haïssent la République et ses valeurs », a dit à l’AFP le président du Consistoire israélite, Joël Mergui.

« Crime odieux » pour le porte-parole du gouvernement Benjamin Griveaux, « acte de barbarie » pour le ministre de l’Intérieur Gérard Collomb, « assassinat ignoble » selon le président des Républicains Laurent Wauquiez: les réactions dans la classe politique ont été nombreuses après ce nouveau meurtre.

Christophe Castaner, délégué général de La République en marche, a dénoncé un antisémitisme d’une nouvelle forme « parce qu’il est banalisé ». Il a appelé les adhérents de son mouvement à participer à la « marche blanche » organisée par toutes les grandes organisations juives mercredi après-midi à Paris en mémoire de Mireille Knoll.

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