Netanyahu annexera d’abord 3 blocs d’implantations, et non la vallée du Jourdain
Rechercher

Netanyahu annexera d’abord 3 blocs d’implantations, et non la vallée du Jourdain

Ariel, Maale Adumim et Etzion sont bien définis sur les cartes, et Jérusalem pense que ralentir le processus pourrait aider à réduire les frictions avec la Jordanie

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu (à gauche) visite le bloc d'implantation d'Etzion en Cisjordanie, le 19 novembre 2019. (Kobi Gideon/GPO)
Le Premier ministre Benjamin Netanyahu (à gauche) visite le bloc d'implantation d'Etzion en Cisjordanie, le 19 novembre 2019. (Kobi Gideon/GPO)

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu annoncera dans un premier temps l’annexion de trois blocs de Cisjordanie, mais pas de la vallée du Jourdain ni d’autres zones d’implantation israélienne, selon de hauts responsables israéliens s’exprimant sous couvert d’anonymat.

Netanyahu a promis à plusieurs reprises de déclarer l’annexion de toutes les implantations israéliennes en Cisjordanie et de la vallée du Jourdain à partir de la date du 1er juillet autorisée par son accord de coalition avec le Premier ministre d’alternance et ministre de la Défense Benny Gantz, sous réserve de l’approbation des États-Unis. Mais au début de la semaine, il a dit aux dirigeants des implantations que les zones où il n’y a pas d’implantations pourraient devoir attendre. Des sources bien placées ont déclaré au Times of Israel la semaine dernière que le comité conjoint de cartographie chargé de délimiter les contours du mouvement d’annexion avait encore des semaines, voire des mois de travail, et que l’armée israélienne n’avait pas été informée précisément de ce que Netanyahu avait à l’esprit.

Selon les responsables israéliens, qui se sont entretenus avec Zman Yisrael, le site jumeau en hébreu du Times of Israel, dans un article publié tôt mercredi, Netanyahu retardera la plupart des annexions et ne se concentrera que sur Maale Adumim, Ariel et le Gush Etzion, qui abritent d’importantes populations.

On pense qu’il existe un consensus relatif, tant au niveau national qu’à Washington, autour de Jérusalem pour conserver les trois zones, même dans le cas d’un accord de paix avec les Palestiniens basé sur les lignes de 1967 et les échanges de terres, ont-ils noté.

Les blocs sont également considérés comme des zones relativement bien définies qui ne nécessiteraient pas beaucoup de travail de cartographie. Le Gush Etzion et Maale Adumim se trouvent respectivement au sud et à l’est de Jérusalem. Ariel est une grande implantation située au nord de la Cisjordanie, mais elle est reliée aux banlieues au nord-est de Tel Aviv par une série de petites implantations et de routes d’accès.

Vue sur l’implantation d’Ariel en Cisjordanie, le 28 janvier 2020. (AP Photo/Ariel Schalit)

Les fonctionnaires ont déclaré que l’on pensait qu’en se concentrant d’abord sur les blocs, on éviterait certaines frictions avec la Jordanie, qui préoccuperait les Etats-Unis.

Des sources palestiniennes auraient déclaré cette semaine que la Jordanie ne veut pas prendre de mesures concrètes tant que l’annexion n’aura pas été officiellement déclarée. Mais ils ont dit que le royaume a dit aux Palestiniens que le roi Abdallah II « ne passera pas sous silence le processus d’annexion ». Parmi les mesures qu’il pourrait prendre figure l’annulation de son traité de paix avec Israël. Mais la relation entre Amman et Jérusalem profite aux deux pays – surtout en matière de sécurité, donc la marge de manoeuvre du royaume semble quelque peu limitée.

Selon les responsables israéliens, le plan d’annexion limitée serait également accepté par le partenaire de coalition de Netanyahu, le parti Kakhol lavan de Gantz, ainsi que par certains dirigeants des implantations qui ont exprimé une opposition farouche au plan du président américain Donald Trump, qui envisage une entité politique palestinienne sur les
70 % de la Cisjordanie qui ne seraient pas annexés par Israël.

Les fonctionnaires ont déclaré que Netanyahu annoncera l’annexion des trois zones comme un premier pas et un geste qui peut être fait unilatéralement étant donné les circonstances politiques.

Vue de l’implantation de Maale Adumin, en Cisjordanie, surplombant la zone E1, le 4 janvier 2017. (Yaniv Nadav/Flash90)
En savoir plus sur :
C’est vous qui le dites...