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Smotrich: les synagogues devraient exclure les membres de la coalition de Bennett

Le chef du parti Sionisme religieux affirme qu'il est "légitime" d'exclure de la vie communautaire les politiciens qui "volent des votes" et s'associent à des partis arabes

Le leader du parti Sioniste religieux Bezalel Smotrich lors d'une manifestation contre le "gouvernement du changement" devant la maison de la députée de Yamina Ayelet Shaked, près de Tel Aviv, le 3 juin 2021. (Crédit :  Avshalom Sassoni/Flash90)
Le leader du parti Sioniste religieux Bezalel Smotrich lors d'une manifestation contre le "gouvernement du changement" devant la maison de la députée de Yamina Ayelet Shaked, près de Tel Aviv, le 3 juin 2021. (Crédit : Avshalom Sassoni/Flash90)

Le politicien de l’opposition Bezalel Smotrich a déclaré mardi qu’il serait légitime que les synagogues refusent de recevoir les membres de la coalition au pouvoir en Israël, estimant que leurs affiliations politiques devraient leur valait une excommunication.

Le leader du parti d’extrême droite le Sionisme religieux, qui n’en est pas à une polémique près, a également démenti les affirmations du Premier ministre Naftali Bennett selon lesquelles lui et le chef de l’opposition Benjamin Netanyahu avaient ordonné à des manifestants de s’en prendre aux familles des membres les plus radicaux de la coalition au pouvoir, mais il a soutenu que les manifestations devant leurs domiciles relevaient de la « liberté d’expression ».

« Je maintiens que quiconque fait partie de ce gouvernement n’a pas besoin de venir dans une synagogue », a-t-il déclaré lors d’une interview enflammée à la radio publique Kan. « C’est la chose la plus légitime du monde. »

« Quelqu’un qui ment, triche et vole des votes. Quelqu’un qui rejoint la gauche radicale nuisant à tout ce qui est sacré en Israël. Quelqu’un qui a vendu l’État au Mouvement islamique et qui va maintenant faire de même avec les partisans du terrorisme de la Liste arabe unie n’est certainement pas digne d’être dans la congrégation, c’est tout à fait légitime », a ajouté Smotrich.

Interrogé sur ce commentaire, le député a ajouté qu’il pensait que « les personnes qui tournent le dos au public devraient se sentir rejetées. » Il est ensuite revenu légèrement sur ses propos, affirmant qu’il ne faisait que décrire la « réaction naturelle » des fidèles de droite dans les synagogues.

Les commentaires de M. Smotrich s’inscrivent dans le cadre d’une nouvelle tentative de la part des représentants de l’opposition de creuser un fossé au sein de la vaste alliance qui gouverne Israël, et qui comprend des partis nationalistes favorables aux implantations, des partis situés à gauche de l’échiquier politique et la faction islamiste Raam.

Naftali Bennett plaçant une note entre les pierres du Mur occidental dans la vieille ville de Jérusalem, le 21 janvier 2013. (Crédit : Sebastian Scheiner/AP)

L’opposition cherche à récupérer suffisamment de députés de droite à la Knesset pour former un gouvernement alternatif dirigé par Netanyahu ou du moins faire tomber ce gouvernement, en se concentrant principalement sur le parti Yamina de Bennett. La base du parti, et nombre de ses députés, sont issus de la communauté nationaliste religieuse dans laquelle les synagogues sont souvent la pierre angulaire de la vie publique ; Bennett est le premier Premier ministre israélien portant la kippa.

Répondant à Smotrich, le ministre des Affaires religieuses Matan Kahana, membre de Yamina, l’a accusé d’appliquer des politiques extrêmes de terre brûlée pour se maintenir au niveau des membres encore plus radicaux de son parti. « Il essaie maintenant de vendre sa politique de haine aux synagogues. Ses paroles qui sèment la discorde ne trouveront pas preneur. »

Les efforts visant à diviser la coalition ont inclus des manifestations devant les domiciles des députés de droite considérés comme particulièrement prônes à être récupérés par l’opposition. Ces efforts ont récemment permis à Idit Silman, présidente de la coalition, de rejoindre l’opposition tout en restant l’un des six députés de Yamina. Un autre député, Amichai Chikli, avait quitté le parti en juin, et d’autres ont envisagé de passer de l’autre côté de la haie au cours des derniers jours.

De gauche à droite : Naftali Bennett, Ayelet Shaked et Bezalel Smotrich lors d’un événement de campagne dans l’implantation d’Elkana, en Cisjordanie, le 21 août 2019. (Crédit : Ben Dori/Flash90)

Lundi, Bennett a déclaré aux chaînes de télévision israéliennes que les familles de Silman, d’Orbach et d’autres membres de Yamina avaient été harcelées par des manifestants de droite envoyés par Netanyahu et Smotrich pour tenter de les écarter de la coalition.

« Ils ont appelé les dirigeants du Bnei Akiva [groupe religieux de jeunes] de ses enfants et leur ont dit de renvoyer les enfants du Bnei Akiva », a déclaré Bennett à la Treizième chaîne, en faisant référence à Silman.

Smotrich a accusé Bennett d’être un menteur en série, mais a également défendu les actions présumées des manifestants.

« Oui, il y a et il y a eu des protestations, mais pas de ma part ou de celle de Netanyahu. Au contraire, en fait, ce sont les électeurs de Yamina qui sont déçus, en colère face à la trahison, la désertion », a-t-il déclaré, défendant les protestations comme une forme de « démocratie » et de « liberté d’expression. »

Smotrich lui-même a assisté à certaines manifestations, et la semaine dernière, Netanyahu a organisé un grand rassemblement au cours duquel il a dit aux manifestants que les membres de la coalition issus de la droite politique devaient « rentrer à la maison ».

Une affiche montrant la députée Yamina, Idit Silman, lors d’un rassemblement de droite à Jérusalem, le 6 avril 2022. (Crédit : Olivier Fitoussi/FLASH90)

Smotrich est régulièrement sous le feu des critiques pour ses commentaires et ses positions ultra-conservatrices, qui incluent le fait d’être un « homophobe fier » et des remarques islamophobes et anti-arabes.

En février, le principal organisme juif du Royaume-Uni a demandé à Smotrich de « remonter dans l’avion », en tweetant qu’il « rejette les opinions abominables et l’idéologie haineuse de Bezalel Smotrich ». Quelques semaines auparavant, il s’était attiré de vifs reproches en critiquant l’ancienne présidente de la Cour suprême, Miriam Naor, quelques heures

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