Israël en guerre - Jour 195

Rechercher

Mort de 7 humanitaires à Gaza : l’armée va examiner l’incident « tragique »

World Central Kitchen suspend ses opérations ; l'armée israélienne a dit "passer en revue l'incident tragique au plus haut niveau pour en comprendre les circonstances"

Des Palestiniens transportent le corps d'une personne à la suite d'une frappe aérienne israélienne à l'hôpital Al Aqsa de Deir al Balah, dans la bande de Gaza, le lundi 1er avril 2024. (Crédit : AP Photo/Abdel Kareem Hana)
Des Palestiniens transportent le corps d'une personne à la suite d'une frappe aérienne israélienne à l'hôpital Al Aqsa de Deir al Balah, dans la bande de Gaza, le lundi 1er avril 2024. (Crédit : AP Photo/Abdel Kareem Hana)

Sept collaborateurs d’une ONG américaine qui livre de la nourriture dans la bande de Gaza ont été tués dans une frappe israélienne lundi, a affirmé l’organisation mardi, annonçant la suspension de ses activités dans la région.

« World Central Kitchen est dévastée, et confirme que sept membres de notre équipe ont été tués à Gaza dans une frappe des FDI », les forces armées israéliennes , a déploré l’ONG basée aux Etats-Unis.

Les victimes étaient « originaires d’Australie, de Pologne, du Royaume-Uni, (qu’elles comprenaient aussi) un citoyen ayant la double nationalité américaine et canadienne et une personne palestinienne », a ajouté l’organisation fondée par le cuisinier américano-espagnol José Andrés.

Ils ont été tués « alors qu’ils travaillaient pour soutenir notre œuvre humanitaire de livraison de nourriture à Gaza », avait-elle indiqué dans un précédent communiqué, dénonçant une « tragédie ».

World Central Kitchen (WCK) a ajouté qu’elle avait décidé de « suspendre ses opérations dans la région ».

« Il ne s’agit pas seulement d’une attaque contre WCK, mais aussi d’une attaque contre les organisations humanitaires qui interviennent dans les situations les plus désastreuses où la nourriture est utilisée comme arme de guerre. C’est impardonnable », a déclaré Erin Gore, PDG de World Central Kitchen, dans un communiqué.

Depuis le début de la guerre en octobre, World Central Kitchen a participé aux opérations de secours, notamment en fournissant des repas aux habitants de Gaza.

WCK est impliquée dans l’envoi d’aide par bateau de Chypre vers Gaza et dans la construction d’une jetée temporaire dans le territoire palestinien assiégé. Un premier bateau y avait déchargé sa cargaison mi-mars sous la supervision de l’armée israélienne.

Un correspondant de l’AFP a vu à l’hôpital des Martyrs d’Al Aqsa de Deir el-Balah cinq corps et trois passeports étrangers près des dépouilles. Sur une image de l’AFP on peut voir le corps d’une des victimes portant un Tshirt noir avec le logo de l’ONG.

Un homme brandit les passeports tachés de sang de trois travailleurs humanitaires étrangers tués lors d’une attaque israélienne présumée à Gaza dans la nuit du 1er avril 2024. (Capture d’écran X)

Le Premier ministre australien, Anthony Albanese, a confirmé qu’une Australienne, Zomi Frankcom, figurait parmi les victimes. « C’est complètement inacceptable. L’Australie exige que tous les responsables de la mort de travailleurs humanitaires rendent des comptes », a-t-il déclaré.

« Il s’agit d’une tragédie humaine qui n’aurait jamais dû se produire, qui est totalement inacceptable et l’Australie demandera des comptes complets et appropriés », a-t-il déclaré lors d’une conférence de presse mardi.

Le communiqué du WKC indique que deux véhicules blindés de marque ont été touchés alors qu’ils quittaient un entrepôt à Deir Balah, dans le centre de Gaza, où l’équipe avait déchargé de l’aide humanitaire acheminée à Gaza par la voie maritime depuis Chypre.

L’origine de l’incendie n’a pas pu être confirmée de manière indépendante.

L’armée israélienne a dit « passer en revue l’incident tragique au plus haut niveau pour en comprendre les circonstances » et assuré avoir « travaillé en étroite collaboration avec WCK » pour sa distribution d’aide.

Des véhicules de l’ONU passent devant une voiture détruite sur une route de la ville de Gaza, le 1er avril 2024. (Crédit : AFP)

Les Etats-Unis se sont déclarés « profondément troublés » par cet événement.

« Nous avons le cœur brisé et sommes profondément troublés par la frappe », a déclaré sur le réseau social X la porte-parole du Conseil de sécurité nationale, qui dépend de la Maison Blanche, Adrienne Watson.

« Les travailleurs humanitaires doivent être protégés, car ils apportent une aide dont (les Palestiniens) ont désespérément besoin, et nous exhortons Israël à promptement enquêter sur ce qu’il s’est passé », a-t-elle ajouté.

