Municipales palestiniennes : pas de liste au nom du Hamas, candidats du Fatah à Gaza
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Municipales palestiniennes : pas de liste au nom du Hamas, candidats du Fatah à Gaza

Le Hamas, qui est considéré comme un groupe terroriste par l'UE, les Etats-Unis et Israël, souhaite éviter les sanctions internationales

Une femme palestinienne passe à côté de posters électoraux à Ramallah, le premier jour de la campagne pour les élections municipales, le 6 octobre 2012. (Crédits : Issam Rimawi / Flash 90)
Une femme palestinienne passe à côté de posters électoraux à Ramallah, le premier jour de la campagne pour les élections municipales, le 6 octobre 2012. (Crédits : Issam Rimawi / Flash 90)

Le Hamas a annoncé jeudi qu’il n’y aura pas de liste en son nom aux municipales palestiniennes du 8 octobre, tandis que son rival le Fatah du président de l’AP Mahmoud Abbas présente des candidats dans la bande de Gaza, que dirige le mouvement terroriste.

« Le Hamas ne participera pas aux élections sous le nom de Hamas ou avec des candidats connus pour être du Hamas », a indiqué Fawzy Barhoum, porte-parole du mouvement à Gaza à l’AFP.

Le Hamas « soutiendra des listes d’universitaires, de professionnels, d’experts, de personnes reconnues pour leur rôle au sein de l’administration ou dans les relations internationales », a-t-il précisé au dernier jour d’enregistrement des candidatures.

« Si ces listes qui ne portent pas l’étiquette du Hamas l’emportent, alors la communauté internationale pourrait les reconnaître et travailler » avec les municipalités qu’elles dirigeront, explique le politologue gazaoui Naji Charab.

« Alors que si le Hamas s’était présenté sous son nom, les municipalités remportées pourraient subir des sanctions internationales ».

Le porte-parole du Fatah, Fayez Abou Eita, a pour sa part affirmé avoir « déposé des listes de candidats pour toutes les municipalités de la bande de Gaza ».

Le dernier scrutin organisé dans les Territoires palestiniens, la Cisjordanie et la bande de Gaza, remonte à 2006. Ces législatives avaient été remportées par le Hamas qui, privé de sa victoire électorale, a pris en 2007 le pouvoir par la force dans la bande de Gaza évinçant le Fatah.

Le Parlement ne siège plus depuis et le mandat de Mahmoud Abbas, expiré en 2009, court toujours faute de présidentielle.

‘Un début’

En 2012, des municipales avaient été organisées, mais boycottées par le Hamas qui en avait interdit la tenue dans la bande de Gaza, limitant le scrutin à la seule Cisjordanie.

Cette année, les deux partis se sont engagés à respecter les résultats des urnes et la commission électorale a mobilisé des observateurs pour le scrutin, qui s’annonce néanmoins sous haute tension après l’arrestation par Israël d’un membre du Hamas de haut rang en Cisjordanie.

Les services de sécurité gazaouis, tenus par le Hamas, se sont de leur côté engagé jeudi à garantir la sécurité du scrutin.

Iyad al-Bozoum, porte-parole du ministère de l’Intérieur à Gaza, a affirmé lors d’une conférence de presse que « toutes les forces de police seraient mobilisées le jour du scrutin pour sécuriser les bureaux de vote ».

Ces élections, si elles se déroulent en toute transparence, « devront ensuite être suivies de législatives et d’une présidentielle pour que chaque citoyen choisisse en toute liberté le candidat qui le représentera et le projet qui réalisera ses ambitions », a lancé Fayçal Abou Chahla, membre de la direction du Fatah à Gaza. « C’est un début », a-t-il assuré.

De son côté, M. Barhoum, a affirmé que son mouvement restait « déterminé à participer au processus électoral peu importe les arrestations menées par l’occupant (israélien) ou l’Autorité palestinienne », pour ensuite aller vers « des législatives et une présidentielle ».

En tout, 846 000 électeurs sont appelés à voter le 8 octobre dans la bande de Gaza, selon Jamil al-Khaldi, en charge de la Commission électorale dans l’enclave palestinienne soumise depuis 10 ans à un sévère blocus israélien.

Les bureaux d’enregistrement des candidats fermeront à minuit jeudi et les listes seront publiées le 24 septembre, date du début de la campagne électorale.

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