Netanyahu défend la « moralité » de l’armée après un incident à Hébron
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Netanyahu défend la « moralité » de l’armée après un incident à Hébron

"Les soldats israéliens, nos enfants, respectent de hautes valeurs morales alors qu'ils combattent contre des assassins assoiffés de sang" a déclaré le Premier ministre

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu pendant la réunion hebdomadaire du gouvernement dans ses bureaux, à Jérusalem, le 6 mars 2016. (Crédit : Marc Israel Sellem/POOL)
Le Premier ministre Benjamin Netanyahu pendant la réunion hebdomadaire du gouvernement dans ses bureaux, à Jérusalem, le 6 mars 2016. (Crédit : Marc Israel Sellem/POOL)

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu a défendu dimanche la « moralité » de l’armée après l’arrestation d’un soldat soupçonné d’avoir achevé d’une balle dans la tête un attaquant palestinien blessé.

Une vidéo des faits survenus jeudi à Hébron, en Cisjordanie, a alimenté une vive polémique en Israël.

Elle montre deux Palestiniens à terre blessés par balles après qu’ils ont agressé au couteau un soldat israélien. L’un d’eux bouge encore faiblement la tête. Un soldat le met alors en joue bien qu’il ne représente apparemment plus de danger et lui tire une balle dans la tête.

Les défenseurs des droits de l’Homme ont dénoncé une « exécution » et les Palestiniens un « crime de guerre ».

« Toute mise en cause de la moralité de l’armée est révoltante et inacceptable », a dit Netanyahu lors du conseil des ministres hebdomadaire, selon un communiqué.

« Les soldats israéliens, nos enfants, respectent de hautes valeurs morales alors qu’ils combattent contre des assassins assoiffés de sang dans des conditions opérationnelles difficiles, a-t-il ajouté. Je suis certain que l’enquête tiendra compte de toutes les circonstances » de l’incident.

Dans un premier temps, Netanyahu avait semblé condamner clairement l’acte en affirmant jeudi que l’armée « attend de ses soldats qu’ils agissent calmement et respectent les règles d’engagement ».

Les consignes stipulent qu’un soldat ne doit pas tirer sur un agresseur s’il ne représente pas une menace directe et immédiate.

Mais des responsables politiques – y compris des ministres – ont dénoncé le « lynchage médiatique » du soldat incriminé.

« Avons-nous perdu l’esprit ? Nous sommes en guerre contre un terrorisme vicieux. Il se peut que le soldat ait pensé que le terroriste cachait une bombe sur lui », a affirmé le ministre de l’Education Naftali Bennett, chef du parti national religieux HaBayit HaYehudi.

Président d’un parti de l’opposition à droite de la majorité, Avigdor Liberman, a demandé à rendre visite au soldat détenu pour lui exprimer sa solidarité. Mais le ministère de la Défense a refusé.

Des centaines d’affiches de l’extrême droite ont fait leur apparition notamment à Tel Aviv, en exigeant la démission du chef d’état-major Gadi Eizenkot, de Netanyahu et de son ministre de la Défense Moshé Yaalon avec comme slogan : « lorsque quelqu’un vient te tuer, tue-le avant ».

La radio militaire a révélé que 11 minutes s’étaient écoulées entre le moment où les Palestiniens avaient été blessés après avoir agressé le soldat et le moment où le tireur a ouvert le feu sur l’un d’eux. Selon un soldat présent sur place cité par la radio, le tireur lui a dit qu’un « terroriste qui poignarde un soldat mérite de mourir ».

Le volontaire palestinien de B’Tselem, une ONG de défense des droits de l’Homme qui a filmé la scène, Emad abu-Shamsiyah, a affirmé avoir reçu des menaces de l’armée et deux appels téléphoniques anonymes en hébreu. « Je me sens en danger et mes enfants ont peur », a-t-il déclaré à Human Rights Watch, une ONG basée à New York.

Ces évènements sont survenus dans un contexte de violences dont Hébron est l’un des centres de gravité et qui ont coûté la vie à 29 Israéliens et quatre ressortissants étrangers ont été assassinés pendant la vague de terrorisme palestinien et de violence depuis octobre. Environ 190 Palestiniens ont également été tués – les deux tiers pendant qu’ils attaquaient des Israéliens, et les autres pendant des affrontements avec les troupes, selon l’armée israélienne.

L’équipe du Times of Israel a contribué à cet article.

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