Les navires d’aide qui sont arrivés lundi transportaient quelque 400 tonnes de nourriture et de fournitures dans le cadre d’une expédition organisée par les Émirats arabes unis et WCK. Le mois dernier, un navire a livré 200 tonnes d’aide dans le cadre d’une opération pilote. L’armée israélienne a participé à la coordination des deux livraisons.

Les Palestiniens inspectent les dégâts autour de l’hôpital Shifa de Gaza après que l’armée israélienne s’est retirée du complexe abritant l’hôpital après deux semaines de combat contre les groupes terroristes, le 1er avril 2024. (Crédit : AFP)

Les États-Unis ont présenté la voie maritime comme un nouveau moyen d’acheminer l’aide dont le nord de la bande de Gaza a désespérément besoin.

Selon les organisations humanitaires internationales, quelque 300 000 Palestiniens sont menacés d’une famine imminente, car ils sont en grande partie coupés du reste du territoire par les forces israéliennes et l’Égypte.

Israël a interdit à l’UNRWA, la principale agence des Nations unies à Gaza, d’effectuer des livraisons dans le nord, bien qu’elle travaille avec d’autres organisations. Toutefois, d’autres groupes d’aide affirment que l’envoi de convois de camions vers le nord est trop dangereux en raison de l’incapacité de l’armée à garantir un passage sûr.

Dans son précédent post de lundi sur X, WCK a déclaré que ses équipes se mobilisent quotidiennement à travers Gaza pour distribuer de la nourriture aux Palestiniens déplacés.

« Notre soixantaine de cuisines dans le sud et le centre de Gaza préparent des centaines de milliers de repas chaque jour, comme le mujadara, un plat réconfortant à base de riz, de lentilles et d’oignons caramélisés. »

Cette frappe est intervenue quelques heures après que les troupes israéliennes ont annoncé la fin d’un raid de deux semaines sur l’hôpital Shifa, le plus grand de Gaza. Au cours de ce raid, qui a débuté le 18 mars, les forces israéliennes ont capturé quelque 900 suspects, dont plus de 500 ont été confirmés comme étant des terroristes, et ont tué plus de 200 hommes armés. Parmi les personnes tuées et détenues se trouvaient des commandants du Hamas et du Jihad islamique palestinien. Des renseignements précieux ont également été saisis, a indiqué l’armée israélienne.

Des témoins revenus sur les lieux après le retrait de l’armée ont décrit des scènes de destruction dans l’établissement et les quartiers environnants. Des images ont montré que les principaux bâtiments de Shifa avaient été réduits en cendres.

Israël a déclaré que ses forces n’avaient pas blessé de civils au cours du raid. Le contre-amiral Daniel Hagari, principal porte-parole militaire, a déclaré que le Hamas et le Jihad islamique avaient établi leur principal quartier général dans le nord à l’intérieur de l’hôpital. Il a décrit des jours de combats rapprochés et a accusé le Hamas d’être responsable des destructions, affirmant que certains terroristes s’étaient barricadés à l’intérieur des services de l’hôpital tandis que d’autres lançaient des obus de mortier sur le complexe.

Le directeur général de l’Organisation mondiale de la santé, Tedros Adhanom Ghebreyesus, a affirmé qu’au moins 21 patients étaient morts. Des témoins entrant dans l’hôpital lundi ont déclaré avoir trouvé d’autres corps qu’ils pensaient être ceux de civils. Les circonstances dans lesquelles ces personnes sont mortes sont encore floues.

La guerre à Gaza a éclaté lorsque le Hamas a envoyé 3 000 terroristes armés en Israël, le 7 octobre, pour mener une attaque brutale au cours de laquelle ils ont tué près de 1 200 personnes. Les terroristes ont également pris en otage 253 personnes, pour la plupart des civils, et les ont emmenées à Gaza.

Israël a réagi en lançant une campagne militaire dont l’objectif vise à détruire le Hamas, à l’écarter du pouvoir à Gaza et à libérer les otages.

Les chiffres publiés par le groupe terroriste sont invérifiables, et ils incluraient ses propres terroristes et hommes armés, tués en Israël et à Gaza, et les civils tués par les centaines de roquettes tirées par les groupes terroristes qui retombent à l’intérieur de la bande de Gaza. L’armée israélienne affirme avoir tué plus de 13 000 membres du groupe terroriste à Gaza, en plus d’un millier de terroristes à l’intérieur d’Israël le 7 octobre et dans les jours qui ont suivi l’assaut.

En savoir plus sur :
S'inscrire ou se connecter
Veuillez utiliser le format suivant : example@domain.com
Se connecter avec
En vous inscrivant, vous acceptez les conditions d'utilisation
S'inscrire pour continuer
Se connecter avec
Se connecter pour continuer
S'inscrire ou se connecter
Se connecter avec
check your email
Consultez vos mails
Nous vous avons envoyé un email à gal@rgbmedia.org.
Il contient un lien qui vous permettra de vous connecter.