Mort en détention en 2021 : L’identité du soldat accusé d’atteinte à la sécurité révélée
Tomer Eiges, 24 ans, génie de l'informatique accusé d'infractions graves à la sécurité alors qu'il servait dans l'unité 8 200, s'est effondré plusieurs fois dans sa cellule au cours des mois précédant sa mort mystérieuse
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Le nom d’un officier du Directorat des Renseignements militaires décédé dans de mystérieuses circonstances en 2021 alors qu’il était emprisonné pour des infractions liées à la sécurité, a été autorisé à être publié samedi soir, après que la Cour d’appel de l’armée israélienne a levé l’embargo de publication sur cette affaire.
Tomer Eiges, officier supérieur (poste équivalent à celui de capitaine) originaire de Haïfa, avait été emprisonné pour des infractions graves à la sécurité.
Il a été retrouvé dans un état grave dans sa cellule, à la veille de la fête de Shavouot, en mai 2021, et son décès a été prononcé à l’hôpital quelques heures plus tard. Il avait 24 ans au moment de sa mort. Aucun signe évident n’a permis d’en déterminer la cause.
L’autopsie pratiquée en Israël, ainsi que les analyses sanguines effectuées dans un laboratoire médico-légal spécialisé aux États-Unis, n’ont pas permis de tirer de conclusions définitives.
L’ensemble de l’affaire, y compris l’identité d’Eiges, a fait l’objet d’une censure militaire et d’un embargo prononcé par le tribunal, même si les informations, notamment son nom complet et sa photo, étaient largement disponibles en ligne depuis sa mort.
Eiges a passé neuf mois dans une prison militaire en attendant son procès, tandis que ses avocats et les procureurs militaires négociaient un éventuel accord, interrompu par sa mort soudaine.
Bien qu’aucune cause officielle de décès n’ait été déterminée, des responsables militaires ont indiqué de manière officieuse qu’il s’agissait probablement d’un suicide. Sa famille a toutefois contesté cette affirmation.
La prison où il était détenu, Neve Tzedek, venait d’être ouverte et était spécialement conçue pour rendre le suicide difficile, avec des caméras en circuit fermé dans tout le bâtiment et des équipements empêchant les détenus de se pendre.
Des images diffusées samedi soir par la chaîne publique Kan le montrent s’effondrant sur le sol de la salle de bains de sa cellule, fin avril 2021, soit un mois seulement avant sa mort.
Il a réussi à ramper jusqu’à la pièce principale de la cellule et à faire signe à la caméra de sécurité pour demander de l’aide. Selon la chaîne, cette chute faisait suite à une série d’autres chutes, dont l’une l’avait conduit à l’hôpital.
Le soldat décédé est décrit par ses amis et sa famille comme un programmeur informatique incroyablement doué, un prodige qui avait commencé à travailler dans ce domaine dès l’adolescence. Alors qu’il était encore au lycée, il avait obtenu une licence en informatique à l’université de Haïfa, puis avait travaillé dans une entreprise technologique avant de s’enrôler dans l’armée israélienne.
Eiges risquait d’être inculpé pour une dizaine d’infractions et condamné à une peine de prison de dix ans ou plus pour des actes qu’il aurait commis alors qu’il était officier de renseignement dans l’unité d’élite 8 200 du Corps de Collecte de Renseignements.
Le chef d’état-major de Tsahal de l’époque, Aviv Kohavi, avait déclaré que l’officier avait failli compromettre un secret d’État, mais que les dégâts avaient été évités in extremis grâce à son arrestation en août 2020.
Le jeune homme avait été appréhendé par des agents de l’agence de sécurité intérieure du Shin Bet alors qu’il rentrait en trottinette électrique de la base militaire de Glilot, où se trouve le quartier général de l’unité 8 200, jusqu’à son appartement de Ramat HaSharon. Il avait été placé en détention à l’issue de son interrogatoire.
L’armée a déclaré que le soldat avait agi seul et que ses actes n’avaient pas été commis pour le compte d’un gouvernement étranger, pour des raisons financières ou par idéologie, mais plutôt pour des « motivations personnelles » non précisées.
Selon la famille, Tsahal aurait supprimé une grande partie des publications de l’officier sur les réseaux sociaux, remontant jusqu’en 2018, a rapporté le journal Haaretz. Un proche de l’officier, dont l’identité n’est pas révélée dans l’article, a déclaré au quotidien que « la colère est due à la tentative de faire disparaître une personne décédée dans une prison militaire ».
« Nous ne savons rien. À ce jour, personne ne nous a expliqué ce qui s’est passé », a déclaré le proche.
« Le comportement de l’armée ressemble à une tentative de dissimuler ses échecs. Comment peut-on essayer d’effacer une personne de cette manière ? »
Les membres de la famille ont déclaré que, quelques heures avant sa mort, l’officier avait appelé ses parents à la veille de la fête de Shavouot.
Selon des sources familiales, il ne semblait pas bouleversé et leur a demandé d’apporter des vêtements, ainsi que d’autres effets personnels et des friandises, lors de leur prochaine visite, pour l’aider à passer le temps pendant son incarcération. La famille a également souligné que son transfert d’une prison vers un établissement plus récent « lui avait fait du bien » et qu’il était dans un état d’esprit positif.
En 2023, l’armée a reconnu Eiges comme soldat tombé au combat, même s’il n’était plus enrôlé au moment de sa mort. Le logo de Tsahal et son numéro d’identification militaire ont alors été ajoutés à sa pierre tombale, et sa famille a pu bénéficier des prestations du ministère de la Défense.
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