Netanyahu contre des primaires si un 3e scrutin a lieu, par peur de défections
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Netanyahu contre des primaires si un 3e scrutin a lieu, par peur de défections

Le chef du Comité central du Likud, Haim Katz, veut garder la liste actuelle de la Knesset, alors que les pourparlers d'union vacillent et que de nouvelles élections s'annoncent

Haim Katz prend la parole à la Knesset, le 5 mars 2018. (Yonatan Sindel/Flash90)
Haim Katz prend la parole à la Knesset, le 5 mars 2018. (Yonatan Sindel/Flash90)

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu et le président du Comité central du Likud, Haim Katz, ont convenu mardi soir de faire pression pour que le Likud décide qu’en cas de nouvelles élections nationales, le Likud ne tienne pas de primaires pour sa liste de la Knesset, conservant la liste qu’il avait lors des deux scrutins d’avril et de septembre.

Cette décision est considérée comme un effort visant à empêcher toute défection possible des députés du Likud craignant pour leurs sièges dans les derniers jours de manœuvres politiques avant le déclenchement d’une telle élection.

Il n’était pas clair dans l’immédiat si le Premier ministre chercherait également à empêcher les primaires pour la direction du parti, qui sont tenues séparément de celles de la liste de la Knesset. Le député Likud Gideon Saar est devenu le challenger potentiel de Netanyahu dans une telle course.

Elle est survenue après une réunion de dernière minute entre Netanyahu et le chef de Kakhol lavan Benny Gantz pour discuter d’un gouvernement d’unité potentiel qui semble avoir échoué, les deux dirigeants apparaissant toujours aussi figés après les pourparlers.

Mercredi soir est la date limite fixée à Gantz pour former une coalition après avoir été chargé de le faire il y a un mois par le président Reuven Rivlin. Netanyahu lui-même n’avait pas réussi à conclure d’accords de coalition le mois précédent.

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu. (Yonatan Sindel/Flash90)

Le parti Yisrael Beytenu a proposé la semaine dernière un projet de loi pour faciliter le processus de division des factions de la Knesset, dans une tentative apparente de permettre aux membres du Likud de quitter le navire et de rejoindre une coalition impliquant Kakhol lavan et Yisrael Beytenu, a rapporté la Douzième chaîne ce week-end.

La loi actuelle stipule qu’au moins un tiers de la faction parlementaire d’un parti doit souhaiter se séparer de la faction principale pour qu’une telle décision soit autorisée. Dans le cas du Likud, il faudrait 11 députés pour rompre les rangs.

Le projet de loi du député Oded Forer de Yisrael Beytenu vise à permettre une scission avec un seuil inférieur, selon le rapport.

Mais la chaîne a noté que les chances d’adopter un tel projet de loi et de convaincre suffisamment de députés de droite de passer à l’action étaient extrêmement faibles.

Gantz a jusqu’à mercredi minuit pour former une coalition. Après cela, il perdra son mandat et la Knesset entrera dans une période de 21 jours au cours de laquelle 61 députés pourront déclarer leur soutien à un candidat de leur choix pour former un gouvernement. À ce moment-là, un gouvernement minoritaire cessera d’être une option.

Si aucun candidat n’est désigné une fois ces 21 jours écoulés, Israël doit, selon la loi, procéder à une nouvelle élection, la troisième en moins d’un an.

Le week-end dernier, le Premier ministre Benjamin Netanyahu a tenu une conférence téléphonique avec les ministres du Likud et les députés, au cours de laquelle il a mis en garde contre « une situation d’urgence », affirmant que Kakhol lavan avaient décidé d’essayer de former un gouvernement minoritaire basé sur le soutien extérieur des partis à majorité arabe. M. Netanyahu a demandé à ses collègues de participer à l’organisation d’une opposition publique massive à une telle initiative.

Les membres du Comité central du Likud à Tel Aviv, en 2013. Illustration. (Crédit : Yossi Zeliger/Flash90)

Une troisième élection, a dit M. Netanyahu aux responsables, serait « un désastre ». Mais « un gouvernement minoritaire dépendant de la Liste arabe unie est encore pire. »

Il a déclaré qu’un tel gouvernement, « dépendant des partisans du Jihad islamique et du Hamas », serait « historiquement dangereux » pour l’Etat juif.

Kakhol lavan a nié qu’il y ait eu des progrès dans la formation d’un gouvernement de non-unité bien qu’il n’ait pas nié qu’il chercherait un « gouvernement de transition » si les négociations sur l’unité échouaient.

La Douzième chaîne a rapporté que malgré les avertissements inquiétants du Premier ministre, il y avait peu de chances d’avoir un gouvernement aussi minoritaire, même si Kakhol lavan tentait d’en former un, car Yisrael Beytenu était considéré comme peu susceptible de soutenir un gouvernement soutenu par la Liste arabe unie.

Les négociations pour une coalition d’unité sont au point mort alors que Netanyahu subordonne son accord pour rejoindre un gouvernement à l’inclusion de ses alliés politiques de droite et religieux, et que Gantz refuse de servir sous les ordres d’un Premier ministre suspecté d’avoir commis des actes délictueux. Netanyahu devrait être inculpé dans un trio d’affaires pénales contre lui d’ici quelques jours.

La proposition de Rivlin pour une rotation de partage du pouvoir entre Netanyahu et Gantz verrait Netanyahu servir comme Premier ministre en premier, mais prendre un congé de ce poste si et quand il serait accusé.

Mais selon un récent rapport de la Treizième chaîne, la proposition a été bloquée par le refus de Netanyahu de s’engager à ne pas demander l’immunité parlementaire contre les poursuites.

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