Mont-de-Marsan : Le chef de cabinet du maire exclu après des tweets antisémites
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Mont-de-Marsan : Le chef de cabinet du maire exclu après des tweets antisémites

Dans des messages de 2014, l'ex jeune chef de cabinet défendait Dieudonné face aux accusations d’antisémitisme et aux interdictions de ses spectacles

Charles Dayot, maire de Mont-de-Marsan, et Titouan Bernard, chef de cabinet. (Crédit : Facebook / Titouan Bernard)
Charles Dayot, maire de Mont-de-Marsan, et Titouan Bernard, chef de cabinet. (Crédit : Facebook / Titouan Bernard)

Charles Dayot, maire divers droite de Mont-de-Marsan (Landes), a mis à pied la semaine dernière son chef de cabinet, Titouan Bernard.

La décision a fait suite à la publication par le compte Twitter « Fallait pas supprimer », qui s’est donné pour mission de publier d’anciens messages d’utilisateurs du réseau social, de messages de Titouan Bernard datés de 2014.

Dans ceux-ci, l’ex jeune chef de cabinet défendait Dieudonné face aux accusations d’antisémitisme et aux interdictions de ses spectacles.

« Je vais sûrement me faire unfollower voire insulter, mais oui je soutiens Dieudonné ! La liberté d’expression est un principe fondamental », écrivait-il notamment, alors qu’il était encore mineur. « Il n’est pas antisémite, il supporte juste la Palestine face à Israël, ce qui est interdit en France », ajoutait-il.

Dans un autre message, il indiquait : « Israël, entre colonisation et hypocrisie, ça me dégoute ! Merde la LICRA va me tomber sur la gueule. » Il a également qualifié le Premier ministre israélien « d’assassin » et qualifié les Israéliens « d’intouchables ». Une liste de plusieurs personnalités françaises a elle été qualifiée de « racaille sioniste ».

La Ligue internationale contre le racisme et l’antisémitisme (LICRA) a contacté le maire de la ville et le député landais Fabien Lainé.

« Je suis atterré », a réagi le maire Charles Dayot. « Les tweets de mon collaborateur de cabinet sont sans équivoque. Je n’ai pas du tout eu le sentiment, pendant l’année ou les deux années passées à mes côtés, qu’il était dans cette dimension-là. Évidemment, il est clair que je ne cautionne pas. Sa mise à pied est immédiate. Je veux en revanche comprendre ce qu’il s’est passé. Qu’il puisse s’expliquer sur ce qu’il en est. Savoir si c’est de l’ordre de la connerie d’adolescent (il avait environ 18 ans au moment des tweets), qu’il fasse amende honorable voire plus, en se servant de ça pour sensibiliser les autres à la gravité de tels propos. En tout état de cause, ce n’est pas cautionnable. »

« Je condamne fermement ces propos inadmissibles et offensants et son jeune âge à l’époque n’enlève rien à leur gravité. Titouan Bernard a été immédiatement mis à pied et sera très prochainement démis de ses fonctions », a-t-il ajouté dans un communiqué.

Jeudi, dans un post Facebook, Titouan Bernard s’est excusé et a reconnu les faits.

« Je comprends tout à fait l’émotion qu’ils ont pu susciter à leur lecture et le caractère intolérable des idées qui y sont exprimées. […] Je regrette profondément cette erreur de jeunesse. J’ai eu la faiblesse de tomber dans les griffes de cette idéologie sans en mesurer le réel poids. Je tiens à m’en excuser très sincèrement », a-t-il écrit.

Mercredi 15 juillet 2020, plusieurs tweets qui me sont attribués sont apparus sur les réseaux sociaux. Ces écrits ne…

פורסם על ידי ‏‎Titouan Bernard‎‏ ב- יום חמישי, 16 ביולי 2020

« Depuis, beaucoup de chemin a été parcouru, et je mesure pleinement aujourd’hui les méfaits des réseaux sociaux. J’ai pu, depuis, faire des études, m’ouvrir au monde et à ses complexités. Je me suis éloigné, dès ma majorité, de ces idées, comme en témoignent les nombreux tweets qui s’en suivent. […] L’antisémitisme et toute autre discrimination sont des plaies qu’il faut combattre sans faillir. »

Stéphane Nivet, délégué général de la LICRA, a jugé ses excuses « sincères » auprès du journal Sud-Ouest.

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