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Netanyahu demande au tribunal du Likud d’expulser le « cheval de Troie » du parti

Le chef de l'opposition s'en est encore pris au groupe Nouveaux Likudniks, les accusant d'être des infiltrés de gauche et de représenter un "danger" pour Israël

Le chef de l'opposition Benjamin Netanyahu, à droite, et le chef de faction du Likud Yariv Levin assistent à une audience au tribunal interne du Likud à Tel Aviv concernant le groupe des Nouveaux Likudniks, le 26 décembre 2021. (Capture d'écran : Twitter)
Le chef de l'opposition Benjamin Netanyahu, à droite, et le chef de faction du Likud Yariv Levin assistent à une audience au tribunal interne du Likud à Tel Aviv concernant le groupe des Nouveaux Likudniks, le 26 décembre 2021. (Capture d'écran : Twitter)

Dimanche, le chef de l’opposition Benjamin Netanyahu a assisté en personne à une audience devant un tribunal interne de son parti, le Likud. Il a fait valoir que le groupe des Nouveaux Likudniks au sein du parti devait être expulsé dans son intégralité car il s’agit d’un « cheval de Troie » qui représente un « danger » pour l’ensemble de l’État d’Israël.

Les membres de la faction affirment qu’ils visent à ramener le Likud à ses valeurs libérales d’origine, mais leurs opposants disent qu’ils sont des infiltrés de gauche qui tentent de faire tomber le parti de l’intérieur.

La semaine dernière, le tribunal interne du parti a décidé d’expulser environ 1 000 membres affiliés au groupe des Nouveaux Likudniks et d’examiner le statut de 7 000 autres membres dans le cadre d’une lutte de pouvoir croissante au sein du parti.

Le tribunal a déclaré qu’il existait des preuves accablantes pour expulser ces 1 000 membres, mais a rejeté la demande d’expulsion de l’ensemble du groupe des Nouveaux Likudniks, déclarant que les membres seraient examinés individuellement.

Le leader de l’opposition Benjamin Netanyahu dirige une réunion de la faction du Likud à la Knesset le 15 novembre 2021. (Crédit : Olivier Fitoussi/Flash90)

« Nous voyons ici un danger pour l’existence même du Likud, et si c’est un danger pour le Likud, c’est un danger pour l’État », a déclaré Netanyahu au cours de cette audience houleuse, en frappant de la main sur la table. L’audience portait sur un appel déposé contre la décision de la semaine dernière de ne pas expulser l’ensemble du groupe.

Netanyahu a répété son argumentaire fréquent contre le nouveau gouvernement dirigé par le Premier ministre Naftali Bennett, alléguant qu’il comprend des partis de droite qui ont reçu des votes « et les ont transférés à la gauche pour fomenter frauduleusement un coup d’État. »

« Maintenant, nous assistons à la même chose au sein du mouvement [Likud] : le rejoindre déguisé en partis de droite pour ensuite élire des candidats aux programmes de gauche, complètement opposés aux nôtres », a déclaré Netanyahu. « Je vais jusqu’au bout et je ne suis pas prêt à renoncer à ce parti, qui est l’avenir de ce pays ».

Le chef de faction du Likud, Yariv Levin, a exprimé des sentiments similaires au cours de l’audience, affirmant qu’il a personnellement rejeté les accords qui lui ont été proposés par les Nouveaux Likudniks.

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu, à droite, avec le ministre du Tourisme de l’époque, Yariv Levin, lors d’un vote dans la salle de réunion de la Knesset le 13 février 2018. (Crédit : Yonatan Sindel / Flash90 / File)

« De nombreuses fois, ils ont demandé à me rencontrer, y compris ces derniers jours, avec des promesses expresses de me soutenir aux primaires », a-t-il déclaré. « Je n’étais en aucun cas prêt à accepter que quelques milliers de voix mettent en danger notre mouvement. Je n’étais pas disposé à représenter publiquement des personnes qui pensent le contraire de moi et qui sont prêtes à m’apporter un soutien temporaire et à mettre ainsi en péril le mouvement. »

Cette saga survient alors que Benjamin Netanyahu, leader de longue date du parti, est confronté à une dissidence croissante concernant la manière dont il a perdu le pouvoir en mars et à une contestation imminente de son leadership.

Certains des partis qui ont rejoint la coalition qui a fini par évincer Netanyahu du pouvoir sont politiquement alignés sur le Likud mais ont refusé d’entrer dans un gouvernement avec le parti s’il était toujours dirigé par Netanyahu, qui est en procès dans trois affaires de corruption et a écarté pendant des années les législateurs du Likud perçus comme une menace pour sa direction du parti.

Les Nouveaux Likudniks, fondés en 2011 après des manifestations de masse contre le coût de la vie, disent vouloir faire avancer « les intérêts économiques de la classe moyenne » et la « préservation de la démocratie libérale » depuis l’intérieur du parti. La faction ne prend pas position sur le conflit israélo-palestinien.

Les membres des New Likudniks sur la Deuxième chaîne lors d’une émission télévisée sur la faction du parti Likud (Crédit : Capture d’écran YouTube)

Le groupe a connu une poussée de soutien au début des manifestations nationales contre Netanyahu en raison de ses affaires de corruption, et Netanyahu et ses alliés l’ont accusé à plusieurs reprises de chercher à faire virer le parti vers la gauche et à évincer son chef, affirmant que les membres du groupe sont des gauchistes infiltrés qui cherchent désespérément à compenser leur statut diminué dans la politique israélienne.

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