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Naftali Bennett dénonce les propos de Smotrich sur l’exclusion d’élus des synagogues

Le député d'extrême-droite avait demandé aux synagogues d'interdire la venue des membres de la coalition ; "C'est ce qui a entraîné notre destruction", riposte le Premier ministre

Naftali Bennett, à gauche, Ayelet Shaked, à droite, et Bezalel Smotrich, derrière, lors d'une conférence de presse du parti Yamina à Jérusalem, le 14 mai 2020. (Crédit :  Yonatan Sindel/FLASH90)
Naftali Bennett, à gauche, Ayelet Shaked, à droite, et Bezalel Smotrich, derrière, lors d'une conférence de presse du parti Yamina à Jérusalem, le 14 mai 2020. (Crédit : Yonatan Sindel/FLASH90)

Le Premier ministre Naftali Bennett a répondu, mercredi, au député d’extrême-droite Bezalel Smotrich, après que ce dernier a déclaré que les synagogues devaient interdire leur accès aux membres de la coalition au pouvoir, affirmant que leurs agissements politiques devaient les exclure de la vie communautaire.

« Dire : ‘Nous nous aimons tous les uns les autres, mais nous ne siégerons pas à leurs côtés’ ou dire ‘nous nous aimons tous les uns les autres, mais ils n’entreront pas dans ma synagogue’ – Mais de quoi s’agit-il ? », a déclaré Bennett lors d’une conférence, mercredi matin.

« Qu’un Juif boycotte un autre Juif dans une synagogue, comme un certain politicien l’a appelé de ses vœux – c’est très exactement ce qui a entraîné la destruction de notre État précédent, il y a 2000 ans », a ajouté le Premier ministre, faisant référence à des textes rabbiniques expliquant la destruction du Temple et la dispersion des Israélites comme ayant été une conséquence des relations toxiques entretenues entre sectes rivales à Jérusalem.

« Je me situe à droite et d’autres se situent à gauche au sein du gouvernement ; nos point de vue sont totalement différents. Mais savez-vous ce que j’ai découvert ? J’ai découvert que même des gens qui nourrissent des points de vue très différents aiment de la même manière, et très profondément, la terre d’Israël », a continué Bennett.

« Et je lance donc un appel à tous : Unissons-nous contre l’ennemi extérieur. L’ennemi n’est pas intérieur mais il est extérieur – ce sont les terroristes qui tentent de nous briser », a-t-il poursuivi. « Mais ils ne nous briseront pas. Personne ne nous brisera si nous savons être plus forts ensemble ».

Smotrich — qui est aujourd’hui à la tête du parti Sionisme religieux d’opposition mais qui, dans le passé, avait été l’allié politique de Bennett – avait déclaré mardi qu’il devrait être interdit à tous les membres du gouvernement de Bennett d’entrer dans un lieu de culte.

Le Premier ministre Naftali Bennett tenant une conférence de presse à la base militaire de la Division Judée-Samarie, près de l’implantation de Beit El en Cisjordanie, le 5 avril 2022. (Crédit : Yonatan Sindel/ Flash90)

Ses propos ont été accueillis avec fureur par plusieurs politiciens. Faisant écho aux paroles de Bennett, sa partenaire politique la plus proche, la ministre de l’Intérieur Ayelet Shaked, a déclaré mercredi que de telles déclarations étaient dangereuses pour les Juifs, partout dans le monde.

« [Smotrich] a apparemment oublié les mots des Sages condamnant l’humiliation publique. Il pense que les fidèles devraient me virer de ma synagogue », a-t-elle déclaré.

« Jusquà hier, je n’avais pas compris le contexte qui avait entraîné… la destruction du Second Temple », a-t-elle ajouté.

La ministre laïque a fait remarquer qu’elle fréquentait encore la synagogue où son père l’amenait quand elle était enfant pendant les fêtes et autres occasions spéciales. « Je me suis toujours sentie bien accueillie là-bas, j’ai toujours eu le sentiment que chaque Juif a un endroit bien à lui où il peut aller prier », a-t-elle continué.

Ayelet Shaked et Bezalel Smotrich (à gauche) lors d’une commission parlementaire à la Knesset, le 9 juin 2017. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

Répondant aux critiques, Smotrich a écrit une publication sur Facebook disant que « les membres de Yamina qui ont, en toute connaissance de cause, trompé leurs électeurs et vendu l’État d’Israël à la gauche radicale et au mouvement islamique méritent de se sentir indésirables parmi les Israéliens en général, et leurs tentatives visant à se positionner comme des victimes sont bizarres. »

Yamina est à la tête d’une coalition disparate de partenaires improbables, une alliance qui comprend des partis de gauche et une faction islamiste, et ce même si la formation est initialement de droite et qu’elle avait promis de ne jamais s’unir avec la gauche de l’échiquier politique.

« Tout le monde est bienvenu, bien entendu, dans les synagogues mais il est vraiment très étonnant de voir ceux qui sont devenus les partenaires des ennemis d’Israël boycotter la moitié de la nation de manière à remporter un débat interne », a continué Smotrich.

Le leader du parti Sioniste religieux a souvent été critiqué pour ses propos provocateurs et pour ses politiques ultra-conservatrices. Il avait notamment déclaré, dans le passé, être « homophobe et fier de l’être ».

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