Mort à 62 ans du romancier Philip Kerr, « fasciné par le destin des Juifs »
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Mort à 62 ans du romancier Philip Kerr, « fasciné par le destin des Juifs »

Bon vivant et tourmenté, l'écrivain écossais était hanté par la vie dans l'Allemagne nazie, dont il rend la noirceur à travers de nombreux polars

L'écrivain écossais Philip Kerr est décédé le 23 mars 2018 (Crédit: capture d'écran Wikimedia Commons/Pen American Center)
L'écrivain écossais Philip Kerr est décédé le 23 mars 2018 (Crédit: capture d'écran Wikimedia Commons/Pen American Center)

L’écrivain écossais Philip Kerr, connu pour ses romans policiers historiques, est décédé à l’âge de 62 ans, a annoncé son éditeur, Quercus Books.

« Nous sommes profondément attristés d’avoir perdu Philip Kerr (vendredi), un homme merveilleux et un grand auteur », a indiqué Quercus Books sur Twitter, sans préciser les circonstances du décès.

« Repose en paix Philip Kerr mon bien-aimé. Créateur du merveilleux Bernie Gunther. Ecrivain de génie, père et mari adoré », a tweeté sa femme Jane Thynne, également romancière.

Connu pour ses romans policiers, Philip Kerr était l’auteur de la série Bernie Gunther, mettant en scène un détective privé dans le Berlin des années 1930.

Des milliers de lecteurs auront ainsi pu se plonger dans le quotidien de la vie du Troisième Reich à travers des polars mettant en scène des figures centrales du nazisme.

Marie-Caroline Aubert, son éditrice française raconte dans Libération l’intrigue de Bleu de Prusse, un roman à paraître en France au mois de mai.

« On est une semaine avant le cinquantième anniversaire d’Hitler, et un meurtre est commis à Berchtesgaden, son village, sur la terrasse du Berghof, le nid d’aigle du Führer, explique-t-elle. Il ne faut surtout pas qu’un tel sacrilège soit rendu public. Bernie est obligé par le général Heydrich de découvrir le coupable, et il n’a qu’une semaine… Toutes les strates de la corruption au sein du Reich sont mises au jour, toutes les tares du régime nazi, c’est très très mélancolique. »

« Il était fasciné par la nature même du Reich, du nazisme, ajoute Aubert, qui était pour lui un gouffre, un abîme. Il nous a emmenés une fois à Berlin, notamment là où se trouvait le ghetto, il était fasciné par le destin des Juifs, ne cessait de faire des recherches ».

Né à Edimbourg, Kerr étudie à l’université de Birmingham, puis la philosophie en Allemagne.

Il travaille ensuite dans la publicité, notamment pour l’agence Saatchi & Saatchi, selon le British Council.

Son premier livre sur Bernie Gunther, L’Été de cristal, paraît en 1989. Il s’essaiera ensuite à d’autres styles, comme la science-fiction, mais aussi la littérature pour enfants.

Il est ainsi l’auteur de la trilogie Les enfants de la lampe, traduite dans 35 langues différentes. « J’écrivais des thrillers très violents, ça se prête à écrire pour les enfants. Ils aiment bien quand ça fait peur », avait-il déclaré.

Sur son site internet, ce père de trois enfants tenait régulièrement ses fans au courant de ses travaux, évoquait ses films préférés (Shining, dans la catégorie long-métrage mettant en scène un écrivain), et confiait début 2018 avoir terminé le premier jet du 14e volet des aventures de Bernie Gunther.

« Je suis abasourdi par la nouvelle de la mort de Philip Kerr », a tweeté le romancier écossais Iran Rankin. « Ses romans avec Bernie Gunther sont extraordinaires, un mélange de grandes histoires et de recherches brillantes ».

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