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Netanyahu rétropédale et envisage des primaires du Likud pour l’année prochaine

Dans un contexte d'enquêtes pour corruption et de défi lancé par son rival, Saar, il a été recommandé au Premier ministre d'éviter un vote anticipé

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu, au centre, lors de la cérémonie de prestation de serment à la Knesset de Jérusalem, le 3 octobre 2019 (Crédit : Menahem KAHANA / AFP)
Le Premier ministre Benjamin Netanyahu, au centre, lors de la cérémonie de prestation de serment à la Knesset de Jérusalem, le 3 octobre 2019 (Crédit : Menahem KAHANA / AFP)

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu réfléchit à une suggestion faite par le ministre Haim Katz d’organiser des primaires à la tête de la formation dans un an, ce qui laisse penser que le Premier ministre ne donnerait pas suite à son idée, évoquée jeudi, de mettre en place un scrutin anticipé – une occasion qui avait été saisie par son rival Gideon Saar pour lui lancer un défi.

Selon la proposition de Katz, le comité central du Likud se réunirait la semaine prochaine et programmerait des Primaires de leadership dans un an tout en soutenant publiquement Netanyahu dans les négociations de coalition, selon des informations parues dans les médias israéliens.

Netanyahu doit encore prendre une décision, selon ces mêmes informations.

Les conseillers du Premier ministre ont déclaré jeudi soir à la Douzième chaîne que des primaires imminentes étaient loin d’être sûres. Des informations avaient laissé entendre que plusieurs ministres du Likud qui avaient rencontré Netanyahu pendant la journée l’avaient averti qu’il y avait peu à gagner et beaucoup à perdre dans un tel scrutin.

Des primaires qui seraient remportées haut-la-main par Netanyahu sont considérées comme un moyen de renforcer le statut du Premier ministre, englué dans des scandales pour corruption, comme leader incontesté du Likud – et de signaler également aux autres partis qui espèrent un coup d’Etat au sein de la formation que toute mutinerie sera exclue, dans un contexte d’impasse dans la formation d’un gouvernement.

Elles lui permettraient également de conserver l’autorité dans le parti jusqu’à la fin du mandat de la 23è Knesset – soit potentiellement pendant encore huit ans.

Mais peu après l’annonce par le Likud d’une possible organisation de Primaires, jeudi matin, Saar, qui est peut-être le plus grand opposant du Premier ministre au sein du Likud, a fait savoir qu’il se présenterait au scrutin.

« Je suis prêt », a-t-il ainsi écrit sur Twitter.

Le député du Likud Gideon Saar lors d’une réunion de faction du Likud à l’ouverture de la 22è Knesset à Jérusalem, le 3 octobre 2019 (Crédit : Hadas Parush/Flash90)

SiNetanyahu jouit d’une grande popularité au sein du Likud, son échec à former une coalition suite aux élections du mois d’avril et ses combats menés pour y parvenir, une fois encore, à l’issue du vote du mois dernier ont fait chanceler sa réputation de prince invincible de la politique israélienne.

Saar, qui est très populaire auprès de la base électorale du Likud, pourrait s’avérer être un challenger formidable lorsque les 130 000 membres du Likud se rendront aux urnes pour les Primaires.

Même si Netanyahu gagnait, une bataille éprouvante à la tête du parti pourrait entraîner l’exposition au grand jour de toutes les dissensions de la formation après des années de tentatives visant à les modérer – même alors que Netanyahu devait affronter des déboires judiciaires croissants.

Selon la Douzième chaîne, un facteur majeur ayant amené Netanyahu à réfléchir à sa proposition d’élections anticipés est le fait que ce scrutin aurait lieu au mois de novembre au plus tôt, permettant à ses rivaux de bien se préparer.

Le Premier ministre appréhenderait également une date de primaires concordant avec la décision prise par les procureurs de l’Etat d’éventuellement l’inculper dans trois affaires de corruption – ce qui serait un moment mal choisi pour un vote de confiance.

Jeudi soir, les médias en hébreu ont indiqué que Netanyahu continuait à pousser ses alliés à signer une déclaration attestant du fait qu’ils ne soutiendraient aucun autre candidat à la tête du parti jusqu’au moment où de nouvelles élections seront organisées – si cela doit être le cas.

L’idée de promettre un soutien à Netanyahu a été une première fois avancée au cours d’une réunion, mercredi, qui a eu lieu entre les chefs du bloc religieux de droite dirigé par le Likud. Les formations Yamina et Yahadout HaTorah auraient refusé. Toutefois, jeudi, il a été rapporté que Yahadout HaTorah avait finalement accepté cette condition. Yamina, pour sa part, n’aurait pas pris de décision.

La présidente du parti Yamina, Ayelet Shaked, prend la parole au siège du parti Yamina le soir des élections à Ramat Gan, le 17 septembre 2019. (Flash90)

La mise en place d’une majorité à la Knesset reste problématique pour Netanyahu comme pour son rival de Kakhol lavan, Benny Gantz. Netanyahu tente actuellement de rassembler, en vain, une coalition. Gantz devrait être chargé à son tour de cette mission si le Premier ministre en exercice est amené à échouer.

Les discussions entre Netanyahu et le chef de Yisrael Beytenu sur la proposition faite par ce dernier de mettre en place un gouvernement d’unité se sont achevées jeudi, sans succès.

Le Likud et Kakhol lavan ont négocié un possible accord de partage du pouvoir avec une rotation au poste de Premier ministre mais les deux partis se trouvent dans l’incapacité de s’accorder sur la personnalité qui endosserait en premier le costume de Premier ministre sous les termes d’un tel arrangement.

Gantz refuse de siéger dans une coalition aux côtés de Netanyahu, aussi longtemps que ce dernier sera empêtré dans des scandales judiciaires et il espère que Saar ou un autre haut-membre du Likud puisse être à l’origine d’un mouvement de dissidence au sein du parti et décider de se joindre à lui.

Dans le contexte de ses batailles judiciaires, Netanyahu s’inquiète de rester au pouvoir alors qu’il tente de lutter contre les accusations lancées à son encontre. Sous les termes de la loi israélienne, les ministres peuvent quitter leurs postes s’ils sont inculpés mais les chefs de gouvernement sont potentiellement autorisés à se maintenir jusqu’à épuisement de toutes les procédures d’appel.

Les leaders de Kakhol lavan Benny Gantz et Yair Lapid, à gauche, rient ensemble pendant une réunion de faction à la Knesset, le 3 octobre 2019 (Crédit : Menahem Kahana/AFP)

Netanyahu a appelé une nouvelle fois à la formation d’un « large gouvernement d’unité » jeudi pour éviter le spectre d’un troisième scrutin en l’espace de seulement un an, indiquant que les défis sécuritaires que doit relever le pays exigent l’union et la stabilité politique.

Gantz a, pour sa part, répété son appel à la démission de Netanyahu. « S’il quitte son poste, il y aura un gouvernement d’unité en une heure », a-t-il déclaré aux journalistes réunis à la Knesset.

Mercredi, lors de la première audience de pré-inculpation de Netanyahu, son équipe de défense a présenté aux procureurs de nouveaux arguments et de nouvelles preuves dans les dossiers qui, ont-ils asséné, « contredisent complètement les accusations contenues dans l’acte d’inculpation ».

L’audience a continué jeudi.

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