Netanyahu accepte les primaires au Likud si des élections sont déclenchées
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Netanyahu accepte les primaires au Likud si des élections sont déclenchées

Le député rival Gideon Saar salue cette nouvelle qui s'inscrit dans la "grande tradition démocratique" du parti ; le Premier ministre prédit qu'il "gagnera largement"

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu serre la main de Gideon Saar (à droite) à son arrivée au Menachem Begin Heritage Center à Jérusalem, le 11 mars 2019. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)
Le Premier ministre Benjamin Netanyahu serre la main de Gideon Saar (à droite) à son arrivée au Menachem Begin Heritage Center à Jérusalem, le 11 mars 2019. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu a déclaré lundi que le Likud tiendrait des primaires pour la direction du parti si une nouvelle élection était provoquée, répondant ainsi à l’appel des militants et challengers potentiels qui l’avaient exhorté à en organiser.

Alors que les pourparlers de coalition vacillent et que les élections semblent presque inévitables, l’annonce signifie que Netanyahu devra presque certainement affronter le député Gideon Saar pour la direction du parti, son plus sérieux adversaire en la matière depuis des années.

« Le Premier ministre ne s’opposera pas aux primaires. S’il y a des élections générales, il y aura des primaires pour la direction du Likud et le Premier ministre Netanyahu triomphera », a déclaré lundi soir le parti dans un communiqué.

Saar, qui a fait pression pour les primaires et a été de plus en plus véhément contre Netanyahu, a salué la nouvelle.

« Je me félicite de la déclaration du Premier ministre Netanyahu sur la tenue de primaires pour la direction du Likud. Le Likud est le plus grand mouvement politique d’Israël et a une grande tradition démocratique », a écrit Saar sur Twitter.

« Nous procéderons à un vote positif, respectueux et propre au cours duquel je présenterai des projets et des positions clairs dans tous les domaines politiques. Les membres du Likud décideront », a-t-il ajouté.

Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu lors de la conférence du journal israélien « Makor Rishon » au centre de convention international de Jérusalem, le 8 décembre 2019. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

L’annonce intervient le lendemain du jour où Saar a été fortement hué lorsqu’il a demandé la tenue de primaires lors d’une réunion du Comité central du Likud, qui a voté pour la suppression de la primaire générale prévue. Netanyahu a également été chahuté lors de l’événement, par des militants pro-Saar.

On s’attend à ce que Netanyahu l’emporte, avec le soutien massif dont il bénéficie au sein du Likud, malgré les accusations portées contre lui dans trois affaires de corruption. Le parti, qui n’a eu que quatre dirigeants depuis la fondation du pays, est considéré comme farouchement loyal, mais Saar a dénoncé l’incapacité de Netanyahu à former une coalition pour tenter de convaincre les électeurs que du sang neuf était nécessaire.

La candidature de Saar a reçu un large soutien de la part d’un certain nombre de maires influents du Likud, y compris de l’aile droite du parti en faveur des implantations, alors que de nombreux hauts responsables du parti, dont le président de la Knesset, Yuli Edelstein, le ministre de la Sécurité publique, Gilad Erdan, le député Avi Dichter, et le ministre de la Coopération régionale, Tzachi Hanegbi, sont restés ostensiblement muets sur les candidats qu’ils appuieraient en cas de primaires.

Le député Likud Gideon Saar, lors d’un événement à Hod Hasharon, le 25 novembre 2019. (Yossi Zeliger/Flash90)

Samedi, le député Yoav Kisch a rejoint l’ancienne assistante de Saar, Michal Shir, en devenant le seul député du Likud à avoir publiquement approuvé Saar.

Dans son discours lors de la réunion du Likud lundi, Saar a déclaré qu’il était « décidé à se présenter à la direction du parti parce qu’il se rendait compte des nécessités d’un changement… pour sortir la nation de la crise politique actuelle, former un gouvernement sous l’autorité du Likud et rassembler le peuple ».

