Rechercher

Netanyahu absent de la réunion du Likud le réaffirmant comme chef incontesté

Après avoir renoncé à des primaires pour la direction du parti, seule une fraction du comité central du Likud s'est rendu au vote pour le soutien de Netanyahu

Les partisans du Premier ministre Benjamin Netanyahu au marché de Mahane Yehuda à Jérusalem, le 13 septembre 2019 (Crédit : Menahem Kahana/AFP)
Les partisans du Premier ministre Benjamin Netanyahu au marché de Mahane Yehuda à Jérusalem, le 13 septembre 2019 (Crédit : Menahem Kahana/AFP)

Le leader du Likud leader Benjamin Netanyahu n’était pas présent jeudi lors d’une réunion durant laquelle son parti lui a réaffirmé son soutien en tant que chef de la formation et candidat au poste de Premier ministre.

Le rassemblement du comité central du Likud, auquel n’a participé qu’une petite fraction des quelques 3 800 membres qui le composent, avait été organisé après le renoncement de Netanyahu à une proposition de Primaires anticipées à la tête du parti – un vote qui avait amené son adversaire, Gideon Saar, à promettre de le défier.

Le comité a approuvé, à la place, une mesure déclarant que Netanyahu sera le seul candidat à la fonction de Premier ministre à la Knesset actuelle et que le parti ne siégera que dans un gouvernement qui serait placé sous son autorité, que ce soit dans le cadre d’un mandat intégral ou d’un accord de rotation.

« La proposition a été approuvée dans le cadre d’un vote ouvert avec une majorité décisive des voix », a annoncé le Likud.

Le parti n’a pas donné de chiffres concernant les résultats du vote mais des photos de l’événement, qui s’est tenu sans la présence des journalistes, montrent une salle presque vide.

Moins de 10 % des membres du comité ont participé au vote, selon la radio militaire.

« Merci aux membres du comité central du Likud pour leur soutien écrasant et pour la confiance qu’ils placent en moi et dans le Likud », a commenté Netanyahu sur Twitter.

L’absence de Netanyahu durant la rencontre n’a pas été justifiée.

L’approbation de la mesure a aussi signalé qu’il n’y aurait pas d’élections primaires prochainement. Le député Haim Katz, chef du comité central du Likud, a proposé un calendrier pour des Primaires d’ici un an, mais aucune décision finale n’a encore été prise.

Netanyahu avait envisagé des primaires en partant du principe qu’il en émergerait comme le gagnant incontesté – ce qui serait le moyen de renforcer son statut du Premier ministre, englué dans des scandales pour corruption, comme leader inébranlable du Likud – et de signaler également aux autres partis qui espèrent un putsch au sein de la formation que toute mutinerie sera exclue, dans un contexte d’impasse dans la formation d’un gouvernement.

Un tel vote lui aurait également garanti de conserver la tête du parti jusqu’à la fin du mandat de la 23e Knesset – ce qui représente potentiellement huit années.

Mais peu après l’annonce, jeudi, d’éventuelles primaires à la tête du Likud, Saar, qui est peut-être le plus grand opposant au Premier ministre au sein de la formation, avait annoncé qu’il serait candidat.

« Je suis prêt », avait-il écrit sur Twitter.

Netanyahu est ensuite revenu sur sa proposition suite à des informations qui avaient laissé entendre que plusieurs ministres du Likud l’avaient averti qu’il y avait peu à gagner et beaucoup à perdre dans un tel scrutin.

Si Netanyahu jouit d’une grande popularité au sein du Likud, son échec à former une coalition suite aux élections du mois d’avril et ses combats menés pour y parvenir, une fois encore, à l’issue du vote du mois dernier ont fait chanceler sa réputation de prince invincible de la politique israélienne.

Saar, qui est très populaire auprès de la base électorale du Likud, pourrait s’avérer être un challenger lorsque les 130 000 membres du Likud se rendront aux urnes pour les primaires.

Le député du Likud Gideon Saar lors d’une réunion de faction du Likud à l’ouverture de la 22è Knesset à Jérusalem, le 3 octobre 2019 (Crédit : Hadas Parush/Flash90)

Netanyahu se bat actuellement pour tenter de former un gouvernement en amont d’un troisième scrutin national possible mais la mise en place d’une majorité à la Knesset reste problématique pour lui comme pour son rival de Kakhol lavan, Benny Gantz.

Gantz devrait être chargé à son tour de cette mission si le Premier ministre en exercice échoue.

De plus, les discussions entre Netanyahu et Avigdor Liberman, le chef de Yisrael Beytenu, sur la proposition faite par ce dernier de mettre en place un gouvernement d’unité se sont achevées jeudi, sans succès.

Le Likud et Kakhol lavan ont négocié un possible accord de partage du pouvoir avec une rotation au poste de Premier ministre mais les deux partis se trouvent dans l’incapacité de s’accorder sur la personnalité qui endosserait en premier le costume de Premier ministre sous les termes d’un tel arrangement.

Gantz refuse de siéger dans une coalition aux côtés de Netanyahu, aussi longtemps que ce dernier sera empêtré dans des scandales judiciaires et il espère que Saar ou un autre haut-membre du Likud puisse être à l’origine d’un mouvement de dissidence au sein du parti et décider de se joindre à lui.

En savoir plus sur :
C’est vous qui le dites...