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Likud : Netanyahu envisage une primaire pour la direction du parti

Selon le Likud, la décision viserait à enlever l'illusion d'une 'rebellion au Likud' visant à démettre Netanyahu que les autres partis attendent

Raoul Wootliff est le correspondant parlementaire du Times of Israël

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu, (à droite), et le ministre de l'Intérieur de l'époque, Gideon Saar, (à gauche), au bureau du Premier ministre à Jérusalem, le 25 décembre 2012. (Miriam Alster/ Flash90/ File)
Le Premier ministre Benjamin Netanyahu, (à droite), et le ministre de l'Intérieur de l'époque, Gideon Saar, (à gauche), au bureau du Premier ministre à Jérusalem, le 25 décembre 2012. (Miriam Alster/ Flash90/ File)

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu envisagerait de tenir des « primaires surprises » pour la direction du parti du Likud afin de faire taire les rumeurs d’une possible rébellion contre lui de la part de d’autres membres du parti, a déclaré jeudi le Likud alors que les négociations de coalition restent au point mort. L’annonce a entraîné une réponse explosive de l’élu du Likud Gideon Saar, qui s’est dit « prêt » pour une éventuelle course électorale interne face à Netanyahu.

« L’objectif de cette démarche est d’enlever l’illusion d’une ‘rebellion au Likud’ que les autres partis attendent, quelque chose qui les empêche de rejoindre un gouvernement d’unité », a déclaré le Likud dans un communiqué. Celui-ci a été publié après que des négociations entre Netanyahu et Avidgor Liberman, le chef d’Yisrael Beytenu, sur la proposition d’un gouvernement d’unité se sont achevées après seulement une heure, sans la moindre avancée.

En réaction à l’annonce, l’ancien ministre de l’Education du Likud Gideon Saar a indiqué qu’il allait défier Netanyahu pour la direction du parti. « Je suis prêt », a-t-il tweeté sèchement.

Interrogé pour donner plus de détails alors qu’il arrivait à la Knesset pour l’intronisation du parlement jeudi après midi, Saar a soigneusement évité les questions des journalistes.

Saar est un adversaire de longue date du Premier ministre. Plus tôt cette année, Netanyahu a accusé Saar de préparer un « putsch » contre lui, une affirmation que Saar a qualifiée de « fausse nouvelle ». Le Premier ministre a cherché à évincer Saar de la liste du Likud à la Knesset, mais l’ancien ministre de l’Education a reçu un soutien assez fort pour s’assurer une des premières places aux élections – il était en 6e position sur la dernière liste du Likud.

Saar a également critiqué certains des efforts présumés de Netanyahu pour s’assurer une immunité des poursuites dans les enquêtes pour corruption qui pèsent contre lui.

Le tweet de deux mots de Saar sur un éventuel défi de Netanyahu constitue une bombe politique potentielle dans l’impasse actuelle où se trouve Israël. Ni Netanyahu ni son rival Benny Gantz de Kakhol lavan n’ont de possibilité claire pour former une majorité à la Knesset. Netanyahu essaie actuellement de former une coalition, mais sans grand succès. Gantz aura probablement aussi la possibilité de former un gouvernement si Netanyahu échoue. Gantz a refusé de siéger dans une coalition avec Netanyahu tant que le Premier ministre risque d’être inculpé. Il espère que Saar, ou une autre figure importante au sein du Likud, pourrait bien prendre ses distances du parti pour s’allier avec lui.

Le président Reuven Rivlin a proposé un gouvernement d’unité entre le Likud et Netanyahu et le parti centriste Kakhol lavan de Benny Gantz où le pouvoir serait équitablement partagé, avec Netanyahu et Gantz qui serviraient tous les deux comme Premier ministre pendant deux ans. Rivlin a également laissé entendre que Netanyahu pourrait prendre un congé d’absence ouvert si et quand il était inculpé dans une ou plusieurs des affaires criminelles qui le visent, y compris pour une accusation de corruption.

Selon l’arrangement proposé par Rivlin, Gantz, en tant que « Premier ministre par intérim » dans un tel scénario, disposerait de toute l’autorité du Premier ministre. Une modification juridique au poste de « Premier ministre par intérim » permettrait théoriquement à Netanyahu de prendre un congé d’absence s’il est officiellement inculpé et permettrait à Gantz d’éviter de servir dans un gouvernement avec un Premier ministre qui est inculpé.

Mais les deux partis n’ont pas été d’accord pour savoir qui serait Premier ministre en premier dans un tel accord, entre autres problèmes. Kakhol lavan a dit qu’il accepterait un gouvernement d’unité avec le Likud si Netanyahu n’était pas à sa tête.

Le leader de Kakhol lavan Benny Gantz (à gauche), le président Reuven Rivlin (C) et le Premier ministre Benjamin Netanyahu (à droite) se rencontrent à la résidence du Président à Jérusalem, le 25 septembre 2019. (Amos Ben Gershom/GPO)

Netanyahu n’a pas dit qu’il démissionnerait s’il était inculpé et, selon la loi israélienne, il ne serait pas obligé de le faire. De nombreux juristes pensent que le Premier ministre pourrait rester en poste même s’il était condamné, et il ne serait contraint à la démission qu’une fois toutes les procédures d’appel épuisées. Kakhol lavan a annoncé qu’il ne participera pas à une coalition avec le Likud sauf si Netanyahu démissionnait.

Mercredi, lors de la première journée des audiences de pré-inculpation de Netanyahu, son équipe de défense a présenté aux procureurs de l’Etat de nouveaux arguments et des nouvelles preuves dans les trois affaires. Ils affirment que ces preuves « contredisent complètement les allégations du document d’inculpation ». L’audience continuait mardi.

En août, avant l’élection de septembre, Netanyahu a obtenu un engagement écrit de la part des principaux candidats à la Knesset du parti pour dire qu’ils s’unissaient derrière lui et qu’ils n’avaient pas l’intention de le remplacer. Cette décision est intervenue un jour après que l’un des principaux rivaux de Netanyahu a dit qu’il pourrait essayer de forger une coalition de gouvernement après les élections avec quelqu’un du parti si le Premier ministre refusait de jouer le jeu.

Netanyahu a demandé aux 40 premiers candidats de la liste pour la Knesset de signer une déclaration de loyauté où l’on pouvait lire : « Nous, soussignés, les candidats de la liste du Likud pour la 22e Knesset, affirmons que nous ne nous laisserons pas dicter notre politique par un autre parti. Quels que soient les résultats des élections, le Premier ministre et président du Likud Benjamin Netanyahu est le seul candidat du Likud pour le poste de Premier ministre, et il n’y aura pas d’autre candidat. »

Le parti avait déclaré à l’époque que l’objectif de l’initiative était d’empêcher les « manipulations » de la part de concurrents qui discutaient avec des membres du Likud afin de remplacer Netanyahu.

Un mois plus tôt, Gantz a dit qu’il était « en négociations avec des représentants du Likud » sur la possibilité de former un gouvernement d’unité sans Netanyahu, après les élections.

Saar, un ancien ministre populaire, a été critiqué par Netanyahu depuis son retour en politique plus tôt cette année parce qu’il aurait eu le projet de prendre la direction du Likud à Netanyahu.

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