Il a contesté sa représentation parmi les alliés de Netanyahu comme déloyale pour avoir défié le chef de parti de longue date.

Il a ajouté que tout leader était à même de relever un défi, même après de nombreuses années au sommet.

De nombreux membres du Likud ont critiqué Saar pour sa contestation publique du leadership de Netanyahu, certains l’accusant même de « trahison ».

Dans une interview publiée lundi par le quotidien Israel Hayom, l’ancien maire de Jérusalem Nir Barkat, qui est considéré comme un autre challenger potentiel pour la direction du parti, a accusé Saar de « poignarder Netanyahu dans le dos ».

Lundi, le Likud, le parti Kakhol lavan de Benny Gantz et le chef d’Yisrael Beytenu, Avidgor Liberman, se sont mutuellement rejeté la responsabilité de l’échec à former un gouvernement et d’éviter le redouté troisième tour des élections, avant l’échéance de mercredi.

Benny Gantz, président du parti Kakhol lavan, prend la parole lors d’une conférence du journal « Makor Rishon » au Centre international des congrès de Jérusalem, le 8 décembre 2019. (Hadas Parush/Flash90)

Netanyahu a lancé un appel à Liberman pour qu’il entame des négociations de dernière minute avec le Likud, une proposition que Liberman semble avoir rapidement rejetée, affirmant qu’Israël « ne peut fonctionner dans le cadre étroit d’un gouvernement restreint, ce qui mettra Israël dans une situation désastreuse ».

Gantz a appelé Netanyahu à renoncer à une demande d’immunité à la Knesset pour engager des négociations de dernière minute. Le Likud a répondu en qualifiant la législation sur l’immunité de « droit explicite ».

Netanyahu, qui a été inculpé dans trois affaires de corruption, n’a pas encore annoncé s’il demandera l’immunité contre les poursuites, mais il est largement attendu que cela soit le cas.

Plus tôt lundi, Yair Lapid, numéro 2 de Kakhol lavan, a déclaré qu’il renonçait à un accord de rotation pour le poste de Premier ministre avec Gantz dans le but de renforcer les chances du parti lors des prochaines élections, qui s’annoncent de plus en plus probables.

Le Likud a qualifié les manœuvres de Kakhol lavan de « ruses grossières » et de « formules creuses ».

Kakhol lavan a dit en réponse à la déclaration du Premier ministre : « La seule chose qui soit transparente, c’est le désir de Netanyahu de pousser Israël vers un nouveau tour d’élections dans le seul but de demander l’immunité. Netanyahu, délivre Israël [de toi-même]. »

Le président du parti Yisrael Beytenu, le député Avigdor Liberman, s’entretient avec les médias lors d’une réunion de faction à la Knesset, le 2 décembre 2019. (Hadas Parush/Flash90)

Aussi bien Netanyahu que Gantz ont essayé de former un gouvernement et n’y sont pas parvenus suite au scrutin de septembre. Tous deux ont exprimé leur soutien à un gouvernement d’unité, y compris leur parti respectif, mais les pourparlers entre les deux camps n’ont pas abouti à une coalition.

Si aucun membre de la Knesset ne reçoit le soutien de 61 députés pour tenter de former une coalition d’ici mercredi, la Knesset sera dissoute conformément à la loi, et de nouvelles élections seront organisées.

Lundi, les partis ont convenu que, si elles étaient convoquées, les élections auraient lieu le 2 mars.

Netanyahu a refusé de démissionner et a insisté pour être Premier ministre pendant plusieurs mois au début d’un accord de rotation, mais Gantz a refusé de siéger dans un gouvernement qu’il dirige tant que sa situation judiciaire ne sera pas clarifiée.

Des sondages récents ont montré qu’une nouvelle élection, la troisième en moins d’un an, ne produira probablement pas de résultats significativement différents des votes d’avril et de septembre.

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